Emerainville
(France), le 9 août 2002
Le 13 mars 2002, Saysana nous a quittés, lucide et conscient jusqu'au
bout, après deux ans de lutte contre le cancer. Saysana était très
courageux, jamais il ne s'était plaint même dans les plus durs moments.
Au contraire, il faisait ce qu'il pouvait pour nous protéger de son
calvaire, de sa souffrance, de son désarroi, toujours un mot gentil et
d'encouragement pour les amis ou la famille qui venaient lui rendre
visite.
Il nous disait, trois jours avant son départ : « Maintenant ça
suffit, j'en ai assez, je me suis battu pour moi, pour être avec vous,
mais maintenant je veux m'en aller "vivre ma vie" et je vous
laisse vivre la vôtre. Mais sachez qu' une chose est certaine, je serai
toujours avec vous ».
Je sais qu'il est bien maintenant, dans un monde sans souffrance et
sûrement plein d'amour de Dieu et des êtres qui l'entourent là-haut. Je
le sais car il m'a fait signe le lendemain de son départ. Oh, juste une
sensation de caresse vers ma cheville, un souffle sur ma nuque et un autre
sur mon front comme il aimait me le faire. Et je me sentais bien,
soulagée, presque heureuse à ce moment-là. J'en remercie Dieu Tout-Puissant.
Le 2 août passé était très dur pour nous, car c'était son
anniversaire, il aurait eu 19 ans. Le 2 août est la fête des anges, la
fête de Saint-François qui, sans aucune doute, a recueilli Saysana dans
son havre de paix, le paradis des anges. Saysana est juste parti faire un
grand voyage, comme un éclaireur, et quand le moment sera venu, il
viendra nous chercher pour que nous aussi nous puissions en profiter avec
lui.
Mais il me manque tellement, et je manque lui. Quelque chose s'est éteint
en moi depuis. Bien que je ne cherche pas la mort, je ne la repousse pas
non plus car je sais maintenant que si je dois définitivement fermer mes
yeux, ce sera pour revoir Saysana, mon fils, mon enfant, mon bébé pour
toujours.
Tim

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