La veille dans
les médias
On parle de la veille
stratégique dans la presse québécoise ...
PME
:
Le développement des affaires
Tout savoir grâce à la veille concurrentielle
Les Affaires -
Cahier spécial, samedi, 25 octobre 2003, p. C10
Par Plantevin, Jérôme
Qui n'a jamais cherché
à se renseigner sur les actions et les produits de ses concurrents actuels ou
potentiels, sur ses clients ou sur ses fournisseurs ? Cette démarche, appelée
veille concurrentielle, est l'un des processus de gestion les plus importants
pour un entrepreneur désireux de faire grandir son entreprise.
Pourtant, 6
entreprises manufacturières québécoises sur 10 ne pratiquent pas de veille
structurée, selon une étude publiée l'an dernier par le Centre de recherche
industrielle du Québec (CRIQ).
Et pour celles qui en
font, la veille se limite à consulter les publications spécialisées et à
observer leurs concurrents dans les foires commerciales. Cette faible
proportion expliquerait, selon le CRIQ, pourquoi les entreprises québécoises
accusent toujours un retard de productivité par rapport à celles des États-Unis
et de l'Ontario.
"Chaque
entrepreneur devrait étudier sérieusement la possibilité d'implanter une
unité de veille concurrentielle dans son entreprise. Il pourrait grandement
en tirer profit, à condition, bien sûr, de bien se préparer avant de se
lancer", dit Estelle Métayer, présidente de Competia, une firme montréalaise
de services-conseils en veille concurrentielle.
Comment faire
Afin d'aider les
entrepreneurs québécois dans leurs démarches, le journal LES AFFAIRES
dresse donc ici une liste de conseils à suivre et de pièges à éviter.
> Avant de se lancer,
l'entrepreneur doit définir ses besoins. Il doit se demander quelle
information est requise, pourquoi elle l'est et quand il en a besoin.
"Mal définir dès le départ ce que va nous apporter la veille conduira
à la mort de ce processus", rappelle Valérie Parent, responsable de la
veille stratégique chez BainUltra, un fabricant de bains thérapeutiques de Lévis.
> Une fois ses besoins et ses
attentes définis, l'entrepreneur doit choisir une personne débrouillarde qui
possède un bon esprit d'analyse. "Cette personne devra bien connaître
l'industrie dans laquelle elle effectue des recherches, dit Mme Parent. Elle
doit être également minutieuse afin de valider la véracité des
renseignements qu'elle trouve."
Cette personne doit savoir travailler
seule, dans l'ombre, et, surtout, elle doit bénéficier de la confiance de la
haute direction, qui aura à lui confier de l'information confidentielle.
> "Une PME a tout intérêt
à passer par l'interne pour sa veille, souligne Mme Métayer. Cela évite de
partager de l'information essentielle avec l'extérieur et de débourser
d'importantes sommes d'argent." Selon Mme Métayer, les PME devraient
recourir à des services externes de veille concurrentielle uniquement pour résoudre
un problème important et très précis, ou encore pour accéder à des
renseignements qui ne se trouvent que dans des bases de données.
> La personne qui fera la veille,
le veilleur, ne doit pas écarter le potentiel interne de l'entreprise comme
source d'information. Les vendeurs, les employés des services à la clientèle
et du soutien technique sont de véritables mines de renseignements, bien
souvent plus que les publications spécialisées ou qu'Internet. Pour bien
recueillir cette information, Mme Métayer préconise la mise en place d'un
système d'incitatifs pour encourager les employés à échanger leur savoir.
> Le veilleur ne doit pas
emmagasiner de l'information sans raison. Il faut qu'il étudie les données,
regarde la situation dans son ensemble et dégage les tendances.
> Le veilleur doit rédiger des
rapports clairs et bien cibler les personnes qui devront les recevoir.
> À la fin du processus de
veille, l'entrepreneur ne doit pas oublier de faire un suivi. Il doit mesurer
l'impact de l'information trouvée au sein de son organisation. Cette
information a-t-elle été mise à profit ? Comment ? A-t-elle conduit à une
vente ou à des économies ? A-t-elle contribué à rehausser l'image de
l'entreprise ? Comment pourrait-on parfaire le processus ? Autant de questions
importantes à se poser pour ne pas commettre les mêmes erreurs.
DES SITES WEB UTILES
Voici une liste de logiciels utiles
qui aideront l'entrepreneur dans sa démarche de veille :
Google
- et son service Google.news. Google est de loin le moteur de recherche le
plus utilisé sur la planète. Côté québécois, notons le métamoteur Copernic
très efficace pour fouiller le Web par catégories.
Kartoo
- Cet outil d'analyse trouve l'information pertinente et la synthétise sous
forme de graphiques facilement exploitables. Dans la même veine, mentionnons
le logiciel UMAP de la française Trivium.
E&B
Data - Cette entreprise canadienne offre des outils informatiques qui
permettent de créer des portails d'informations et des outils d'envoi de
bulletins électroniques. Parmi les autres logiciels de distribution de
l'information, il existe la série de logiciels de l'américaine Entopia
et Strategy! de Strategy
Software.
