Tel un phare ...

 

 

La veille dans les médias

On parle de la veille stratégique dans la presse québécoise ...

 


PME : Le développement des affaires
Tout savoir grâce à la veille concurrentielle

Les Affaires - Cahier spécial, samedi, 25 octobre 2003, p. C10

Par Plantevin, Jérôme

Qui n'a jamais cherché à se renseigner sur les actions et les produits de ses concurrents actuels ou potentiels, sur ses clients ou sur ses fournisseurs ? Cette démarche, appelée veille concurrentielle, est l'un des processus de gestion les plus importants pour un entrepreneur désireux de faire grandir son entreprise.

Pourtant, 6 entreprises manufacturières québécoises sur 10 ne pratiquent pas de veille structurée, selon une étude publiée l'an dernier par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ).

Et pour celles qui en font, la veille se limite à consulter les publications spécialisées et à observer leurs concurrents dans les foires commerciales. Cette faible proportion expliquerait, selon le CRIQ, pourquoi les entreprises québécoises accusent toujours un retard de productivité par rapport à celles des États-Unis et de l'Ontario.

"Chaque entrepreneur devrait étudier sérieusement la possibilité d'implanter une unité de veille concurrentielle dans son entreprise. Il pourrait grandement en tirer profit, à condition, bien sûr, de bien se préparer avant de se lancer", dit Estelle Métayer, présidente de Competia, une firme montréalaise de services-conseils en veille concurrentielle.

Comment faire

Afin d'aider les entrepreneurs québécois dans leurs démarches, le journal LES AFFAIRES dresse donc ici une liste de conseils à suivre et de pièges à éviter.

> Avant de se lancer, l'entrepreneur doit définir ses besoins. Il doit se demander quelle information est requise, pourquoi elle l'est et quand il en a besoin. "Mal définir dès le départ ce que va nous apporter la veille conduira à la mort de ce processus", rappelle Valérie Parent, responsable de la veille stratégique chez BainUltra, un fabricant de bains thérapeutiques de Lévis.

> Une fois ses besoins et ses attentes définis, l'entrepreneur doit choisir une personne débrouillarde qui possède un bon esprit d'analyse. "Cette personne devra bien connaître l'industrie dans laquelle elle effectue des recherches, dit Mme Parent. Elle doit être également minutieuse afin de valider la véracité des renseignements qu'elle trouve."

Cette personne doit savoir travailler seule, dans l'ombre, et, surtout, elle doit bénéficier de la confiance de la haute direction, qui aura à lui confier de l'information confidentielle.

> "Une PME a tout intérêt à passer par l'interne pour sa veille, souligne Mme Métayer. Cela évite de partager de l'information essentielle avec l'extérieur et de débourser d'importantes sommes d'argent." Selon Mme Métayer, les PME devraient recourir à des services externes de veille concurrentielle uniquement pour résoudre un problème important et très précis, ou encore pour accéder à des renseignements qui ne se trouvent que dans des bases de données.

> La personne qui fera la veille, le veilleur, ne doit pas écarter le potentiel interne de l'entreprise comme source d'information. Les vendeurs, les employés des services à la clientèle et du soutien technique sont de véritables mines de renseignements, bien souvent plus que les publications spécialisées ou qu'Internet. Pour bien recueillir cette information, Mme Métayer préconise la mise en place d'un système d'incitatifs pour encourager les employés à échanger leur savoir.

> Le veilleur ne doit pas emmagasiner de l'information sans raison. Il faut qu'il étudie les données, regarde la situation dans son ensemble et dégage les tendances.

> Le veilleur doit rédiger des rapports clairs et bien cibler les personnes qui devront les recevoir.

> À la fin du processus de veille, l'entrepreneur ne doit pas oublier de faire un suivi. Il doit mesurer l'impact de l'information trouvée au sein de son organisation. Cette information a-t-elle été mise à profit ? Comment ? A-t-elle conduit à une vente ou à des économies ? A-t-elle contribué à rehausser l'image de l'entreprise ? Comment pourrait-on parfaire le processus ? Autant de questions importantes à se poser pour ne pas commettre les mêmes erreurs.

DES SITES WEB UTILES

Voici une liste de logiciels utiles qui aideront l'entrepreneur dans sa démarche de veille :

Google - et son service Google.news. Google est de loin le moteur de recherche le plus utilisé sur la planète. Côté québécois, notons le métamoteur Copernic  très efficace pour fouiller le Web par catégories.

Kartoo - Cet outil d'analyse trouve l'information pertinente et la synthétise sous forme de graphiques facilement exploitables. Dans la même veine, mentionnons le logiciel UMAP de la française Trivium.

E&B Data - Cette entreprise canadienne offre des outils informatiques qui permettent de créer des portails d'informations et des outils d'envoi de bulletins électroniques. Parmi les autres logiciels de distribution de l'information, il existe la série de logiciels de l'américaine Entopia et Strategy! de Strategy Software.


