Mythe #1 : Mon chien sera obsédé par la nourriture et
travaillera seulement si la nourriture – ou le clicker – est présent.
Voilà un argument fréquent que font les gens qui
entraînent leur chien en compétition d’obéissance. Ils ne peuvent apporter le
clicker et la nourriture dans l’enceinte, donc ils ont peur que leur chien ne
réussise pas.
La nourriture est un outil d’entraînement. Les chiens
sont nés avec le besoin et la volonté d’en avoir – elle est un renforceur
naturel. Mais comme n’importe lequel outil, elle doit être utilisée
adéquatement.
Enseignez la maîtrise de soi
Certains chiens, surtout ceux qui ne sont
pas habitués à une grande variété de nourriture dans leur diète, deviennent un
peu trop concentré sur la nourriture. Quelques exercices d’attention
(concentration) aideront ces chiens à garder l’esprit loin de la nourriture et
de votre main.
Commencez en tenant un morceau de
nourriture dans votre poing fermé. Probablement que le chien sentira, lèchera
et grattera de la patte votre poing pour que vous l’ouvriez. Attendes le moment
où il cesse son exploration, cliquez et donnez-lui le bonbon. Répétez ceci jusqu’à ce que le chien apprenne que
d’agresser votre main ne lui apportera absolument rien.
Élevez alors votre critère : tenez la
nourriture loin de vous (bras tendu vers la gauche, puis vers la droite en
alternance) et attendez que le chien vous jette un coup d’œil. Juste un petit
coup d’œil – même très brièvement – est suffisant. C/B. Élevez graduellement votre critère jusqu’à
ce que le chien maintienne le contact visuel avec vous plutôt que sur la main
qui tient le bonbon.
Soyez patient. Ne dites pas le nom du chien
– attendez qu’il offre le comportement (contact visuel). Peu importe la durée
du contact visuel, il doit éloigner son regard de la main/nourriture .
Placez les bonbons à l’extérieur de votre
corps.
Lorsque vous entraînez dans la maison,
placez les bonbons dans un bol, loin de vous.
C’est correct si vous avec à faire quelques pas pour aller chercher le
bonbon après le déclic.
Si vous devez porter les bonbons sur vous,
mettez-les dans un petit sac et prenez-en un à la fois après le déclic.
Résistez au besoin d’en prendre plusieurs à la fois dans votre main. Si vous
devez porter un sac de bonbons souvent, pensez à porter ce sac sur vous tout le
temps; le chien n’associera donc pas la présence du sac et des bonbons avec la
séance de travail.
Utilisez plutôt un bâton (target stick).
Certains chiens cessent de réfléchir et se concentrent seulement à suivre la
nourriture si vous vous en servez comme appât. Si vous utilisez la nourriture
comme un leurre, faites-la disparaître le plus rapidement possible et gardes
les bonbons loin de vous.
Éliminez le clicker et les bonbons lorsque
le comportement est sur commande
Lorsque le comportement est sur commande,
changez le clicker pour une commande verbale et commencez à varier les
renforceurs : nourriture, balle, corde à tirer, caresses. Graduellement,
augmentez le nombre de répétions réussies seulement pour la caresse. Si votre
chien commence à être frustré, reculez, utilisez à nouveau plus de bonbons pour
un certain temps, augmentez alors les caresses plus graduellement. Vous faites
cette variante pour motiver votre chien non pas pour le frustrer.
Accompli correctement, vous utiliserez
éventuellement les bonbons pour un nouveau comportement et une récompense
spéciale. Cependant ne cessez-pas de renforcer votre chien. Offrez-lui toujours
une caresse ou un sourire ou quelque chose qui lui indique qu’il a bien fait ce
que vous désiriez.
MYTHE #2 : Mon chien est indiscipliné
– je ne veux pas le punir, donc il se fâche.
Être un entraîneur au clicker ne veut pas
dire que vous ne pouvez pas établir des règles et les faire respecter dans
votre maison. Non seulement vous le POUVEZ! C’est une nécessité. Cependant vous
devrez agir comme un souverain bienveillant plutôt qu’un dictateur malveillant.
