LES 5 MYTHES DE L’ENTRAÎNEMENT AVEC LE CLICKER

 

 

Mythe #1 : Mon chien sera obsédé par la nourriture et travaillera seulement si la nourriture – ou le clicker – est présent.

 

Voilà un argument fréquent que font les gens qui entraînent leur chien en compétition d’obéissance. Ils ne peuvent apporter le clicker et la nourriture dans l’enceinte, donc ils ont peur que leur chien ne réussise pas.

 

La nourriture est un outil d’entraînement. Les chiens sont nés avec le besoin et la volonté d’en avoir – elle est un renforceur naturel. Mais comme n’importe lequel outil, elle doit être utilisée adéquatement.

 

Enseignez la maîtrise de soi

 

Certains chiens, surtout ceux qui ne sont pas habitués à une grande variété de nourriture dans leur diète, deviennent un peu trop concentré sur la nourriture. Quelques exercices d’attention (concentration) aideront ces chiens à garder l’esprit loin de la nourriture et de votre main.

 

Commencez en tenant un morceau de nourriture dans votre poing fermé. Probablement que le chien sentira, lèchera et grattera de la patte votre poing pour que vous l’ouvriez. Attendes le moment où il cesse son exploration, cliquez et donnez-lui le bonbon. Répétez     ceci jusqu’à ce que le chien apprenne que d’agresser votre main ne lui apportera absolument rien.

 

Élevez alors votre critère : tenez la nourriture loin de vous (bras tendu vers la gauche, puis vers la droite en alternance) et attendez que le chien vous jette un coup d’œil. Juste un petit coup d’œil – même très brièvement – est suffisant. C/B.  Élevez graduellement votre critère jusqu’à ce que le chien maintienne le contact visuel avec vous plutôt que sur la main qui tient le bonbon.

 

Soyez patient. Ne dites pas le nom du chien – attendez qu’il offre le comportement (contact visuel). Peu importe la durée du contact visuel, il doit éloigner son regard de la main/nourriture .

 

Placez les bonbons à l’extérieur de votre corps.

 

Lorsque vous entraînez dans la maison, placez les bonbons dans un bol, loin de vous.  C’est correct si vous avec à faire quelques pas pour aller chercher le bonbon après le déclic.

 

Si vous devez porter les bonbons sur vous, mettez-les dans un petit sac et prenez-en un à la fois après le déclic. Résistez au besoin d’en prendre plusieurs à la fois dans votre main. Si vous devez porter un sac de bonbons souvent, pensez à porter ce sac sur vous tout le temps; le chien n’associera donc pas la présence du sac et des bonbons avec la séance de travail.

 

Minimisez la grosseur des appâts de nourriture

 

Utilisez plutôt un bâton (target stick). Certains chiens cessent de réfléchir et se concentrent seulement à suivre la nourriture si vous vous en servez comme appât. Si vous utilisez la nourriture comme un leurre, faites-la disparaître le plus rapidement possible et gardes les bonbons loin de vous.

 

Éliminez le clicker et les bonbons lorsque le comportement est sur commande

 

Lorsque le comportement est sur commande, changez le clicker pour une commande verbale et commencez à varier les renforceurs : nourriture, balle, corde à tirer, caresses. Graduellement, augmentez le nombre de répétions réussies seulement pour la caresse. Si votre chien commence à être frustré, reculez, utilisez à nouveau plus de bonbons pour un certain temps, augmentez alors les caresses plus graduellement. Vous faites cette variante pour motiver votre chien non pas pour le frustrer.

 

Accompli correctement, vous utiliserez éventuellement les bonbons pour un nouveau comportement et une récompense spéciale. Cependant ne cessez-pas de renforcer votre chien. Offrez-lui toujours une caresse ou un sourire ou quelque chose qui lui indique qu’il a bien fait ce que vous désiriez.

 

MYTHE #2 : Mon chien est indiscipliné – je ne veux pas le punir, donc il se fâche.

 

Être un entraîneur au clicker ne veut pas dire que vous ne pouvez pas établir des règles et les faire respecter dans votre maison. Non seulement vous le POUVEZ! C’est une nécessité. Cependant vous devrez agir comme un souverain bienveillant plutôt qu’un dictateur malveillant.