 

2003 Q1 -  Forecast market for enterprise knowledge management (KM) and business intelligence (BI) software


                                                   $-bil.
             2002                          16
             2006                          21
                  AGR                         7.0 %

Source : KM World, Jan. 2003

2003 Q1 - Forecast market for information retrieval

                                                   $-mil.
             2001                       400
             2002                        360
             2003                        396
                  AGR                        -0.005 %

Sources : KM World, Jan. 2003, Delphi Group


Gestion, n° Vol: 28 No: 2 - juin 2003, p. 92

Extrait de : Productivité et activité en R&D des entreprises manufacturières québécoises : constats et implications

(...) La connaissance des technologies et les pratiques de veille

Les résultats de l'enquête ont démontré que, contrairement à ce que pensent les experts, la grande majorité des participants disent a priori avoir une bonne connaissance des technologies de fabrication de pointe disponibles. Les entreprises colligent des informations par le biais des salons et des foires, de la force de vente, des fournisseurs et des publications spécialisées dans leur secteur d'activité. 

Toutefois, ces connaissances peuvent être mises en doute pour certains, car il est apparu que la moitié des entreprises sondées ne font pas de veille stratégique et concurrentielle. De plus, cette veille est rarement partagée au sein de l'entreprise. Les entreprises les plus actives sur ce plan se trouvent parmi celles qui mesurent leur productivité (90,5 % font de la veille), celles qui prévoient acquérir des technologies de fabrication de pointe dans les trois prochaines années (63 %), celles qui ont introduit ces technologies dans les trois dernières années (57 %) et celles qui ont déjà investi en R&D (65 %). 

En ce qui a trait à la veille, plus le chiffre d'affaires est élevé, plus cette veille est active (44 % pour les entreprises ayant un chiffre d'affaires de 1 million de dollars ou moins versus 67 % pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 20 millions de dollars, niveau de signification du test inconnu). Aussi, plus la part des produits fabriqués est exportée, plus la veille est présente (62 % des entreprises dont 75 % de leurs produits sont écoulés à l'extérieur du Québec versus 42 % de celles qui ont un marché strictement domestique, niveau de signification du test inconnu). Ces résultats démontrent que la formalisation des activités de veille s'intensifie en fonction de la taille de l'entreprise et de son ouverture sur les marchés extérieurs.

 


Nouvelles Tendances en Management - Juin 2001

Échec et mat ... ! L'intelligence économique au service des PME

Par Louis St-Hilaire

Veille stratégique, veille concurrentielle, intelligence économique ... Pour décrire le phénomène, les terminologies sont nombreuses, les définitions également. Mais en gros, on peut définir la veille stratégique comme étant un processus continu et systématisé de gestion de l'information stratégique.

En implantant un processus de veille stratégique dans son entreprise, un gestionnaire veut d'abord et avant tout s'assurer qu'il bénéficiera, plutôt que d'une masse d'informations non structurée, d'informations stratégiques à haute valeur ajoutée susceptibles de l'aider à prendre des décisions éclairées.

Tous les employés de l'entreprise possèdent, souvent sans le savoir, une masse d'informations stratégiques de première importance pour leur entreprise. Continuellement, ils apprennent de nouvelles choses, entendent des rumeurs sur leurs concurrents, font des observations... « Lorsqu'une entreprise réussit à bien organiser toute cette information, à la faire circuler et à l'acheminer, épurée, aux décideurs de l'entreprise, elle dispose dès lors d'un puissant outil de management. C'est précisément l'idée de base de la veille stratégique », explique Mme Madeleine Savard, directrice adjointe à l'information, Centre de recherche industriel du Québec (CRIQ).

En même temps, le gestionnaire dote son entreprise d'outils lui permettant de passer d'un mode de gestion réactif à un mode proactif; d'une activité peu organisée à une activité parfaitement planifiée; d'une responsabilité laissée au bon vouloir de chaque individu à un effort collectif centré sur les priorités stratégiques de l'entreprise.

La plupart des spécialistes de la veille stratégique s'entendent pour dire que le processus comprend quatre étapes : la planification, la collecte, l'analyse et la distribution des résultats aux bonnes personnes et au bon moment.

Veiller, mais sur quoi ?

La veille stratégique peut s'appliquer à tous les départements de l'entreprise. Les résultats de la veille sont donc bénéfiques pour éclairer l'ensemble des actions importantes des entreprises : fusions, acquisitions, lancement de nouveaux produits, pénétration d'un nouveau marché, achat d'une nouvelle technologie et démarrage de nouvelles activités de recherche et développement.

Mais au juste, sur quoi une entreprise devrait-elle veiller ? On reconnaît quatre types de veille : technologique, concurrentielle, commerciale et stratégique. Pour un, la veille technologique réfère notamment aux acquis scientifiques et techniques (comme les brevets et les publications), aux activités de recherche en cours, aux produits et services, aux procédés de fabrication et aux nouveaux matériaux.