La première étape pour être un souverain bienveillant
conciste à identifier les comportements que vous voulez changer. Chaque fois
que vous avez une interaction avec votre chien, demandez-vous :
« Est-ce que mon chien fait quelque chose que je veux qu’il fasse? »
La seconde étape est de définir ce que vous voulez que
votre chien fasse. Si votre chien fait quelque chose que vous n’aimez pas,
définissez ce que vous voulez qu’il fasse à la place. Il n’est pas suffisant de
dire « Je veux qu’il cesse de faire ce qu’il fait! ». Il cesserait de
faire ce qu’il est en train de faire et
choisirait de faire quelque chose d’autre – et alors vous devrez arrêter cela
aussi.
C’est plus facile de définir dès le début
ce que vous voulez qu’il fasse. Par exemple :
-
Je veux que mon
chien maintienne un «assis-reste » pendant que je prépare son repas. (Et
non : « Je veux que mon chien
cesse de sauter sur moi quand je prépare son repas»).
-
Je veux que mon
chien s’assoit en haut ou en bas de l’escalier quand une personne monte ou
descent.
-
Je veux que mon
chien se repose calmement dans son panier pendant que la famille dîne.
-
Je veux que mon
chien se repose calmement sur son coussin quand j’ai des visiteurs.
La troisième étape consiste à
gérer les situations dans lesquelles votre chien ne pourra pas avoir le
comportement qu’il avait à la place du comportement désiré. Le chien avait un
comportement indésirable parce que ça fonctionnait, parce qu’il était renforcé
quelque part.
Par exemple, un chien saute sur quelqu’un
pour l’accueillir, même si cette personne crie et le pousse. Pourquoi? Parce
que le chien veut son attention. En ne sautant pas il risque fort d’être
ignoré. Donc il saute, même si il est réprimandé pour ça. Jusqu’à ce que vous
lui enseigniez que sauter n’est pas renforcé mais que le assis poliment l’est,
gérez la situation en le plaçant dans une autre pièce quand la sonnette de la
porte se fait entendre.
La quatrième et dernière étape consiste à entraîner un
comportement préférable. Si vous renforcez le nouveau comportement et que
simultanément vous ne récompensez pas le vieux comportement, le chien choisira
rapidement de produire le nouveau comportement.
MYTHE #3 : Les chiens entraînés avec le clicker choisiront de désobéir parce qu’il n’y
a pas de conséquences à ne pas se conformer.
Ignorer le comportement indésirable
Parce que les entraîneurs au clicker
choisissent souvent d’ignorer un comportement indésirable, un mythe s’est
développé à savoir que ces entraîneurs et d’autres utilisant les méthodes
positives n’utilisent pas la punition et qu’il n’y a aucune conséquence à ne
pas se conformer.
Ignorer un comportement indésirable est une
technique appelée « extinction ». L’extinction est un principe du
renforcement conditionné (RC) qui veut que, si un comportement n’est pas
renforcé, il s’éliminera graduellement. Il s’agit d’enlever la récompense – ou
de perdre l’opportunité d’obtenir une récompense.
Par exemple, l’entraîneur demande un
« assis ». Le chien offre un « couché ». Plutôt que de
corriger le chien pour s’être couché, l’entraîneur attend 5 secondes et redemande
le « assis ». Si le chien s’assoit, l’entraîneur renforce ce assis.
Parce que le « couché » n’a pas été renforcé, il est moins probable
que le chien le refasse à la prochaine commande « assis ».
Dans un autre exemple, la même technique
peut être utilisée pour enseigner un comportement alternatif : Un chien
jappe quand une personne passe. L’entraîneur attend que le chien cesse d’aboyer
et renforce alors le silence. Pour accélérer le processus, l’entraîneur établi
un scénario dans lequel une personne passera devant la maison plusieurs fois.
Il renforce beaucoup le chien pour les moments de silence et ignore les
aboiements. Le chien apprend graduellement qu’il est plus avantageux de garder
le silence, donc extinction de l’aboiement.