2003
Q1 - Forecast market for enterprise knowledge management (KM) and
business intelligence (BI) software
$-bil.
2002
16
2006
21
AGR
7.0 %
Source : KM World, Jan. 2003
2003 Q1 - Forecast market for
information retrieval
$-mil.
2001
400
2002
360
2003
396
AGR
-0.005 %
Sources : KM World, Jan. 2003,
Delphi Group
Gestion, n° Vol:
28 No: 2 - juin 2003, p. 92
Extrait de : Productivité et
activité en R&D des entreprises manufacturières québécoises : constats
et implications
(...) La
connaissance des technologies et les pratiques de veille
Les résultats de l'enquête ont démontré
que, contrairement à ce que pensent les experts, la grande majorité des
participants disent a priori avoir une bonne connaissance des technologies de
fabrication de pointe disponibles. Les entreprises colligent des informations
par le biais des salons et des foires, de la force de vente, des fournisseurs
et des publications spécialisées dans leur secteur d'activité.
Toutefois, ces connaissances peuvent
être mises en doute pour certains, car il est apparu
que la moitié des entreprises sondées ne font pas de veille stratégique et
concurrentielle. De plus, cette veille est rarement partagée au
sein de l'entreprise. Les entreprises les plus actives sur ce plan se trouvent
parmi celles qui mesurent leur productivité (90,5 % font de la veille),
celles qui prévoient acquérir des technologies de fabrication de pointe dans
les trois prochaines années (63 %), celles qui ont introduit ces technologies
dans les trois dernières années (57 %) et celles qui ont déjà investi en
R&D (65 %).
En ce qui a trait à la veille, plus
le chiffre d'affaires est élevé, plus cette veille est active (44 % pour les
entreprises ayant un chiffre d'affaires de 1 million de dollars ou moins
versus 67 % pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 20
millions de dollars, niveau de signification du test inconnu). Aussi, plus la
part des produits fabriqués est exportée, plus la veille est présente (62 %
des entreprises dont 75 % de leurs produits sont écoulés à l'extérieur du
Québec versus 42 % de celles qui ont un marché strictement domestique,
niveau de signification du test inconnu). Ces résultats démontrent que la
formalisation des activités de veille s'intensifie en fonction de la taille
de l'entreprise et de son ouverture sur les marchés extérieurs.
Nouvelles
Tendances en Management - Juin 2001
Échec et
mat ... ! L'intelligence économique au service des PME
Par Louis St-Hilaire
Veille stratégique, veille
concurrentielle, intelligence économique ... Pour décrire le phénomène,
les terminologies sont nombreuses, les définitions également. Mais en gros,
on peut définir la veille stratégique comme étant un processus continu et
systématisé de gestion de l'information stratégique.
En implantant un processus de veille
stratégique dans son entreprise, un gestionnaire veut d'abord et avant tout
s'assurer qu'il bénéficiera, plutôt que d'une masse d'informations non
structurée, d'informations stratégiques à haute valeur ajoutée
susceptibles de l'aider à prendre des décisions éclairées.
Tous les employés de l'entreprise
possèdent, souvent sans le savoir, une masse d'informations stratégiques de
première importance pour leur entreprise. Continuellement, ils apprennent de
nouvelles choses, entendent des rumeurs sur leurs concurrents, font des
observations... « Lorsqu'une entreprise réussit à bien organiser toute
cette information, à la faire circuler et à l'acheminer, épurée, aux décideurs
de l'entreprise, elle dispose dès lors d'un puissant outil de management.
C'est précisément l'idée de base de la veille stratégique », explique Mme
Madeleine Savard, directrice adjointe à l'information, Centre de recherche
industriel du Québec (CRIQ).
En même temps, le gestionnaire dote
son entreprise d'outils lui permettant de passer d'un mode de gestion réactif
à un mode proactif; d'une activité peu organisée à une activité
parfaitement planifiée; d'une responsabilité laissée au bon vouloir de
chaque individu à un effort collectif centré sur les priorités stratégiques
de l'entreprise.
La plupart des spécialistes de la
veille stratégique s'entendent pour dire que le processus comprend quatre étapes
: la planification, la collecte, l'analyse et la distribution des résultats
aux bonnes personnes et au bon moment.
Veiller, mais sur quoi ?
La veille stratégique peut
s'appliquer à tous les départements de l'entreprise. Les résultats de la
veille sont donc bénéfiques pour éclairer l'ensemble des actions
importantes des entreprises : fusions, acquisitions, lancement de nouveaux
produits, pénétration d'un nouveau marché, achat d'une nouvelle technologie
et démarrage de nouvelles activités de recherche et développement.
Mais au juste, sur quoi une
entreprise devrait-elle veiller ? On reconnaît quatre types de veille :
technologique, concurrentielle, commerciale et stratégique. Pour un, la
veille technologique réfère notamment aux acquis scientifiques et techniques
(comme les brevets et les publications), aux activités de recherche en cours,
aux produits et services, aux procédés de fabrication et aux nouveaux matériaux.