Pour ce qui est de la veille concurrentielle, elle s'intéresse évidemment aux concurrents, actuels ou potentiels, à l'analyse de leurs stratégies et des avantages compétitifs. Mais, en plus des entreprises concurrentes, elle garde à l'oeil les produits ou les procédés concurrents ; par exemple, aux États-Unis actuellement, l'industrie du bois est concurrencée sévèrement par l'industrie de l'acier.

La veille commerciale concerne quant à elle des éléments tels que les clients, les marchés et les fournisseurs. Finalement, la veille stratégique s'attache aux questions de planification stratégique à long terme pour l'entreprise : axes de développement, tangentes et tendances des marchés, possibilités, menaces, etc.

De nombreux bénéfices

Pour une entreprise qui implante efficacement une cellule de veille stratégique, les bénéfices sont pratiquement illimités. Ainsi, la connaissance approfondie de ses concurrents, de son marché ou de son domaine d'activité permet entre autres de découvrir une multitude de nouvelles occasions d'affaires ou de mettre en marché, très efficacement, des produits et des services innovateurs qui répondent précisément aux besoins de sa clientèle.

Par ailleurs, les gains de temps et d'argent sont généralement importants; dans plusieurs entreprises, des hauts dirigeants peuvent facilement perdre une quinzaine d'heures par semaine pour dénicher et analyser de l'information pertinente pour eux.
Une des retombées concrètes souvent mentionnée par les entreprises initiées à la veille, c'est qu'elle permet d'optimiser les résultats liés à leur présence dans des événements tels que les colloques, les séminaires, les formations et autres. « En ayant une connaissance plus pointue de leur marché, les entreprises sont effectivement en mesure de formuler des exigences et des requêtes précises, une mission claire aux employés mandatés pour ces événements. Et lorsque ceux-ci sont de retour, ils ont plus de facilité à analyser et à partager les informations qu'ils ont recueillies. À mon avis, c'est probablement dans ces situations que les bénéfices de la veille stratégique apparaissent le plus clairement aux entreprises », poursuit Mme Savard.

Selon elle, le principal avantage de la veille stratégique réside toutefois dans la synergie accrue qu'elle amène au sein des organisations : « Généralement, les employés d'une entreprise sont terrés dans leur bureau; ils travaillent seuls et gardent pour eux la plupart des informations qu'ils dénichent. Ce n'est certainement plus la meilleure façon de faire. Aujourd'hui, des phénomènes comme la mondialisation nous obligent à développer une dynamique de groupe, à penser en fonction de l'organisation et de chacun des éléments qui la composent. La veille permet cela ».

Finalement, la veille stratégique contribue à la conservation du savoir global des organisations après le départ d'employés clés.

Des lendemains de veille parfois difficiles pour les PME

Toutefois, les entreprises qui s'attendent à des changements radicaux et à des résultats probants dans les jours qui suivent la mise en place d'une cellule de veille stratégique se dirigent assurément vers une déception.

En fait, la veille stratégique est un processus qui s'implante et se développe lentement dans l'entreprise. Les résultats, rarement spectaculaires, peuvent n'être visibles qu'après des années. Ces délais rebutent de nombreuses PME et expliquent en grande partie que la veille ne soit pas davantage implantée dans nos us et coutumes : «Les PME ont énormément de difficulté à se convaincre de payer pour obtenir des informations, alors qu'il y en a tellement de disponibles gratuitement partout. De plus, prises dans leurs problèmes quotidiens de production et de gestion, les PME sont rarement chaudes à l'idée de débloquer des fonds pour quelque chose qui ne leur rapportera souvent que dans quelques années; la plupart considèrent la veille comme un investissement à long terme qu'elles ne peuvent pas se permettre, étant donné que leur budget est habituellement beaucoup plus limité que celui des grandes entreprises», explique Mme Françoise Mommens, analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce électronique du Québec (ICE).

Pourtant, il est possible de faire de la bonne veille sans dépenser des millions. Pour s'en convaincre, il suffit de savoir que 80 % à 90 % des informations utiles se trouvent déjà à l'intérieur de l'entreprise, sous la forme d'un casse-tête. «Par conséquent, une entreprise qui réussit à développer le «réflexe du veilleur» chez tous ses employés posséderait dès lors un avantage concurrentiel majeur. Pour ce faire, il suffit parfois de les inviter à développer leur curiosité dans leur domaine d'expertise, de leur apprendre à détecter les informations pertinentes pour l'entreprise ou à lire entre les lignes des journaux », poursuit Mme Mommens.

