Pierreclos
(France), le 6 août 2002
Je n'ai pu te rendre à la vie, mon petit prince... L'histoire aurait pu
être un compte de fée, alors que ton père et moi nous retrouvions sur
la terre de notre première rencontre, l'Angola, pour y vivre enfin
ensemble et non de manière épisodique. Le pétrole était, pour ton
père, une affaire de famille, il fallait donc se rendre dans le pays qui
découvrait le plus de gisements, ceci au sein des plus grosses compagnies
mondiales. L'avenir a pourtant basculé, à quelques jours de rentrer en
France. Le précieux liquide nécessaire à ta survie s'en est allé deux
mois et demi trop tôt...
Mais au lieu de regagner la France, « ils » ont décidé de
m'envoyer avec toi en Afrique du Sud. Le cauchemar a alors commencé.
Après une semaine d'angoisse et de tractations financières, les
médecins de cette clinique privée de Johannesburg ont accepté de te
mettre au monde afin de t'éviter une affection propre aux ruptures de la
poche des eaux, ceci par césarienne. Ils t'ont alors arraché à moi et
conduit en réanimation néo-natale. Alors que tu allais bien mon amour,
malgré ta prématurité et les soins qu'il faudrait te prodiguer encore
quelques temps, ton état s'est brusquement aggravé et sans que je ne
sache pourquoi, tu es parti en silence et dans la souffrance...
Tu
es avec moi Dorian, mon bébé. Ton petit frère, Adam, est désormais à
mes côtés... et jamais tu ne nous quitteras. Je t'aime.
Ta
maman,
Nelly Corlier

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