Pour ce qui est de la veille
concurrentielle, elle s'intéresse évidemment aux concurrents, actuels ou
potentiels, à l'analyse de leurs stratégies et des avantages compétitifs.
Mais, en plus des entreprises concurrentes, elle garde à l'oeil les produits
ou les procédés concurrents ; par exemple, aux États-Unis actuellement,
l'industrie du bois est concurrencée sévèrement par l'industrie de l'acier.
La veille commerciale concerne quant
à elle des éléments tels que les clients, les marchés et les fournisseurs.
Finalement, la veille stratégique s'attache aux questions de planification
stratégique à long terme pour l'entreprise : axes de développement,
tangentes et tendances des marchés, possibilités, menaces, etc.
De nombreux bénéfices
Pour une entreprise qui implante
efficacement une cellule de veille stratégique, les bénéfices sont
pratiquement illimités. Ainsi, la connaissance approfondie de ses
concurrents, de son marché ou de son domaine d'activité permet entre autres
de découvrir une multitude de nouvelles occasions d'affaires ou de mettre en
marché, très efficacement, des produits et des services innovateurs qui répondent
précisément aux besoins de sa clientèle.
Par ailleurs, les gains de temps et
d'argent sont généralement importants; dans plusieurs entreprises, des hauts
dirigeants peuvent facilement perdre une quinzaine d'heures par semaine pour dénicher
et analyser de l'information pertinente pour eux.
Une des retombées concrètes souvent mentionnée par les entreprises initiées
à la veille, c'est qu'elle permet d'optimiser les résultats liés à leur présence
dans des événements tels que les colloques, les séminaires, les formations
et autres. « En ayant une connaissance plus pointue de leur marché, les
entreprises sont effectivement en mesure de formuler des exigences et des requêtes
précises, une mission claire aux employés mandatés pour ces événements.
Et lorsque ceux-ci sont de retour, ils ont plus de facilité à analyser et à
partager les informations qu'ils ont recueillies. À mon avis, c'est
probablement dans ces situations que les bénéfices de la veille stratégique
apparaissent le plus clairement aux entreprises », poursuit Mme Savard.
Selon elle, le principal avantage de
la veille stratégique réside toutefois dans la synergie accrue qu'elle amène
au sein des organisations : « Généralement, les employés d'une entreprise
sont terrés dans leur bureau; ils travaillent seuls et gardent pour eux la
plupart des informations qu'ils dénichent. Ce n'est certainement plus la
meilleure façon de faire. Aujourd'hui, des phénomènes comme la
mondialisation nous obligent à développer une dynamique de groupe, à penser
en fonction de l'organisation et de chacun des éléments qui la composent. La
veille permet cela ».
Finalement, la veille stratégique
contribue à la conservation du savoir global des organisations après le départ
d'employés clés.
Des lendemains de veille parfois
difficiles pour les PME
Toutefois, les entreprises qui
s'attendent à des changements radicaux et à des résultats probants dans les
jours qui suivent la mise en place d'une cellule de veille stratégique se
dirigent assurément vers une déception.
En fait, la veille stratégique est
un processus qui s'implante et se développe lentement dans l'entreprise. Les
résultats, rarement spectaculaires, peuvent n'être visibles qu'après des
années. Ces délais rebutent de nombreuses PME et expliquent en grande partie
que la veille ne soit pas davantage implantée dans nos us et coutumes : «Les
PME ont énormément de difficulté à se convaincre de payer pour obtenir des
informations, alors qu'il y en a tellement de disponibles gratuitement
partout. De plus, prises dans leurs problèmes quotidiens de production et de
gestion, les PME sont rarement chaudes à l'idée de débloquer des fonds pour
quelque chose qui ne leur rapportera souvent que dans quelques années; la
plupart considèrent la veille comme un investissement à long terme qu'elles
ne peuvent pas se permettre, étant donné que leur budget est habituellement
beaucoup plus limité que celui des grandes entreprises», explique Mme Françoise
Mommens, analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce
électronique du Québec (ICE).
Pourtant, il est possible de faire de
la bonne veille sans dépenser des millions. Pour s'en convaincre, il suffit
de savoir que 80 % à 90 % des informations utiles se trouvent déjà à l'intérieur
de l'entreprise, sous la forme d'un casse-tête. «Par conséquent, une
entreprise qui réussit à développer le «réflexe du veilleur» chez tous
ses employés posséderait dès lors un avantage concurrentiel majeur. Pour ce
faire, il suffit parfois de les inviter à développer leur curiosité dans
leur domaine d'expertise, de leur apprendre à détecter les informations
pertinentes pour l'entreprise ou à lire entre les lignes des journaux »,
poursuit Mme Mommens.