Les entreprises qui n'ont ni le temps ni l'argent nécessaires pour implanter une cellule interne dédiée à la veille 40 heures par semaine disposent quand même de quelques possibilités intéressantes. L'impartition, par exemple, peut constituer une excellente solution. «Au CRIQ, nous mettons toutes les ressources nécessaires à la disposition des entreprises qui optent pour cette solution. Nous donnons le choix à l'entreprise : nous pouvons l'aider à former son personnel pour effectuer elle-même la veille stratégique ou la réaliser complètement chez nous. Le plus souvent, les PME optent pour une formule hybride où la veille se fait en partenariat avec nous», précise Mme Savard.

Par ailleurs, plusieurs secteurs industriels se sont dotés de services communs de veille technologique qui ont pour but de renseigner les entreprises sur les plus récents développements dans leur domaine respectif. Si l'information fournie est habituellement très large, elle peut être utile pour les entreprises qui n'ont développé aucun réflexe de veilleur et qui ne prennent pas le temps de rechercher l'information pertinente pour elles.
Au Québec, il existe également quelques centres de veille concurrentielle. Il s'agit de regroupements de partenaires reconnus dans un secteur d'activité économique : centres de recherche, centres de liaison et de transfert, entreprises, universités, cégeps et associations. Ces partenaires fournissent une information stratégique nouvelle à valeur ajoutée adaptée aux entreprises de leur secteur afin qu'elles soient plus compétitives sur les marchés.

Finalement, le CRIQ est à valider une solution au potentiel énorme : les cellules de veille sectorielle régionales. «Lorsque nous avons commencé à offrir notre service de veille stratégique, nous avons eu énormément de difficulté à attirer les PME même si, historiquement, elles constituaient le gros de notre clientèle. Pour mieux cerner leurs besoins, nous avons donc commencé à travailler avec quelques PME très dynamiques, qui nous ont fait comprendre que le processus était trop lourd et trop cher pour elles. C'est alors qu'est venue l'idée, à une entreprise de la région des Bois-Francs oeuvrant dans le domaine des portes et fenêtres, de regrouper cinq entreprises qui travaillent également avec le bois, mais qui ne sont pas des concurrents (ébéniste, fabricant de cercueils, etc.), afin de créer une cellule de veille régionale sectorielle», résume Mme Savard.

Le concept permet aux entreprises impliquées de partager les coûts des thèmes de veille communs. Celles qui le désirent peuvent ensuite ajouter quelques thèmes spécifiques à leurs activités. Jusqu'à maintenant, les participants sont emballés des résultats. Déjà, l'idée fait des petits; un deuxième projet se dessine actuellement en Outaouais, dans le domaine des scieries.

Un vieux dicton affirme que ce que l'on ne sait pas ne nous fait pas mal. Son auteur n'avait certainement pas prédit le contexte dans lequel évoluent les entreprises d'aujourd'hui !



Nouvelles Tendances en Management - Juin 2001

De la parole aux actes : Au Québec, ce n'est pas demain la veille !

Par Louis St-Hilaire

Depuis plusieurs années, le Japon est le champion mondial de l'information et du renseignement. Le pays s'est doté d'une philosophie qui vise à lui donner tous les renseignements dont il a besoin pour exercer la concurrence. De nombreuses entreprises nippones possèdent leur propre service de renseignements; elles sont appuyées par le gouvernement, qui fait traduire et qui met à leur disposition les documents scientifiques de toutes les régions du monde.

Des pays comme l'Allemagne et la Suède sont également engagés à fond dans la veille stratégique. La France vient quant à elle de découvrir les grandes possibilités offertes par ce processus; bien que son approche soit encore très théorique, elle a déjà développé plusieurs cours intégrés aux formations des futurs gestionnaires d'entreprises.

En ce qui concerne les États-Unis, malgré un nombre grandissant de programmes universitaires et industriels, le pays n'est pas vraiment dans la course. De plus en plus d'entreprises majeures clament toutefois haut et fort que la veille stratégique fait partie intégrante de leur capacité future à croître et à prospérer.

Le Canada? Il est loin, très loin derrière les meneurs. En fait, il vient au tout dernier rang parmi les pays qui se livrent à des activités de veille stratégique de classe internationale telles que la formation, les partenariats ou la culture de la veille.

En fait, s'il y a un aspect dans lequel le Canada se distingue nettement des autres pays dans ce domaine, c'est par le fait qu'il ne compte aucune école nationale de formation en veille stratégique! Les écoles d'administration, quant à elles, n'offrent que quelques cours rudimentaires.

Vivement de la formation

Françoise Mommens, analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce électronique du Québec (ICE), trouve cette situation inacceptable, voire dangereuse pour nos entreprises. À son avis, le Québec doit impérativement mettre en place des formations ou, à tout le moins, intégrer quelques cours de veille stratégique dans la formation des futurs gestionnaires. «Pour le moment, on trouve beaucoup de personnes qui disent travailler en veille mais qui n'ont aucune formation dans le domaine. Règle générale, ce sont des gens qui évoluent en marketing ou dans le secteur militaire et qui apprennent le métier de veilleur sur le tas. À mon avis, il est pressant de monter une véritable formation, ne serait-ce que pour lancer le marché».