 

La première étape pour être un souverain bienveillant conciste à identifier les comportements que vous voulez changer. Chaque fois que vous avez une interaction avec votre chien, demandez-vous : « Est-ce que mon chien fait quelque chose que je veux qu’il fasse? »

 

La seconde étape est de définir ce que vous voulez que votre chien fasse. Si votre chien fait quelque chose que vous n’aimez pas, définissez ce que vous voulez qu’il fasse à la place. Il n’est pas suffisant de dire « Je veux qu’il cesse de faire ce qu’il fait! ». Il cesserait de faire ce qu’il est en train de faire  et choisirait de faire quelque chose d’autre – et alors vous devrez arrêter cela aussi.

 

C’est plus facile de définir dès le début ce que vous voulez qu’il fasse. Par exemple :

 

-         Je veux que mon chien maintienne un «assis-reste » pendant que je prépare son repas. (Et non :  « Je veux que mon chien cesse de sauter sur moi quand je prépare son repas»).

-         Je veux que mon chien s’assoit en haut ou en bas de l’escalier quand une personne monte ou descent.

-         Je veux que mon chien se repose calmement dans son panier pendant que la famille dîne.

-         Je veux que mon chien se repose calmement sur son coussin quand j’ai des visiteurs.

 

La troisième étape consiste à gérer les situations dans lesquelles votre chien ne pourra pas avoir le comportement qu’il avait à la place du comportement désiré. Le chien avait un comportement indésirable parce que ça fonctionnait, parce qu’il était renforcé quelque part.

 

Par exemple, un chien saute sur quelqu’un pour l’accueillir, même si cette personne crie et le pousse. Pourquoi? Parce que le chien veut son attention. En ne sautant pas il risque fort d’être ignoré. Donc il saute, même si il est réprimandé pour ça. Jusqu’à ce que vous lui enseigniez que sauter n’est pas renforcé mais que le assis poliment l’est, gérez la situation en le plaçant dans une autre pièce quand la sonnette de la porte se fait entendre.

 

La quatrième et dernière étape consiste à entraîner un comportement préférable. Si vous renforcez le nouveau comportement et que simultanément vous ne récompensez pas le vieux comportement, le chien choisira rapidement de produire le nouveau comportement.

 

MYTHE #3 : Les chiens  entraînés avec le clicker choisiront de désobéir parce qu’il n’y a pas de conséquences à ne pas se conformer.

 

Ignorer le comportement indésirable

 

Parce que les entraîneurs au clicker choisissent souvent d’ignorer un comportement indésirable, un mythe s’est développé à savoir que ces entraîneurs et d’autres utilisant les méthodes positives n’utilisent pas la punition et qu’il n’y a aucune conséquence à ne pas se conformer.

 

Ignorer un comportement indésirable est une technique appelée « extinction ». L’extinction est un principe du renforcement conditionné (RC) qui veut que, si un comportement n’est pas renforcé, il s’éliminera graduellement. Il s’agit d’enlever la récompense – ou de perdre l’opportunité d’obtenir une récompense.

 

Par exemple, l’entraîneur demande un « assis ». Le chien offre un « couché ». Plutôt que de corriger le chien pour s’être couché, l’entraîneur attend 5 secondes et redemande le « assis ». Si le chien s’assoit, l’entraîneur renforce ce assis. Parce que le « couché » n’a pas été renforcé, il est moins probable que le chien le refasse à la prochaine commande « assis ».

 

Dans un autre exemple, la même technique peut être utilisée pour enseigner un comportement alternatif : Un chien jappe quand une personne passe. L’entraîneur attend que le chien cesse d’aboyer et renforce alors le silence. Pour accélérer le processus, l’entraîneur établi un scénario dans lequel une personne passera devant la maison plusieurs fois. Il renforce beaucoup le chien pour les moments de silence et ignore les aboiements. Le chien apprend graduellement qu’il est plus avantageux de garder le silence, donc extinction de l’aboiement.

