Lille (France), le
30 juillet 2002
À mon père,
Ça fait plus d'un an et demi que tu es parti. Les choses se sont
aplanies, je vais mieux. Mais ce soir, tu me manques et je pense à toi.
Si j'avais su... Si j'avais été là... Regrets de ne pas avoir pu
partager ce dernier jour avec toi, de ne pas t'avoir embrassé, serré
très fort contre moi, osé te dire que je t'aimais, t'avoir réconforté.
Je me souviens d'un après-midi, quelques semaines avant que tu ne partes,
à l'hôpital, où je me suis allongée à côté de toi. J'avais ressenti
à ce moment-là le besoin d'être dans tes bras, d'écouter ta
respiration, de retenir ta force. J'avais peur de ne plus retrouver tout
ça. Mais finalement, tout est là et quand je pense à toi, c'est souvent
ces quelques minutes qui me reviennent en tête.
Je t'aime.
Et tout ce qui s'est passé glisse à côté comme l'eau sur les joues.
Rester comme ça attaché ne peut rien changer. La dernière fois que je
t'ai pris par la main, c'était au petit matin.
Anne-Marie

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