C'est donc avec attention que l'ICE surveille ce qui se trame dans les universités québécoises. Et jusqu'à maintenant, c'est plutôt limité! Il y a un peu plus d'un an, l'UQAM a lancé une chaire de veille avec l'intention d'intégrer, dès septembre 2000, des cours de veilles concurrentielle et stratégique au niveau des MBA. Aux dernières nouvelles, le projet n'a toujours pas abouti.

L'école des Hautes Études Commerciales (HEC) propose quant à elle un petit volet d'intelligence d'affaires. Il est cependant intégré à un autre cours et le sujet n'est, en définitive, abordé que durant quelques heures. «C'est beaucoup trop peu. Au mieux, cela donne une petite idée aux étudiants de ce qu'est la veille stratégique. Mais à la fin de leurs études, ceux-ci ne disposent certainement pas des outils nécessaires à la mise en place d'un département de veille stratégique en entreprise», poursuit Mme Mommens.

Mais un bouillonnement tout de même

Heureusement, tout n'est pas si sombre, car si la popularité du phénomène est très loin de grimper en flèche, les intervenants admettent que l'on commence tout de même à ressentir un certain intérêt des entreprises pour la veille stratégique.

En ce sens, les efforts du ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC) semblent porter fruits. En 1995-96, le gouvernement québécois a effectivement créé 14 centres de veille stratégique sectorielle afin d'aider les PME québécoises dans leur développement stratégique.

Si on ne peut certes pas qualifier le programme de franc succès (voir encadré), Mme Madeleine Savard, du Centre de recherche industriel du Québec (CRIQ), est d'avis que les intentions du Ministère étaient louables, et que le MIC est quand même parvenu à sensibiliser un certain nombre d'entreprises québécoises à l'importance de la veille stratégique. «Le CRIQ a participé activement à quatre de ces quatorze centres de veille : plasturgie, bois, environnement et chimie. Le principal problème rencontré, c'est qu'en voulant faire parvenir de l'information stratégique à tout un secteur d'activité, cette information devenait trop générale et abondante. Plusieurs dirigeants d'entreprise ont fini par avouer qu'ils seraient prêts à payer dix fois plus cher pour obtenir de l'information les concernant plus précisément», dévoile-t-elle.

Parmi ceux qui sont passés de la parole aux actes, rares sont ceux qui le regrettent aujourd'hui...

 


Nouvelles Tendances en Management - Juin 2001

Des entreprises qui veillent au grain

Par Louis St-Hilaire

Des statistiques indiquent que près de 60% des grandes entreprises américaines possèdent un service de veille stratégique, un pourcentage qui passerait à plus de 80% au sein de celles dont le chiffre d'affaires annuel dépasse les 10 milliards de dollars.
Récemment, quelques-unes d'entre elles ont même brisé la loi du silence qui prévaut généralement autour de la veille stratégique afin de clamer haut et fort que leur croissance future passait inévitablement par leur capacité à implanter une cellule de veille efficace.

Que ce soit Nutrasweet, qui soutient que cette stratégie a une valeur de 50 millions de dollars par an pour elle; Samsung, qui affirme que sa réussite dépend de sa capacité à réunir des renseignements sur ses concurrents et d'agir en conséquence; ou Xerox, qui est convaincue que les sociétés américaines désirant demeurer compétitives à long terme devront nécessairement intégrer un service de veille stratégique à leurs opérations courantes; elles sont de plus en plus nombreuses à vanter les mérites de ce processus.

Au Québec, on estime que la proportion d'entreprises possédant une cellule de veille est beaucoup moins importante, bien qu'il n'existe pas de données précises à ce sujet. On sait toutefois qu'un nombre croissant d'entreprises privées et d'organismes publics ont mis sur pied des services de renseignements plus ou moins étoffés. «En fait, la plupart des grandes entreprises québécoises, à défaut de posséder un département structuré et dédié à la veille stratégique, surveillent quand même de près l'évolution de leur marché ou de leurs concurrents, de façon intuitive ou non», estime Mme Françoise Mommens, analyste d'affaires électroniques à l'Institut du commerce électronique du Québec (ICE).
Ainsi, même s'ils ne l'appellent pas veille stratégique, les Bombardier, Téléglobe, CAE Électronique, la Société générale de financement ou Tourisme-Québec, pour ne nommer que ceux-là, ont tous développé une méthodologie leur permettant de garder un oeil sur leurs concurrents.

Le problème, c'est que plusieurs entreprises qui font de la veille ne maximisent pas toujours l'information qui existe au sein de l'organisation. De plus, l'information recueillie est souvent éparse, mal synthétisée, et plusieurs négligent de bien l'intégrer, de l'analyser ou de comprendre, par exemple, les motifs sous-jacents aux actions de leurs concurrents.

Bref, plusieurs oublient que, dans le domaine de la veille stratégique, recueillir de l'information pertinente est une étape importante, mais savoir en tirer profit l'est au moins autant.



