Ambassade de Pologne
30 octobre 2002
Symposium et concert

 

 

« LA PRÉSENCE DE FRÉDÉRIC CHOPIN
À TRAVERS LE MONDE :
HOMMAGE DU JAPON »

 

 

PRÉSENTATION DU PROJET CHOPIN POUR 2003

 

 

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Excellences,

Le premier mars de cette année s'est tenu à Tokyo une conférence de presse pour présenter le catalogue de la Collection Chopin de Paris, préparée par Takayoshi Azuma.

À cette conférence de presse une journaliste japonaise a posé la question suivante : « Serait-il possible de voir un jour cette précieuse collection à Tokyo ? »

Suite à cela, le projet de l'année prochaine consiste en une exposition sur le thème : « CHOPIN ET SES AMIS ». Elle débutera à Tokyo le 1er mars 2003, jour anniversaire de la naissance de Chopin, se rendra ensuite à Vienne, pour s'achever à New York dans un an exactement, jour anniversaire du requiem pour Chopin.

À chacun des trois endroits, cette exposition sera accompagnée d'un symposium, d'un programme de concerts et de manifestations artistiques et culturelles. Pour la première fois, cette prestigieuse collection de la Société Historique et Littéraire Polonaise (SHLP) quittera l'île Saint-Louis pour être appréciée à travers le monde.

Chopin est le compositeur classique le plus aimé, le plus enseigné et le plus interprété au Japon. C'est ce pays, dont il est tant aimé, qui lui rend ce soir hommage.

Depuis un siècle et demi, nombreuses sont les personnes à s'être demandé quel était le secret de sa musique, quel est le sens de sa mystérieuse et profonde influence ?

Une première réponse est offerte par son ami le poète Heinrich Heine : « Chopin n'est ni polonais, ni français, ni allemand. Son origine est d'une nature plus élevée. Son vrai pays est le royaume enchanté de la poésie. Lorsqu'il s'assied au piano et qu'il improvise, je sens qu'un des compatriotes de ma patrie bien-aimée vient me rendre visite, et me dit toutes les choses intéressantes qui ont eu lieu pendant mon absence. »

Cyprian Norwid, auteur du poème le plus inspiré sur Chopin (que nous entendrons tout à l'heure pour la première fois en japonais), a écrit dans la « Chronique Nécrologique » à son intention : « Grâce à lui, les pleurs dispersés dans les champs du Peuple Polonais se sont concentrés sur le diadème de l'humanité, dans un diamant de beauté, en cristaux d'une particulière harmonie. Il avait le don de résoudre les plus difficiles problèmes de l'art avec une mystérieuse aisance – car il était capable de cueillir des fleurs champêtres sans en faire tomber la rosée ou le duvet le plus délicat. Et il savait en étoiles, en météores, je n'ose dire en comètes, les faire rayonner par l'art de l'idéal sur toute l'Europe illuminée... Varsovien de naissance, Polonais de coeur, par son talent citoyen du monde » (traduction de Roger Legras).

Pour illustrer le rayonnement de Chopin à travers le monde et de façon intemporelle, voici quelques exemples.

Edward Grieg a avoué : « Chopin m'a appris comment écrire de la musique en norvégien. »

Mahalia Jackson, une chanteuse afro-américaine, a trouvé l'inspiration pour un gospel dans une étude de Chopin.

Le pianiste franco-libanais, Abdel Rahman El-Bacha a interprété à Nantes, en une seule série de concerts, toute l'oeuvre de Chopin par ordre chronologique.

Yundi-Li, un prodige chinois de 18 ans, s'est vu attribuer le premier prix au Concours Chopin de Varsovie en 2000, chose qui n'était pas arrivée depuis quinze ans.

L'interprète aveugle de ce soir, Takeshi Kakehashi, a reçu le prix spécial de la ville de Varsovie, toujours en 2000, pour « ses qualités humaines et ses liens exceptionnels avec les auditeurs ».

Dans un monde où l'on a construit beaucoup de murs, et pas assez de passerelles, Chopin est un faiseur de ponts.

Puisse son art être un signe d'encouragement sur la route vers l'harmonie et la paix.

Car le mot juste revient à Solange Clésinger, qui lui servit le dernier verre d'eau place Vendôme : « L'âme d'un ange jetée sur terre dans un corps meurtri, pour accomplir une mystérieuse rédemption. Est-ce parce que sa vie a été une agonie qui dura trente-neuf ans, que sa musique est si élevée, si douce, si majestueuse ? »

 

 

Z. W. Wolkowski
Membre de la SHLP
Membre du Comité Local
de la Bibliothèque Polonaise de Paris
Université Paris VI