 

Punition négative (P-)

 

En plus de l’extinction, les entraîneurs au clicker utilisent la punition négative (P-). La punition négative consiste à ENLEVER quelque chose que le chien aime ce qui diminuera la fréquence d’un comportement. Les exemples : retirer notre attention (ne pas le regarder, lui tourner le dos, s’en aller), faire un « temps mort », donner un bonbon à un autre chien (ou le manger soi-même). Lorsque l’entraîneur désire supprimer un comportement indésirable il compte plus sur la punition négative (P-) que sur la punition positive (P+) parce que punition négative est aussi efficace et a l’avantage de ne causer ni peur ni douleur.

 

Autant les entraîneurs au clicker essaient de compter plus sur le renforcement positif (R+), l’idée qu’ils l’utilisent exclusivement est complètement fausse.

 

Fiabilité

 

Nous entraînons les chiens à être plus agréables dans la cohabitation des deux espèces (homme/chien). Une large part de cet entraînement consiste à enseigner au chien à produire certains comportements sur commande. Le défi de l’entraînement est que la réponse à ces commandements devienne presque automatique – presque un réflexe.

                                

Si vous conduisez une voiture avec transmission manuelle, il est probable que vous changiez très bien les vitesses et automatiquement. Vous souvenez-vous de votre première leçon? Vous souvenez-vous avoir sauté des étapes à chaque fois que vous deviez le faire? Pensez au nombre de fois que vous devez changer les vitesses juste pour vous rendre au coin de la rue! Pensez à toutes les répétitions  que vous avez faites au niveau des jambes et des pieds. En approchant un signal d’arrêt, le son du moteur vous indique la vitesse à laquelle vous roulez, une lumière changeant du rouge au vert – ce sont tous des signaux qui vous informent quand changer de vitesses lorsque vous conduisez. Et vous le faites maintenant sans y penser.

 

Le conditionnement n’est pas de 100% cependant. Si vous conduisez une voiture d’essais qui requière de faire tourner le moteur à très haute résolution, vous pouvez choisir d’ignorer le son du moteur. Ou si vous êtes distrait à la pensée de votre victoire imminente, vous pouvez rater le signal d’arrêt.

 

Ç’est la même chose dans l’entraînement d’un chien. Si vous faites des répétitions, entraînez avec les distractions et généralisez le comportement dans différents endroits; le commandement et le comportement deviendront presque inséparables. Aucun entraînement ne peut garantir à 100% que le comportement apparaîtra. Le chien a toujours le choix et certains jours vous trouverez une distraction nouvelle à laquelle vous n’aurez jamais entraîné. Mais en construisant une histoire de renforcement solide et en faisant plusieurs répétitions, vous accroîtrez la probabilité d’une performance fiable.

 

Mythe #4 : Les chiens entraînés avec le clicker manquent de précision.

 

L’ une des meilleure technique qui émerge de l’entraînement avec le clicker est la « construction «  (shaping ).

 

En construction, le comportement est réduit à ses plus élémentaires et plus petites étapes. Par exemple, pour construire une vrille, l’entraîneur doit d’abord récompenser un simple petit coup d’œil vers la droite, puis un petit tour de tête, puis le transfert de poids, puis le mouvement d’une épaule, puis le mouvement d’un pied, et ceci jusqu’à ce que le chien accomplisse un tour complet. C’est de cette façon que les entraîneurs de dauphins et ceux qui ne peuvent pas manipuler (toucher) leurs animaux parviennent à entraîner des comportements complexes.

 

La seule limite de la construction est l’adresse de l’entraîneur. La précision est obtenue par l’élévation graduelle du critère. Le problème le plus commun est que l’entraîneur ne divise pas le comportement  en suffisamment  de petits morceaux. L’entraîneur s’attend à trop, trop tôt – démarrant par l’étape du pas vers la droite, alors qu’il devrait commencer plutôt par un simple coup d’œil – ou place son critère trop élevé dès le premier essai – passant d’un simple mouvement de la tête qui tourne directement à un pas complet. Ou encore l’entraîneur n’a pas une assez bonne idée de ce que sera le comportement final « parfait », entraînant avec moins de concentration.