Les Affaires -  Samedi 29 janvier 2000 P. 43


Expert en renseignements stratégiques, une profession d'avenir
Les meilleurs peuvent toucher un salaire dans les six chiffres

Par René Lewandowski

Tous les matins, en rentrant au bureau de CAE Électronique, Marie-Hélène Labrie et son équipe se soumettent à un rituel quotidien qui dure environ une heure.

Son assistante va d'abord dans Internet vérifier les sites de nouvelles auxquels CAE est abonnée. Ensuite, elle se dirige vers quelques sites de magazines en ligne spécialisés dans le domaine de l'aviation. Une fois recueillies, les informations sont analysées par Marie-Hélène Labrie avant d'être publiées dans le réseau intranet de l'entreprise.

"Je complète aussi avec mes propres recherches", dit la jeune femme de 31 ans. Les 2 000 employés de CAE sont ainsi informés, au jour le jour, sur tout ce qui se passe dans leur industrie.

Du boulot de journaliste? Non. Marie-Hélène Labrie est chef du service de développement stratégique pour la division des simulateurs de vols commerciaux de CAE Électronique. En d'autres termes, c'est une experte en renseignements stratégiques ou en veille concurrentielle, pour reprendre le jargon du milieu.

C'est une discipline qui connaît un essor fulgurant depuis quelques années. Nombre d'entreprises ont d'ailleurs mis en place des services internes chargés de recueillir des renseignements sur leur environnement économique, leur industrie et la concurrence.

Comment devenir veilleur

Mais comment devient-on veilleur? "Le gros de l'apprentissage se fait sur le tas et souvent de manière informelle", estime Louis-René Dessureault, directeur principal des Services d'information et de renseignements stratégiques, une division de Samson Bélair Deloitte & Touche, à Montréal, qui offre ce type de services à la fois aux associés et aux clients du cabinet.

"Chez nous, on a des spécialistes qui proviennent de plusieurs disciplines: systèmes d'information, sciences politiques, commerce international, etc.

On leur apprend ensuite les rudiments de base comme les techniques d'interview, la rédaction de mémos, les éléments d'information pertinents, etc. L'important, c'est la diversité.

"Il n'y a pas si longtemps, on a même embauché un ex-militaire, un type qui a passé 10 ans au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)".

Il faut dire que l'engouement pour la discipline est récent et que la formation traditionnelle est plutôt timide. Sauf qu'aux États-Unis, et dans une moindre mesure au Canada, les firmes spécialisées qui offrent des séminaires et séances de formation en veille concurrentielle se sont multipliées.

La plus connue est le Kirk Tyson Institute, de Chicago, dirigé par le fondateur du même nom, et dont les tentacules s'étendent dans plus de 100 pays.

À Montréal, en avril dernier, lors de la conférence annuelle de la Society of Competitive Intelligence Professionnals (SCIP), elles étaient près de 150 à exposer leurs produits et services. Certaines donnaient des conférences sur place aux visiteurs curieux et aux apprentis-veilleurs. Les thèmes variaient de Comment utiliser le téléphone à votre avantage à Comment tracer un portrait psychologique de vos rivaux.

Les spécialités

Il y a par contre des spécialités à l'intérieur de la profession qui s'apprennent sur les bancs d'école. Ces le cas de la bibliothéconomie, par exemple, la science du classement de documents. Les diplômés deviennent recherchistes, documentalistes et travaillent dans des bibliothèques, centres de documentation ou services de renseignements d'entreprises.

Par exemple, au centre de renseignements stratégiques (CRS) de Téléglobe, ils sont quatre à scruter des sources secondaires comme les banques de données, les publications scientifiques, les magazines, les journaux spécialisés, les rapports annuels, Internet, etc. Le reste de l'équipe analyse les informations recueillies: ils compilent des données, comparent les informations et tentent d'en extraire un sens utile.

Et selon John Barry, directeur du CRS de Téléglobe, la valeur ajoutée, elle est là: dans l'analyse de l'information. "Il y a des gens qui sont bons pour trouver l'information, dit-il. Mais ceux qui comprennent la business savent quelle est la bonne information qu'il faut chercher. Et ça, c'est bien plus précieux pour une organisation."

Jean-Paul Plante, conseiller principal chez Technologies Multipartn'r, est du même avis. "La connaissance du domaine est une condition essentielle à tout bon veilleur, au même titre qu'une grande capacité d'analyse."

M. Plante est entre autres l'artisan de l'INFO-3D, du Centre de recherche industrielle du Québec, un programme de formation destiné aux futurs veilleurs.

Au fait, quel est le salaire d'un veilleur? Plus ou moins 35 000 $ dans les bibliothèques. Mais ça grimpe vite dans le privé. De 30 000 $ à 50 000 $ pour les recherchistes, de 40 000 $ à 70 000 $ pour les analystes. Les meilleurs font dans les six chiffres.

