LE CLICKER… LES CLÉS POUR UNE FORMATION RÉUSSIE

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Pendant que le terme « entraînement positif » se propage, de plus en plus de personnes tentent un essai avec le clicker. C’est une technique incroyable parce que, si appliquée correctement, elle permet à l’entraîneur de faire quelque chose à laquelle il ne pouvait parvenir par d’autres méthodes : indiquer au chien qu’il fait quelque chose que vous aimez.

 

Malheureusement, beaucoup ne le font pas correctement; ils utilisent mal le clicker ou ne renforcent pas après chaque déclic et leurs résultats ne sont pas très spectaculaires. Ils deviennent frustrés et abandonnent. Pire encore, ils disent aux autres que « ce n’est qu’un truc, ça ne fonctionne pas ».

 

L’entraînement au clicker n’est pas un truc. Il fonctionne. Mais vous devez l’utiliser correctement. Les clés qui suivent vous aideront à découvrir le secret de la formation réussie avec le clicker.

 

CLÉ #1 : UTILISER UN RENFORCEUR EFFICACE

 

L’un des arguments que l’on entend le plus souvent est : « Mon chien n’est pas motivé par la nourriture! ». À vrai dire, si votre chien n’était pas motivé par la nourriture, il serait mort!  Il se peut que votre chien n’ait pas faim ou qu’il n’aime pas ce que vous lui offrez; mais ce n’est pas la même chose que « ne pas être motivé par la nourriture ».

 

Si la nourriture est toujours accessible au chien, donnez-lui un horaire de repas. Pourquoi un chien fournirait-il un effort pour de la nourriture si il a la possibilité de manger « gratuitement » quand il le veut? Toujours non-motivé? Jetez un regard à son tour de taille. Vous le sur-alimentez peut-être. Même un bifteck ne vous tente pas quand vous avez l’estomac plein. Coupez sur la quantité de nourriture que vous lui donnez à chaque repas et nourrissez-le comme suggéré. Entraînez-le avant les repas, ainsi votre chien aura faim.

 

Rappelez-vous aussi que c’est le chien qui détermine ce qu’est un renforceur adéquat pour lui. Si le chien ne veut pas ce que vous lui offrez, ce n’est simplement pas un renforceur! Vous pouvez vouloir utiliser une biscotte mais si votre chien préfère le poulet, le foie, la saucisse… bien


 

 

Pour avoir une bonne idée de ce que votre chien aime, faites vous une provision de récompenses (que nous appellerons « bonbons »). Présentez-lui deux bonbons différents à la fois et notes lequel il mange en premier. Par élimination, vous pouvez savoir exactement quel bonbon votre chien aime le plus. Croyez-le ou non, j’ai vu un chien dont le bonbon favori est un jet d’eau dans la gueule et un autre qui adore les fèves vertes. La plupart des chiens préfèrent un bonbon plus aromatique comme le fromage ou le foie.

 

CLÉ #2 : UTILISER LE RENFORCEUR CORRECTEMENT

 

Une fois le bonbon adéquat trouvé, l’autre clé pour une formation réussie est d’utiliser le clicker correctement. Un bonbon est présenté APRÈS le comportement et non pas employé pour le provoquer. Si vous utilisez régulièrement de la nourriture pour provoquer le comportement – présenter le bonbon pour obtenir que votre chien vienne à vous, par exemple – le bonbon devient une partie du contexte du comportement. Le chien ne veut pas produire le comportement sans que le bonbon ne soit présent parce que C’EST COMME ÇA QU’IL A ÉTÉ ENTRAÎNÉ.

 

Certaines personnes utilisent la nourriture comme un appât quand ils enseignent un nouveau comportement au chien. Si vous choisissez de le faire, faites disparaître la nourriture – leurrez avec votre main VIDE -  après quelques répétitions seulement. Plus vous répéterez avec la présence de nourriture, plus le comportement devient dépendant de la nourriture.

 

Si possible, placez la nourriture ailleurs que sur votre corps. Placez-la dans un bol près de vous et marchez réellement pour la prendre après chaque déclic. Travaillez sur l’attention dès le début; le chien apprend alors à porter son attention sur vous plutôt que sur le bonbon; ne cliquez pas tant qu’il ne sera pas concentré – vous regarde – sur vous à nouveau.

 

CLÉ #3 : UTILISER LE CLICKER POUR MARQUER L’ÉVÉNEMENT, NON PAS POUR MARQUER LA RÉCOMPENSE

 

La troisième clé pour une formation réussie est d’utiliser le clicker correctement. Tout est dans le synchronisme. L’instant propice pour cliquer se situe au moment EXACT où le chien fait ce que vous voulez – tout comme prendre une photo de l’événement.

