Versailles
(France), le 25 juillet 2002
Nous avions tout pour être heureux, deux garçons, une vie entre
Versailles et la Normandie dans la maison de famille. Elle était
professeur de droit à l'Université, je suis ingénieur et nos enfants
ont 14 et 17 ans. Elle avait 47 ans le 9 juin 2001 quand elle est partie,
à la maison, vers 6h00. Nous nous connaissions depuis 27 ans.
Nous nous battions depuis trois ans pour trouver le remède miracle. La
médecine avait annoncé qu'elle était condamnée et qu'aucune thérapie
n'était possible. Vivez ! lui avait-on dit. Nous avons consulté au
moins 30 médecins, professeurs,« magiciens » et « charlatans ».
Toujours avec l'espoir qu'ils s'étaient trompés.
Nous avons continué de vivre normalement jusqu'à la veille de sa mort.
Elle avait préparé le dernier dîner et assumé son dernier cours à
l'Université, fin mai. Je ne croyais pas à l'issue fatale, même à 5h45
lorsqu'elle m'a dit : « Non, ce n'est pas nécessaire, je sais
où je vais ». Elle avait rendu toute la nuit et j'avais décidé de
l'emmener à la clinique la plus proche. Elle me pris la main et son
regard vers moi n'était plus le même. Comme si une autre personne me
regardait à travers ses yeux.
Les enfants sont extraordinaires. Je maîtrise mon chagrin au travail mais
pas à la maison.
Dominique

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