LE PARFAIT VEILLEUR

Ses connaissances

- Bonne capacité de communication écrite et verbale
- Connaissance des outils de recherche d'information
- Connaissance des techniques d'entrevue
- Bonnes notions des stratégies d'entreprise

Ses qualités

- Jugement et sens critique
- Capacité d'analyse et esprit de synthèse
- Ouverture d'esprit
- Sens de l'organisation
- Intégrité et discrétion
- Ténacité

Source: Jean-Paul Plante, Technologies Multipartn'r


Les Affaires - 17 avril 1999 p.29

Management : Des gestionnaires Colombo scrutent vos faits et gestes

Par Kathy Noël

Pour survivre, les cadres doivent s'initier à l'intelligence économique

Les experts de l'intelligence économique scrutent à la loupe les faits et gestes de votre concurrent, devinent ses intentions et peuvent même vous renseigner sur le mets préféré du patron ! Dans un monde de plus en plus concurrentiel, les cadres ont intérêt à s'initier aux tactiques de ces Colombo de l'industrie.

Ils sont analystes économiques, experts en stratégie des organisations et même ex-détectives. Rats de bibliothèque, fouineurs professionnels et accros d'Internet, ils sont devenus des experts en intelligence économique, appelée aussi intelligence concurrentielle. Leur objectif: garder votre entreprise branchée, surtout sur les antennes du concurrent.

Depuis une dizaine d'années, ils prolifèrent. Si bien qu'ils ont créé une industrie qui connaît une croissance étonnante. Présente surtout aux États-Unis, elle se traduit par la création de services de renseignements dans les entreprises et par la multiplication de firmes de consultants spécialisés.

Aux États-Unis, la Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP), fondée en 1986, rassemble tous les professionnels de cette discipline. À ses débuts, elle comptait une douzaine de membres. Ils sont maintenant plus de 6 000, dont une centaine au Québec. D'ailleurs, Montréal accueillera pour la première fois à l'extérieur des États-Unis la conférence annuelle de la SCIP à la fin d'avril.

La SCIP prévoit encore une croissance de 15 à 20 % durant les prochaines années. Au tournant du siècle, le marché du renseignement industriel pourrait friser les 80 milliards de dollars américains. Les «espions» bien de chez nous oeuvrent chez Téléglobe, Bombardier, Bell Canada International, Pratt & Whitney ... Ce sont surtout les grandes entreprises qui peuvent se payer ce type de détectives à temps plein.

Une étude de la SCIP a révélé que les salaires des professionnels de l'intelligence concurrentielle ont augmenté de 21 % au cours des deux dernières années. En 1995, ils gagnaient en moyenne 57 000 $ US par année. En 1997, leur salaire s'élevait à 69 000 $ US. Et selon certains consultants interrogés, pour maintenir un service de veille digne de ce nom, il faut prévoir quelque 500 000 $ par mois.

Le multimédia pour espionner

Une jeune entreprise montréalaise, Iron Horse Multimedia, a flairé la bonne affaire. Pour rendre accessibles aux PME les techniques de collecte d'informations utilisées par les experts, la société a mis au point The Fuld War Room, un jeu de cédéroms d'autoformation en intelligence économique.

Jusqu'ici, moins de 5 % des 400 000 $ US de ventes depuis 10 mois ont été faites au Québec. La majorité des firmes munies de cette nouvelle arme sont aux États-Unis et en Europe. Pour 1 500 $ US, gestionnaires et cadres stratégiques peuvent apprendre à jouer les taupes. Mais toujours de façon légale, assure Claude Dugas, vice-président au développement des affaires de l'entreprise. «Ce n'est pas de l'espionnage industriel, dit-il. Nous présentons l'ensemble de toutes les sources d'informations légales et disponibles et nous expliquons comment y parvenir», dit-il.

«Au moins 90 % des informations peut être trouvées sans imper et sans lunettes noires, seulement par déduction», renchérit Françoise Mommens, courtier en information pour l'entreprise privée. Le cours conçu par Iron Horse présente notamment des techniques pour se préparer à une rencontre sociale, pour poser des questions sans en avoir l'air, bref pour dénicher des tonnes d'informations autour d'une inoffensive coupe de vin.

D'autres paniers percés? Les communiqués de presse, petites annonces, rapports annuels, magazines spécialisés, documents publics, Internet et même les stationnements d'entreprises. Que les voitures soient neuves ou vieilles ou qu'elles soient encore là tard dans la nuit, tout ça peut donner des indices, diront les fouines.

On raconte que des ingénieurs japonais ont déjà mesuré la densité de poussière retombée sur un chemin de fer près d'un fabricant d'automobiles américain pour calculer le nombre de convois sortis de l'usine sur une période donnée. Ils ont pu déduire ainsi le volume d'expéditions de leur compétiteur!