 

La plupart des gens cliquent trop tard. Si votre synchronisme n’est pas bon, le clicker devient un marqueur de récompense, pas un marqueur d’événement. Puisqu’il doit permettre à l’entraîneur de préciser le positif, il n’accomplit donc pas son but premier : il n’indique pas au chien quels sont les comportements qui sont renforçables.


 

 

Le synchronisme – cliquer au moment exact où le chien offre le comportement que vous aimes – est une habilité mécanique. Tout comme n’importe laquelle habilité mécanique, elle exige de la pratique. Demandez à un ami de vous aider : il laisse tomber une balle et vous essayez de cliquer juste au moment où la balle frappe le plancher. Le bruit du rebond et le son du clicker devraient être simultanés. Demandez à votre ami de varier la hauteur à laquelle il lâche la balle. Vous remarquez que plus il sera près du plancher, plus vous devrez observer soigneusement son comportement.

 

Le moment auquel vous cliquez un comportement particulier peut changer selon les différentes étapes d’entraînement de ce comportement. Par exemple, lorsque vous commencez à entraîner le « assis », cliquez le mouvement – cliquez juste avant que le derrière du chien ne touche le sol, parce que c’est cet instant de l’acte de s’asseoir que vous voulez renforcer. Plus tard, vous voudrez accroître la durée de ce comportement, donc vous retarderez le déclic de plus en plus longtemps.

 

Un autre exemple, le « RAPPEL » : quand je commence l’entraînement du « rappel », je clique aussitôt que le chien tourne la tête dans ma direction. Ensuite je veux accélérer la rapidité de cette réponse – tourner la tête plus rapidement. Plus tard, je veux construire un rappel rapide, donc je clique quand il court vers moi – mais seulement quand il court. Par la suite je me concentre sur le « assis automatique »; donc j’attends et clique seulement quand le chien offre un assis.

 

Tout comme la synchronisation est une habilité mécanique, savoir juger  QUOI il faut cliquer exige également de la pratique et de l’observation. Ceci nous amène à notre clé finale.

 

CLÉ #4 :  ENTRAÎNER LA RÉPONSE, PAS LE COMPORTEMENT

 

La clé finale pour un entraînement réussi est d’apprendre à « découper » les comportements en différentes réponses. Une fois que vous savez non seulement comment découper le comportement, mais aussi comment évaluer votre progrès et accroître les critères à un bon rythme, l’exercice devient incroyablement efficace.

 

Au début, nous commençons avec des comportements très simples : Assis, Coucher. Toucher la baguette. Viens. Marche à côté de moi. Éventuellement cependant, nous voulons plus. Nous désirons perfectionner le comportement… nous voulons un assis ramassé, droit, rapide.

 

Ou nous voulons un comportement plus complexe :  « je veux que, à mon signal, tu ailles droit devant, que tu prennes le haltère, que tu te retournes, que tu reviennes rapidement, que tu t’assois directement devant moi, que tu tiennes le haltère jusqu’à mon signal, et qu’alors tu le laisses tomber dans mes mains ».

 

Pour entraîner ce comportement, nous devons apprendre à le « découper » en ses nombreuses composantes – ses réponses individuelles. Quelque fois, même un comportement apparemment très simple – comme un assis précis, dans l’exemple précédent – est en réalité assez complexe. Pour minimiser la confusion chez le chien, enseignez séparément chaque réponse individuelle.

 

Par exemple : Je commence par accepter n’importe lequel assis. Quand le chien offre librement des assis, je commence à accepter seulement les assis « ramassés » . Si nécessaire, je trouve un moyen pour inciter ces assis ramassés, dont le chien commencera a obtenir un pourcentage de succès élevé. Quand mon chien offre des assis ramassés 80-90% du temps, je commence à regarder pour un « assis ramassé et droit ». Et ainsi de suite jusqu’à ce que j’obtienne exactement le assis que je veux.

 

Une fois que vous avez appris à découper un comportement en ses multiples parties, vous serez capable d’entraîner littéralement tout ce que le chien est physiquement capable de faire.

 

ET VOUS ET VOTRE CHIEN AUREZ DU PLAISIR À LE FAIRE!!!   Que demandez de plus?

 

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The keys to successful clicker training / Melissa Alexander, c1999

mcalex@clickersolutions.com

 

Traduit avec l’autorisation de l’auteure par Dianne Chrétien

Janvier 2001

clickbonbon-owner@yahoogroups.com