Punition négative (P-)
En plus de l’extinction, les entraîneurs au
clicker utilisent la punition négative (P-). La punition négative consiste à
ENLEVER quelque chose que le chien aime ce qui diminuera la fréquence d’un
comportement. Les exemples : retirer notre attention (ne pas le regarder,
lui tourner le dos, s’en aller), faire un « temps mort », donner un
bonbon à un autre chien (ou le manger soi-même). Lorsque l’entraîneur désire
supprimer un comportement indésirable il compte plus sur la punition négative
(P-) que sur la punition positive (P+) parce que punition négative est aussi
efficace et a l’avantage de ne causer ni peur ni douleur.
Autant les entraîneurs au clicker essaient
de compter plus sur le renforcement positif (R+), l’idée qu’ils l’utilisent
exclusivement est complètement fausse.
Fiabilité
Nous entraînons les chiens à être plus
agréables dans la cohabitation des deux espèces (homme/chien). Une large part
de cet entraînement consiste à enseigner au chien à produire certains
comportements sur commande. Le défi de l’entraînement est que la réponse à ces
commandements devienne presque automatique – presque un réflexe.
Si vous conduisez une voiture avec
transmission manuelle, il est probable que vous changiez très bien les vitesses
et automatiquement. Vous souvenez-vous de votre première leçon? Vous
souvenez-vous avoir sauté des étapes à chaque fois que vous deviez le faire?
Pensez au nombre de fois que vous devez changer les vitesses juste pour vous
rendre au coin de la rue! Pensez à toutes les répétitions que vous avez faites au niveau des jambes et
des pieds. En approchant un signal d’arrêt, le son du moteur vous indique la
vitesse à laquelle vous roulez, une lumière changeant du rouge au vert – ce
sont tous des signaux qui vous informent quand changer de vitesses lorsque vous
conduisez. Et vous le faites maintenant sans y penser.
Le conditionnement n’est pas de 100%
cependant. Si vous conduisez une voiture d’essais qui requière de faire tourner
le moteur à très haute résolution, vous pouvez choisir d’ignorer le son du
moteur. Ou si vous êtes distrait à la pensée de votre victoire imminente, vous
pouvez rater le signal d’arrêt.
Ç’est la même chose dans l’entraînement
d’un chien. Si vous faites des répétitions, entraînez avec les distractions et
généralisez le comportement dans différents endroits; le commandement et le
comportement deviendront presque inséparables. Aucun entraînement ne peut
garantir à 100% que le comportement apparaîtra. Le chien a toujours le choix et
certains jours vous trouverez une distraction nouvelle à laquelle vous n’aurez
jamais entraîné. Mais en construisant une histoire de renforcement solide et en
faisant plusieurs répétitions, vous accroîtrez la probabilité d’une performance
fiable.
Mythe #4 : Les chiens entraînés avec le clicker manquent
de précision.
L’ une des meilleure technique qui émerge de
l’entraînement avec le clicker est la « construction «
(shaping ).
En construction, le comportement est réduit à ses plus
élémentaires et plus petites étapes. Par exemple, pour construire une vrille,
l’entraîneur doit d’abord récompenser un simple petit coup d’œil vers la
droite, puis un petit tour de tête, puis le transfert de poids, puis le
mouvement d’une épaule, puis le mouvement d’un pied, et ceci jusqu’à ce que le
chien accomplisse un tour complet. C’est de cette façon que les entraîneurs de
dauphins et ceux qui ne peuvent pas manipuler (toucher) leurs animaux
parviennent à entraîner des comportements complexes.
La seule limite de la construction est l’adresse de
l’entraîneur. La précision est obtenue par l’élévation graduelle du critère. Le
problème le plus commun est que l’entraîneur ne divise pas le comportement en suffisamment de petits morceaux. L’entraîneur s’attend à trop, trop tôt –
démarrant par l’étape du pas vers la droite, alors qu’il devrait commencer
plutôt par un simple coup d’œil – ou place son critère trop élevé dès le
premier essai – passant d’un simple mouvement de la tête qui tourne directement
à un pas complet. Ou encore l’entraîneur n’a pas une assez bonne idée de ce que
sera le comportement final « parfait », entraînant avec moins de
concentration.