Les entreprises qui n'ont ni le temps
ni l'argent nécessaires pour implanter une cellule interne dédiée à la
veille 40 heures par semaine disposent quand même de quelques possibilités
intéressantes. L'impartition, par exemple, peut constituer une excellente
solution. «Au CRIQ, nous mettons toutes les ressources nécessaires à la
disposition des entreprises qui optent pour cette solution. Nous donnons le
choix à l'entreprise : nous pouvons l'aider à former son personnel pour
effectuer elle-même la veille stratégique ou la réaliser complètement chez
nous. Le plus souvent, les PME optent pour une formule hybride où la veille
se fait en partenariat avec nous», précise Mme Savard.
Par ailleurs, plusieurs secteurs
industriels se sont dotés de services communs de veille technologique qui ont
pour but de renseigner les entreprises sur les plus récents développements
dans leur domaine respectif. Si l'information fournie est habituellement très
large, elle peut être utile pour les entreprises qui n'ont développé aucun
réflexe de veilleur et qui ne prennent pas le temps de rechercher
l'information pertinente pour elles.
Au Québec, il existe également quelques centres de veille concurrentielle.
Il s'agit de regroupements de partenaires reconnus dans un secteur d'activité
économique : centres de recherche, centres de liaison et de transfert,
entreprises, universités, cégeps et associations. Ces partenaires
fournissent une information stratégique nouvelle à valeur ajoutée adaptée
aux entreprises de leur secteur afin qu'elles soient plus compétitives sur
les marchés.
Finalement, le CRIQ est à valider
une solution au potentiel énorme : les cellules de veille sectorielle régionales.
«Lorsque nous avons commencé à offrir notre service de veille stratégique,
nous avons eu énormément de difficulté à attirer les PME même si,
historiquement, elles constituaient le gros de notre clientèle. Pour mieux
cerner leurs besoins, nous avons donc commencé à travailler avec quelques
PME très dynamiques, qui nous ont fait comprendre que le processus était
trop lourd et trop cher pour elles. C'est alors qu'est venue l'idée, à une
entreprise de la région des Bois-Francs oeuvrant dans le domaine des portes
et fenêtres, de regrouper cinq entreprises qui travaillent également avec le
bois, mais qui ne sont pas des concurrents (ébéniste, fabricant de
cercueils, etc.), afin de créer une cellule de veille régionale sectorielle»,
résume Mme Savard.
Le concept permet aux entreprises
impliquées de partager les coûts des thèmes de veille communs. Celles qui
le désirent peuvent ensuite ajouter quelques thèmes spécifiques à leurs
activités. Jusqu'à maintenant, les participants sont emballés des résultats.
Déjà, l'idée fait des petits; un deuxième projet se dessine actuellement
en Outaouais, dans le domaine des scieries.
Un vieux dicton affirme que ce que
l'on ne sait pas ne nous fait pas mal. Son auteur n'avait certainement pas prédit
le contexte dans lequel évoluent les entreprises d'aujourd'hui !
Nouvelles Tendances en Management - Juin 2001
De la parole
aux actes : Au Québec, ce n'est pas demain la veille !
Par Louis St-Hilaire
Depuis plusieurs années, le Japon est le champion mondial de l'information et
du renseignement. Le pays s'est doté d'une philosophie qui vise à lui donner
tous les renseignements dont il a besoin pour exercer la concurrence. De
nombreuses entreprises nippones possèdent leur propre service de
renseignements; elles sont appuyées par le gouvernement, qui fait traduire et
qui met à leur disposition les documents scientifiques de toutes les régions
du monde.
Des pays comme l'Allemagne et la Suède
sont également engagés à fond dans la veille stratégique. La France vient
quant à elle de découvrir les grandes possibilités offertes par ce
processus; bien que son approche soit encore très théorique, elle a déjà développé
plusieurs cours intégrés aux formations des futurs gestionnaires
d'entreprises.
En ce qui concerne les États-Unis,
malgré un nombre grandissant de programmes universitaires et industriels, le
pays n'est pas vraiment dans la course. De plus en plus d'entreprises majeures
clament toutefois haut et fort que la veille stratégique fait partie intégrante
de leur capacité future à croître et à prospérer.
Le Canada? Il est loin, très loin
derrière les meneurs. En fait, il vient au tout dernier rang parmi les pays
qui se livrent à des activités de veille stratégique de classe
internationale telles que la formation, les partenariats ou la culture de la
veille.
En fait, s'il y a un aspect dans
lequel le Canada se distingue nettement des autres pays dans ce domaine, c'est
par le fait qu'il ne compte aucune école nationale de formation en veille
stratégique! Les écoles d'administration, quant à elles, n'offrent que
quelques cours rudimentaires.
Vivement de la formation
Françoise Mommens,
analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce électronique du
Québec (ICE), trouve cette situation inacceptable, voire dangereuse pour nos
entreprises. À son avis, le Québec doit impérativement mettre en place des
formations ou, à tout le moins, intégrer quelques cours de veille stratégique
dans la formation des futurs gestionnaires. «Pour le moment, on trouve
beaucoup de personnes qui disent travailler en veille mais qui n'ont aucune
formation dans le domaine. Règle générale, ce sont des gens qui évoluent
en marketing ou dans le secteur militaire et qui apprennent le métier de
veilleur sur le tas. À mon avis, il est pressant de monter une véritable
formation, ne serait-ce que pour lancer le marché».