 

La construction dépend de la bonne volonté du chien à offrir des comportements. Si un comportement offert ne mérite pas de récompense, le chien doit faire preuve de bonne volonté pour expérimenter autre chose jusqu’à ce qu’il à trouver ce qui mérite une récompense. C’est une raison pour laquelle les entraîneurs comptent tant sur la punition négative (P-). Une fois que le chien a compris la méthode, retenir une récompense motive le chien à essayer quelque chose d’autre. Cependant, si le mauvais choix est puni en utilisant la punition positive (P+), le chien peut devenir hésitant à offrir un autre comportement de peur de recevoir une autre punition.

 

Mythe #5 : Les chiens entraînés au clicker tombent en lambeaux dès qu’ils sont stressés

 

Dans une certaine mesure, cette déclaration est vraie. Si un animal a été entièrement élevé de manière totalement positive, sans aucun stress dans son environnement, il sera incapable de tenir le coup face au stress. La même chose est vraie chez l’humain. Les expériences négatives – les expériences stressantes – font partie de la vie. Ceci inclus les  visites chez le vet, les voyages chez le toiletteur, les caresses d’une personne inconnue du chien, la coupe des griffes, les discussions animées de la famille, et les événements réellement effrayants des autres chiens dans la classe canine ou dans la cour arrière du voisin.

 

Il est de votre responsabilité de préparer votre chien à passer à travers ces expériences. Heureusement, les préparer à gérer le stress ne requière pas l’obligation de les soumettre à des expériences horrifiantes, pas plus que de préparer votre enfant à s’ajuster aux railleries des camarades ne requière vos propres railleries.

 

Premièrement, socialisez votre chien. Exposez-le à autant d’environnements différents que possible. L’inconnu est beaucoup plus stressant que la banalité. Un chien ayant rencontré une grande variété de personnes, vu des bicyclettes, des autos, des jeux de ballon, visité des immeubles et des parcs, des rues animées, est beaucoup plus sujet à s’adapter rapidement à un nouvel environnement.

 

Deuxièmement, manipulez votre chien. L’entraînement avec le clicker encourage à ne pas toucher le chien, mais ceci ne veut pas dire que vous ne devez pas le manipuler. En fait, vous devez l’entraîner à tolérer le nettoyage de ses oreilles, l’examen de la gueule, toucher à ses pieds, la coupe de ses griffes. Votre vet et votre toiletteur vous en seront reconnaissants.

 

Tirez gentiment sa queue et sa fourrure et récompensez-le de vous autoriser à le faire. Enseignez-lui que de le tenir équivaux à relaxer. Instinctivement, votre chien craindra d’être retenu. Ceci peut faire empirer une situation déjà précaire, s’il arrivait que votre chien perde son collier près d’une rue achalandée ou s’il doit recevoir des soins chez le vet.

 

Entourez le chien de vos bras. Dès qu’il se relaxe, même très peu, cliquez et libérez-le. Répétez ceci plusieurs fois par jour. Après suffisamment de répétitions, la retenue devient un conditionnement général qui veux dire « relaxation ».

 

CONCLUSION

 

L’entraînement avec le clicker est, dans sa forme la plus simple, une simple méthode d’entraînement, comme n’importe laquelle méthode. Faite adéquatement, elle fonctionne, tout comme d’autres méthodes. Le côté clicker de l’entraînement vient de sa philosophie de récompenser le bon et d’ignorer le mauvais. Cette méthode encourage l’entraîneur à se concentrer sur ce que le chien fait correctement et non pas sur ce qu’il fait mal. Elle donne au chien la chance d’apprendre comment exister dans ce monde très étrange. L’entraînement avec le clicker non seulement produit des chiens entraînés, mais il fortifie ce précieux lien entre le chien et l’humain.

 

N’est-ce pas d’ailleurs pour ça que nous avons des chiens?

 

Traduit de l’anglais par Dianne Chrétien avec la permission de l’auteure

« The five myths of clicker traning » par Melissa Alexander  mcalex@clickersolutions.com

copyright 1999

 

Dianne Chrétien

Janvier 2001

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