La construction dépend de la bonne volonté du chien à
offrir des comportements. Si un comportement offert ne mérite pas de
récompense, le chien doit faire preuve de bonne volonté pour expérimenter autre
chose jusqu’à ce qu’il à trouver ce qui mérite une récompense. C’est une raison
pour laquelle les entraîneurs comptent tant sur la punition négative (P-). Une
fois que le chien a compris la méthode, retenir une récompense motive le chien
à essayer quelque chose d’autre. Cependant, si le mauvais choix est puni en
utilisant la punition positive (P+), le chien peut devenir hésitant à offrir un
autre comportement de peur de recevoir une autre punition.
Mythe #5 : Les chiens entraînés au clicker
tombent en lambeaux dès qu’ils sont stressés
Dans une certaine mesure, cette déclaration
est vraie. Si un animal a été entièrement élevé de manière totalement positive,
sans aucun stress dans son environnement, il sera incapable de tenir le coup
face au stress. La même chose est vraie chez l’humain. Les expériences
négatives – les expériences stressantes – font partie de la vie. Ceci inclus
les visites chez le vet, les voyages
chez le toiletteur, les caresses d’une personne inconnue du chien, la coupe des
griffes, les discussions animées de la famille, et les événements réellement
effrayants des autres chiens dans la classe canine ou dans la cour arrière du
voisin.
Il est de votre responsabilité de préparer
votre chien à passer à travers ces expériences. Heureusement, les préparer à
gérer le stress ne requière pas l’obligation de les soumettre à des expériences
horrifiantes, pas plus que de préparer votre enfant à s’ajuster aux railleries
des camarades ne requière vos propres railleries.
Premièrement, socialisez votre chien.
Exposez-le à autant d’environnements différents que possible. L’inconnu est
beaucoup plus stressant que la banalité. Un chien ayant rencontré une grande
variété de personnes, vu des bicyclettes, des autos, des jeux de ballon, visité
des immeubles et des parcs, des rues animées, est beaucoup plus sujet à
s’adapter rapidement à un nouvel environnement.
Deuxièmement, manipulez votre chien.
L’entraînement avec le clicker encourage à ne pas toucher le chien, mais ceci
ne veut pas dire que vous ne devez pas le manipuler. En fait, vous devez
l’entraîner à tolérer le nettoyage de ses oreilles, l’examen de la gueule,
toucher à ses pieds, la coupe de ses griffes. Votre vet et votre toiletteur
vous en seront reconnaissants.
Tirez gentiment sa queue et sa fourrure et
récompensez-le de vous autoriser à le faire. Enseignez-lui que de le tenir
équivaux à relaxer. Instinctivement, votre chien craindra d’être retenu. Ceci
peut faire empirer une situation déjà précaire, s’il arrivait que votre chien
perde son collier près d’une rue achalandée ou s’il doit recevoir des soins
chez le vet.
Entourez le chien de vos bras. Dès qu’il se
relaxe, même très peu, cliquez et libérez-le. Répétez ceci plusieurs fois par
jour. Après suffisamment de répétitions, la retenue devient un conditionnement
général qui veux dire « relaxation ».
L’entraînement avec le clicker est, dans sa
forme la plus simple, une simple méthode d’entraînement, comme n’importe
laquelle méthode. Faite adéquatement, elle fonctionne, tout comme d’autres
méthodes. Le côté clicker de l’entraînement vient de sa philosophie de
récompenser le bon et d’ignorer le mauvais. Cette méthode encourage
l’entraîneur à se concentrer sur ce que le chien fait correctement et non pas
sur ce qu’il fait mal. Elle donne au chien la chance d’apprendre comment
exister dans ce monde très étrange. L’entraînement avec le clicker non
seulement produit des chiens entraînés, mais il fortifie ce précieux lien entre
le chien et l’humain.
N’est-ce pas d’ailleurs pour ça que nous
avons des chiens?
Traduit
de l’anglais par Dianne Chrétien avec la permission de l’auteure
« The five myths of clicker traning » par
Melissa Alexander mcalex@clickersolutions.com
copyright 1999
Dianne
Chrétien
Janvier
2001