C'est donc avec attention que l'ICE
surveille ce qui se trame dans les universités québécoises. Et jusqu'à
maintenant, c'est plutôt limité! Il y a un peu plus d'un an, l'UQAM a lancé
une chaire de veille avec l'intention d'intégrer, dès septembre 2000, des
cours de veilles concurrentielle et stratégique au niveau des MBA. Aux dernières
nouvelles, le projet n'a toujours pas abouti.
L'école des Hautes Études
Commerciales (HEC) propose quant à elle un petit volet d'intelligence
d'affaires. Il est cependant intégré à un autre cours et le sujet n'est, en
définitive, abordé que durant quelques heures. «C'est beaucoup trop peu. Au
mieux, cela donne une petite idée aux étudiants de ce qu'est la veille stratégique.
Mais à la fin de leurs études, ceux-ci ne disposent certainement pas des
outils nécessaires à la mise en place d'un département de veille stratégique
en entreprise», poursuit Mme Mommens.
Mais un bouillonnement tout de même
Heureusement, tout n'est pas si
sombre, car si la popularité du phénomène est très loin de grimper en flèche,
les intervenants admettent que l'on commence tout de même à ressentir un
certain intérêt des entreprises pour la veille stratégique.
En ce sens, les efforts du ministère
de l'Industrie et du Commerce (MIC) semblent porter fruits. En 1995-96, le
gouvernement québécois a effectivement créé 14 centres de veille stratégique
sectorielle afin d'aider les PME québécoises dans leur développement stratégique.
Si on ne peut certes pas qualifier le
programme de franc succès (voir encadré), Mme Madeleine Savard, du Centre de
recherche industriel du Québec (CRIQ), est d'avis que les intentions du
Ministère étaient louables, et que le MIC est quand même parvenu à
sensibiliser un certain nombre d'entreprises québécoises à l'importance de
la veille stratégique. «Le CRIQ a participé activement à quatre de ces
quatorze centres de veille : plasturgie, bois, environnement et chimie. Le
principal problème rencontré, c'est qu'en voulant faire parvenir de
l'information stratégique à tout un secteur d'activité, cette information
devenait trop générale et abondante. Plusieurs dirigeants d'entreprise ont
fini par avouer qu'ils seraient prêts à payer dix fois plus cher pour
obtenir de l'information les concernant plus précisément», dévoile-t-elle.
Parmi ceux qui sont passés de la
parole aux actes, rares sont ceux qui le regrettent aujourd'hui...
Nouvelles
Tendances en Management - Juin 2001
Des
entreprises qui veillent au grain
Par Louis St-Hilaire
Des statistiques indiquent que près
de 60% des grandes entreprises américaines possèdent un service de veille
stratégique, un pourcentage qui passerait à plus de 80% au sein de celles
dont le chiffre d'affaires annuel dépasse les 10 milliards de dollars.
Récemment, quelques-unes d'entre elles ont même brisé la loi du silence qui
prévaut généralement autour de la veille stratégique afin de clamer haut
et fort que leur croissance future passait inévitablement par leur capacité
à implanter une cellule de veille efficace.
Que ce soit Nutrasweet, qui soutient
que cette stratégie a une valeur de 50 millions de dollars par an pour elle;
Samsung, qui affirme que sa réussite dépend de sa capacité à réunir des
renseignements sur ses concurrents et d'agir en conséquence; ou Xerox, qui
est convaincue que les sociétés américaines désirant demeurer compétitives
à long terme devront nécessairement intégrer un service de veille stratégique
à leurs opérations courantes; elles sont de plus en plus nombreuses à
vanter les mérites de ce processus.
Au Québec, on estime que la
proportion d'entreprises possédant une cellule de veille est beaucoup moins
importante, bien qu'il n'existe pas de données précises à ce sujet. On sait
toutefois qu'un nombre croissant d'entreprises privées et d'organismes
publics ont mis sur pied des services de renseignements plus ou moins étoffés.
«En fait, la plupart des grandes entreprises québécoises, à défaut de
posséder un département structuré et dédié à la veille stratégique,
surveillent quand même de près l'évolution de leur marché ou de leurs
concurrents, de façon intuitive ou non», estime Mme Françoise Mommens,
analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce électronique du
Québec (ICE).
Ainsi, même s'ils ne l'appellent pas veille stratégique, les Bombardier, Téléglobe,
CAE Électronique, la Société générale de financement ou Tourisme-Québec,
pour ne nommer que ceux-là, ont tous développé une méthodologie leur
permettant de garder un oeil sur leurs concurrents.
Le problème, c'est que plusieurs
entreprises qui font de la veille ne maximisent pas toujours l'information qui
existe au sein de l'organisation. De plus, l'information recueillie est
souvent éparse, mal synthétisée, et plusieurs négligent de bien l'intégrer,
de l'analyser ou de comprendre, par exemple, les motifs sous-jacents aux
actions de leurs concurrents.