«Il y a moyen d'aller très loin tout en demeurant dans la légalité», dit M. Dugas. En fait, l'activité devient illégale lorsqu'elle utilise des moyens illicites, clandestins ou trompeurs comme les entrées par effraction, le vol de documents, le piratage informatique. Jusqu'ici, la Sûreté du Québec et sa section des fraudes économiques ne rapporte aucun cas impliquant les petits futés de l'intelligence économique.

 


La Presse - Mercredi 25 février 1998 page D4

Entreprises : Courtier en information, un nouveau métier

Par Michelle Parent

Françoise Mommens, Courtier en Information, parcourt Internet avec une rapidité étonnante. Elle explore des sites, comme des bibliothèques virtuelles, que les gens n'exploitent pas ici.

Elle utilise des bases de données payantes, comme DIALOG, dont beaucoup ne se servent pas. Originaire d'Europe, elle possède un imposant carnet d'adresses. Elle a un bon réseau. C'est ça qui compte dans sa profession, qui n'est pas reconnue chez nous, même s'il elle a développé des capacités en informatique.

Qu'est-ce qu'un courtier en information?

"Un courtier en assurance vend de l'assurance, nous explique-t-elle, un courtier en immobilier vend des maisons et un courtier en information vend de l'information".

Quelle information?

"J'ai choisi de m'orienter vers l'information technique, principalement la communication, la télécommunication, l'Internet, les sites Web, l'Intranet et tout ce qui concerne les CD-Rom et les multimédia. Ces dernières années, poursuit-elle, les techniques documentaires et l'informatique ont évolué de manière extraordinaire. Le recours aux bases de données on-line et aux nouveaux moyens de télécommunication font désormais partie de notre vie quotidienne".

Ses connaissances en informatique sont importantes. Elle jongle aussi bien avec des logiciels de traitement de textes (Word 97 et Word Perfect), qu'avec des tableurs de type Lotus 123 et Excel 97, ou encore avec des logiciels de présentation graphique, de gestion de bases de données... Bien équipée, la spécialiste s'est dotée d'un matériel à la fine pointe de l'informatique.

Pour ses clients, surtout des PME, la jeune courtier, directrice de M.D.S., sa compagnie, effectue des recherches dans plusieurs domaines : situation politico-économique d'un pays, nouveautés technologiques, bibliographies, biographies, études et sondages de marché, veille technologique et recherche de brevets.

"En ce qui concerne les études de marché, nous explique Françoise Mommens, j'enquête pour un produit X ce qui se fait et comment cela se fait. Y a-t-il un brevet, un marché à exploiter"?

Elle recherche également les concurrents de M. Y, leurs situations financières, les partenaires avec lesquels il pourrait faire affaire et les gens avec lesquels il pourrait s'associer. Ensuite, elle fournit de l'information au client qui, lui, prend sa décision. Ce n'est pas facile, selon elle, pour un directeur de marketing de faire de la recherche. Il n'a pas de formation logique pour arriver à trouver de l'information exhaustive sur un sujet. Il y a des milliers de sources, de nouveaux sites et des nouveaux magazines qui sortent chaque mois sur Internet ou ailleurs.

Françoise Mommens voyage sur des bases de données toute la journée. Elle a ses moteurs de recherche préférés qui lui permettront de trouver la perle rare. Par exemple, elle sait qu'il y a des bases de données sur le cuivre, sur des statistiques, sur la démographie etc... À force de travailler avec ces moteurs de recherche, elle sait qu'elle trouvera le lien qui va lui permettra d'aller où elle veut.

Voilà trois ans que Françoise Mommens a quitté la Belgique, pour venir s'installer au Québec, dans le but de pratiquer sa profession de Courtier en Information.

Comme cette profession est peu connue ici, elle décide donc d'entreprendre les démarches auprès de sociétés québécoises afin de présenter ses services. Après avoir postulé auprès de plusieurs compagnies, elle réalise qu'elle ne peut pratiquer sa profession en tant que salariée comme elle l'avait fait pendant huit ans pour la société Tractebel Ingénierie à Bruxelles.

"Les sociétés que j'ai rencontrées étaient surprises, nous confie-t-elle, et même quand je leur expliquais, ils avaient du mal à comprendre l'étendue de ce que cela pouvait leur apporter".

Après avoir cogné à la porte de sociétés pendant un an, la jeune courtier, qui a obtenu, en Belgique, son diplôme de bibliothécaire, option sciences exactes, (équivalent à une maîtrise en bibliothéconomie ici) décide donc d'ouvrir sa propre compagnie sous le nom de M.D.S. Pour chercher de nouveaux clients, sa méthode est simple : s'inspirant du botin téléphonique, elle s'adresse à tous les directeurs de marketing afin d'offrir ses services. "Au début, nous dit-elle, les sociétés ne comprenaient pas très bien en quoi ça consistait et surtout combien de temps et d'argent elles pouvaient sauver en utilisant mes services".

(Article reproduit avec l'autorisation de l'auteure)