Bref, plusieurs oublient que, dans le
domaine de la veille stratégique, recueillir de l'information pertinente est
une étape importante, mais savoir en tirer profit l'est au moins autant.
Les
Affaires - Samedi 29 janvier 2000 P. 43
Expert en renseignements stratégiques, une
profession d'avenir
Les meilleurs peuvent toucher un salaire dans les six
chiffres
Par René Lewandowski
Tous les matins, en rentrant au bureau de CAE Électronique, Marie-Hélène
Labrie et son équipe se soumettent à un rituel quotidien qui dure environ une heure.
Son assistante va d'abord dans Internet vérifier les sites de nouvelles auxquels CAE est
abonnée. Ensuite, elle se dirige vers quelques sites de magazines en ligne spécialisés
dans le domaine de l'aviation. Une fois recueillies, les informations sont analysées par
Marie-Hélène Labrie avant d'être publiées dans le réseau intranet de l'entreprise.
"Je complète aussi avec mes propres recherches", dit la jeune femme de 31 ans.
Les 2 000 employés de CAE sont ainsi informés, au jour le jour, sur tout ce qui se passe
dans leur industrie.
Du boulot de journaliste? Non. Marie-Hélène Labrie est chef du service de développement
stratégique pour la division des simulateurs de vols commerciaux de CAE
Électronique. En d'autres termes, c'est une experte en renseignements stratégiques ou en
veille concurrentielle, pour reprendre le jargon du milieu.
C'est une discipline qui connaît un essor fulgurant depuis quelques années. Nombre
d'entreprises ont d'ailleurs mis en place des services internes chargés de recueillir des
renseignements sur leur environnement économique, leur industrie et la concurrence.
Comment devenir veilleur
Mais comment devient-on veilleur? "Le gros de l'apprentissage se fait sur le tas
et souvent de manière informelle", estime Louis-René Dessureault, directeur
principal des Services d'information et de renseignements stratégiques, une
division de Samson Bélair Deloitte & Touche, à Montréal, qui offre ce type
de services à la fois aux associés et aux clients du cabinet.
"Chez nous, on a des spécialistes qui proviennent de plusieurs disciplines:
systèmes d'information, sciences politiques, commerce international, etc.
On leur apprend ensuite les rudiments de base comme les techniques d'interview, la
rédaction de mémos, les éléments d'information pertinents, etc. L'important, c'est la
diversité.
"Il n'y a pas si longtemps, on a même embauché un ex-militaire, un type qui a
passé 10 ans au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)".
Il faut dire que l'engouement pour la discipline est récent et que la formation
traditionnelle est plutôt timide. Sauf qu'aux États-Unis, et dans une moindre mesure au
Canada, les firmes spécialisées qui offrent des séminaires et séances de formation en
veille
concurrentielle se sont multipliées.
La plus connue est le Kirk Tyson Institute, de Chicago, dirigé par le fondateur du
même nom, et dont les tentacules s'étendent dans plus de 100 pays.
À Montréal, en avril dernier, lors de la conférence annuelle de la Society of
Competitive Intelligence Professionnals (SCIP), elles étaient près de 150 à exposer leurs
produits et services. Certaines donnaient des conférences sur place aux visiteurs curieux
et aux apprentis-veilleurs. Les thèmes variaient de Comment utiliser le téléphone à
votre avantage à Comment tracer un portrait psychologique de vos rivaux.
Les spécialités
Il y a par contre des spécialités à l'intérieur de la profession qui s'apprennent sur
les bancs d'école. Ces le cas de la bibliothéconomie, par exemple, la science du
classement de documents. Les diplômés deviennent recherchistes, documentalistes et
travaillent dans des bibliothèques, centres de documentation ou services de
renseignements d'entreprises.
Par exemple, au centre de renseignements stratégiques (CRS) de Téléglobe, ils
sont quatre à scruter des sources secondaires comme les banques de données, les
publications scientifiques, les magazines, les journaux spécialisés, les rapports
annuels, Internet, etc. Le reste de l'équipe analyse les informations recueillies: ils
compilent des données, comparent les informations et tentent d'en extraire un sens utile.
Et selon John Barry, directeur du CRS de Téléglobe, la valeur ajoutée, elle est
là: dans l'analyse de l'information. "Il y a des gens qui sont bons pour trouver
l'information, dit-il. Mais ceux qui comprennent la business savent quelle est la
bonne information qu'il faut chercher. Et ça, c'est bien plus précieux pour une
organisation."
Jean-Paul Plante, conseiller principal chez Technologies Multipartn'r, est
du même avis. "La connaissance du domaine est une condition essentielle à tout bon
veilleur, au même titre qu'une grande capacité d'analyse."
M. Plante est entre autres l'artisan de l'INFO-3D, du Centre de recherche
industrielle du Québec, un programme de formation destiné aux futurs veilleurs.
Au fait, quel est le salaire d'un veilleur? Plus ou moins 35 000 $ dans les
bibliothèques. Mais ça grimpe vite dans le privé. De 30 000 $ à 50 000 $ pour les
recherchistes, de 40 000 $ à 70 000 $ pour les analystes. Les meilleurs font dans les six
chiffres.
LE PARFAIT VEILLEUR
Ses connaissances
- Bonne capacité de communication écrite et verbale
- Connaissance des outils de recherche d'information
- Connaissance des techniques d'entrevue
- Bonnes notions des stratégies d'entreprise
Ses qualités
- Jugement et sens critique
- Capacité d'analyse et esprit de synthèse
- Ouverture d'esprit
- Sens de l'organisation
- Intégrité et discrétion
- Ténacité
Source: Jean-Paul Plante, Technologies Multipartn'r
Les
Affaires - 17 avril 1999 p.29
Management
: Des gestionnaires Colombo
scrutent vos faits et gestes
Par
Kathy Noël
Pour survivre, les cadres doivent s'initier à l'intelligence économique
Les experts de l'intelligence économique scrutent à la loupe les faits et gestes de
votre concurrent, devinent ses intentions et peuvent même vous renseigner sur le mets
préféré du patron ! Dans un monde de plus en plus concurrentiel, les cadres ont
intérêt à s'initier aux tactiques de ces Colombo de l'industrie.
Ils sont analystes économiques, experts en stratégie des organisations et même
ex-détectives. Rats de bibliothèque, fouineurs professionnels et accros d'Internet, ils
sont devenus des experts en intelligence économique, appelée aussi intelligence
concurrentielle. Leur objectif: garder votre entreprise branchée, surtout sur les
antennes du concurrent.
Depuis une dizaine d'années, ils prolifèrent. Si bien qu'ils ont créé une industrie
qui connaît une croissance étonnante. Présente surtout aux États-Unis, elle se traduit
par la création de services de renseignements dans les entreprises et par la
multiplication de firmes de consultants spécialisés.
Aux États-Unis, la Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP),
fondée en 1986, rassemble tous les professionnels de cette discipline. À ses débuts,
elle comptait une douzaine de membres. Ils sont maintenant plus de 6 000, dont une
centaine au Québec. D'ailleurs, Montréal accueillera pour la première fois à
l'extérieur des États-Unis la conférence annuelle de la SCIP à la fin d'avril.
La SCIP prévoit encore une croissance de 15 à 20 % durant les prochaines années. Au
tournant du siècle, le marché du renseignement industriel pourrait friser les 80
milliards de dollars américains. Les «espions» bien de chez nous oeuvrent chez Téléglobe, Bombardier, Bell Canada
International, Pratt & Whitney ... Ce sont surtout les grandes entreprises qui peuvent
se payer ce type de détectives à temps plein.
Une étude de la SCIP a révélé que les salaires des professionnels de l'intelligence
concurrentielle ont augmenté de 21 % au cours des deux dernières années. En 1995, ils
gagnaient en moyenne 57 000 $ US par année. En 1997, leur salaire s'élevait à 69 000 $
US. Et selon certains consultants interrogés, pour maintenir un service de veille digne
de ce nom, il faut prévoir quelque 500 000 $ par mois.
Le multimédia pour espionner
Une jeune entreprise montréalaise, Iron Horse Multimedia, a flairé la bonne affaire.
Pour rendre accessibles aux PME les techniques de collecte d'informations utilisées par
les experts, la société a mis au point The Fuld War Room, un jeu de cédéroms
d'autoformation en intelligence économique.
Jusqu'ici, moins de 5 % des 400 000 $ US de ventes depuis 10 mois ont été faites au
Québec. La majorité des firmes munies de cette nouvelle arme sont aux États-Unis et en
Europe. Pour 1 500 $ US, gestionnaires et cadres stratégiques peuvent apprendre à jouer
les taupes. Mais toujours de façon légale, assure Claude Dugas, vice-président au
développement des affaires de l'entreprise. «Ce n'est pas de l'espionnage industriel, dit-il. Nous présentons l'ensemble de
toutes les sources d'informations légales et disponibles et nous expliquons comment y
parvenir», dit-il.
«Au moins 90 % des informations peut
être trouvées sans imper et sans lunettes noires, seulement par déduction», renchérit
Françoise Mommens, courtier en information pour l'entreprise privée. Le cours conçu par Iron Horse présente notamment des techniques pour se
préparer à une rencontre sociale, pour poser des questions sans en avoir l'air, bref
pour dénicher des tonnes d'informations autour d'une inoffensive coupe de vin.
D'autres paniers percés? Les communiqués de presse, petites annonces, rapports
annuels, magazines spécialisés, documents publics, Internet et même les stationnements
d'entreprises. Que les voitures soient neuves ou vieilles ou qu'elles soient encore là
tard dans la nuit, tout ça peut donner des indices, diront les fouines.
On raconte que des ingénieurs japonais ont déjà mesuré la densité de poussière
retombée sur un chemin de fer près d'un fabricant d'automobiles américain pour calculer
le nombre de convois sortis de l'usine sur une période donnée. Ils ont pu déduire ainsi
le volume d'expéditions de leur compétiteur!
«Il y a moyen d'aller très loin tout en demeurant dans la légalité», dit M. Dugas.
En fait, l'activité devient illégale lorsqu'elle utilise des moyens illicites,
clandestins ou trompeurs comme les entrées par effraction, le vol de documents, le
piratage informatique. Jusqu'ici, la Sûreté du Québec et sa section des fraudes
économiques ne rapporte aucun cas impliquant les petits futés de l'intelligence
économique.
La
Presse - Mercredi 25 février 1998 page D4
Entreprises
: Courtier en information, un nouveau métier
Par Michelle Parent
Françoise Mommens, Courtier en Information, parcourt Internet avec une
rapidité étonnante. Elle explore des sites, comme des bibliothèques virtuelles, que les
gens n'exploitent pas ici.
Elle utilise des bases de données payantes, comme DIALOG, dont
beaucoup ne se servent pas. Originaire d'Europe, elle possède un imposant carnet
d'adresses. Elle a un bon réseau. C'est ça qui compte dans sa profession, qui n'est pas
reconnue chez nous, même s'il elle a développé des capacités en informatique.
Qu'est-ce qu'un courtier en information?
"Un courtier en assurance vend de l'assurance, nous
explique-t-elle, un courtier en immobilier vend des maisons et un courtier en information
vend de l'information".
Quelle information?
"J'ai choisi de m'orienter vers l'information technique,
principalement la communication, la télécommunication, l'Internet, les sites Web,
l'Intranet et tout ce qui concerne les CD-Rom et les multimédia. Ces dernières années,
poursuit-elle, les techniques documentaires et l'informatique ont évolué de manière
extraordinaire. Le recours aux bases de données on-line et aux nouveaux moyens de
télécommunication font désormais partie de notre vie quotidienne".
Ses connaissances en informatique sont importantes. Elle jongle
aussi bien avec des logiciels de traitement de textes (Word 97 et Word Perfect), qu'avec
des tableurs de type Lotus 123 et Excel 97, ou encore avec des logiciels de présentation
graphique, de gestion de bases de données... Bien équipée, la spécialiste s'est dotée
d'un matériel à la fine pointe de l'informatique.
Pour ses clients, surtout des PME, la jeune courtier, directrice
de M.D.S., sa compagnie, effectue des recherches dans plusieurs domaines : situation
politico-économique d'un pays, nouveautés technologiques, bibliographies, biographies,
études et sondages de marché, veille technologique et recherche de brevets.
"En ce qui concerne les études de marché, nous explique
Françoise Mommens, j'enquête pour un produit X ce qui se fait et comment cela se fait. Y
a-t-il un brevet, un marché à exploiter"?
Elle recherche également les concurrents de M. Y, leurs
situations financières, les partenaires avec lesquels il pourrait faire affaire et les
gens avec lesquels il pourrait s'associer. Ensuite, elle fournit de l'information au
client qui, lui, prend sa décision. Ce n'est pas facile, selon elle, pour un directeur de
marketing de faire de la recherche. Il n'a pas de formation logique pour arriver à
trouver de l'information exhaustive sur un sujet. Il y a des milliers de sources, de
nouveaux sites et des nouveaux magazines qui sortent chaque mois sur Internet ou ailleurs.
Françoise Mommens voyage sur des bases de données toute la
journée. Elle a ses moteurs de recherche préférés qui lui permettront de trouver la
perle rare. Par exemple, elle sait qu'il y a des bases de données sur le cuivre, sur des
statistiques, sur la démographie etc... À force de travailler avec ces moteurs de
recherche, elle sait qu'elle trouvera le lien qui va lui permettra d'aller où elle veut.
Voilà trois ans que Françoise Mommens a quitté la Belgique,
pour venir s'installer au Québec, dans le but de pratiquer sa profession de Courtier en
Information.
Comme cette profession est peu connue ici, elle décide donc
d'entreprendre les démarches auprès de sociétés québécoises afin de présenter ses
services. Après avoir postulé auprès de plusieurs compagnies, elle réalise qu'elle ne
peut pratiquer sa profession en tant que salariée comme elle l'avait fait pendant huit
ans pour la société Tractebel Ingénierie à Bruxelles.
"Les sociétés que j'ai rencontrées étaient surprises,
nous confie-t-elle, et même quand je leur expliquais, ils avaient du mal à comprendre
l'étendue de ce que cela pouvait leur apporter".
Après avoir cogné à la porte de sociétés pendant un an, la
jeune courtier, qui a obtenu, en Belgique, son diplôme de bibliothécaire, option
sciences exactes, (équivalent à une maîtrise en bibliothéconomie ici) décide donc
d'ouvrir sa propre compagnie sous le nom de M.D.S. Pour chercher de nouveaux clients, sa
méthode est simple : s'inspirant du botin téléphonique, elle s'adresse à tous les
directeurs de marketing afin d'offrir ses services. "Au début, nous dit-elle, les
sociétés ne comprenaient pas très bien en quoi ça consistait et surtout combien de
temps et d'argent elles pouvaient sauver en utilisant mes services".
(Article reproduit avec l'autorisation
de l'auteure)
