Tel un phare ...

 

 

Articles publiés

Quelques uns de mes articles publiés dans la presse ... 

 


Qu'importe la guerre, pourvu qu'on ait les armes

Documentation & Bibliothèques - avril/juin 2003

En ces temps de mondialisation et en présence de marchés de plus en plus concurrentiel, les entreprises partent à la course derrière l'information avec un grand V, comme dans "Vital". Si une grande majorité des entreprises ignorent encore la nécessité de telles pratiques, pour d'autres, le renseignement économique est devenu comme une seconde nature, un second souffle, une question de vie ou de mort !

Surtout présente dans des secteurs très technologiques comme l'aérospatiale, la biotechnologie, etc., la guerre économique utilise les mêmes armes, soit : la ruse, la manipulation, la déstabilisation, la désinformation. De véritables méthodes guerrières au nom de l'hypercompétitivité économique : filatures, fausses identités, menaces, vols de documents importants, manipulations psychologiques, fuite de cerveaux, …

N'a-t-on pas vu en Europe, en septembre 2001, Procter & Gamble, accusé de fouiller les poubelles de son concurrent direct, Unilever ?  

Dans son livre " Principes élémentaires de propagande de guerre : utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède " ([1]), Anne Morelli illustre les mécanismes essentiels de la propagande moderne, utilisés aussi bien au cours de la 1ière Guerre mondiale que lors de récents conflits. Ce livre invite le lecteur à exercer, plus que jamais, le " doute systématique " quand vient le temps de donner foi à une rumeur. 

" Calomniez, critiquez, insinuez, il en restera toujours quelque chose ! " 

La désinformation … ce terme est apparu lors de la Première Guerre Mondiale lorsque les Allemands truquaient des messages radio afin d'égarer l'ennemi.Aujourd'hui, pour la recette d'un bon mensonge, il faut respecter les proportions. Prenez un ragot bien ficelé, saupoudrez-le de scandale, placez le sur Internet (ou dans un média populaire) et laisser mijoter un ou deux jours … Le soufflé ne devrait pas tarder à monter, colportant l'intox à la vitesse de l'éclair. Le travail de sape se fera alors tout seul.

Combien de fois n'a-t-on pas entendu de rumeurs de finances fragiles qui se sont soldé, en un clin d'œil,  par une dégringolade boursière vertigineuse dans les heures qui ont suivit ? 

La désinformation est une arme efficace, dévastatrice même, inodore et incolore, peu coûteuse et d'une rapidité implacable. Elle vise à faire perdre sa réputation sur l'autel de la sacro-sainte sécurité du consommateur, des droits de l'homme ou de la protection de la Nature, … 

Si l'on ne peut vaincre son adversaire en offrant un meilleur produit, avec un plus beau sourire et dans un emballage plus brillant, la solution (facile, diront certains) ne serait-elle pas, comme lorsque nous étions petits dans la cour de récréation, de tenter le coup du bon vieux crocs-en-jambe ? 

Quel plus bel exemple que celui de la rubrique du courrier des lecteurs ou des groupes de discussion (newsgroups) ?  

Subtilement, un ou une lectrice anonyme y pose une question, apparemment anodine, sur la qualité ou la fraîcheur d'un produit. La rumeur démarre, amplifiée par le grondement populaire. Le ver est dans la pomme. La presse écrite s'empare alors de l'affaire et le grondement s'amplifie de plus belle, qui drible à son tour et passe la balle aux groupes de pressions. 

" Il n'y a pas de fumée sans feu " entendra-t-on. Et l'entreprise victime de cette Omerta commerciale, devra user de nombreux et talentueux stratagèmes pour regagner la confiance perdue, tandis que son concurrent, caracolera en tête des ventes.

A qui profite le crime ? 

Dans le début des années '90, la firme française (encore là je choisis volontairement des compagnies hors Canada pour ne frustrer personne) de boisson gazeuse Perrier fut la cible d'une controverse. Un laboratoire américain avait décelé la présence de benzène, un gaz toxique, dans l'eau pétillante de quelques bouteilles. 

Après avoir retiré des millions de caisses de bouteilles dans le monde entier, ce qui occasionna bien sûr des pertes considérables, Perrier perdit sa crédibilité et ses clients. Déstabilisée, crucifiée, elle sombra de difficultés financières en déboire commercial pour se faire racheter, en 1991, par le Suisse Nestlé

Aujourd'hui encore, l'affaire reste un mystère, mais il se trouve qu'à cette période, Perrier était alors au centre d'une controverse juridique l'opposant au géant américain Pepsi-Cola.  

En conclusion, avec Internet, la cyber-désinformation a de beaux jours devant elle. Mais lorsque vous lirez désormais certaines e-calomnies commerciales, posez-vous la question clé : " A qui profite le crime ? ". Les mots ont un poids …

[1]    Éditions Labor, Belgique, 2001

Autre suggestion de lecture :

" Que nos valeurs sont universelles et que la guerre est jolie ", Yannick Bovry et Barbara Delcourt - Édition du Cerisier, Cuesmes (Mons, Belgique), 1999.
- " L'arme de la désinformation ", Remi Kauffer – Édition Grasset, 1999 – L'auteur y présente ces nouvelles armes que sont le bouche à oreille et la " rumeur numérique ".
 


VKI Technologies infuse ses connaissances en ligne, une tasse à la fois

Nouvelles tendances en management – Décembre 2002

Promise dans les années '70, maintes fois vantée dans les années '80, envisagée comme une réalité incontournable dans les années '90, plus de doute, nous avons maintenant les deux pieds dans le siècle de la société du savoir. Les petits déjeuners conférence du CEFRIO ouvraient leur saison 2002-2003 avec comme sujet les enjeux et les défis de l'apprentissage en ligne.

Au Québec, nombreuses sont les entreprises qui s'intéressent et s'informent sur l'apprentissage en ligne (eLearning ou cyberapprentissage). L'intérêt est grandissant mais seulement environ 16% des entreprises l'ont réellement expérimenté. Les raisons invoquées pour expliquer cette réticence sont nombreuses : certains attendent la certitude d'un fort retour sur investissement avant même d'y adhérer, d'autres insistent sur la non-adéquation de leurs équipements informatiques et la non-maîtrise des TIC (technologies de l'information et de communication).

Ce n'est manifestement pas le cas de cette entreprise de la rive Sud de Montréal qu'est VKI Technologies. Chef de file mondial de l'"infusion une tasse à la fois" depuis plus de 35 ans et filiale des cafés Van Houtte depuis 1997, VKI compte plus de 50 000 appareils en fonctionnement en Amérique du Nord et plus de 500 000 infuseurs vendus dans le monde entier. 

Les principaux obstacles devant lesquels l'entreprise devait faire face étaient la distance : un total de 100 succursales disséminées sur un très vaste territoire, avec un manque d'uniformité dans les réparations pouvant causer l'insatisfaction de la clientèle. L'entreprise a donc décidé de créer un programme complet de formation et d'accréditation. Le nouveau projet, intitulé IMR pour Installation Maintenance et Réparation, avait pour but premier de former, à distance, les techniciens de service et les chauffeurs-livreurs, habilités à la maintenance préventive. Initialement, ce projet devait cibler environ 650 personnes.

Buts et exigences

Chaque employé possède ses propres compétences, ses propres expériences qui nourrissent son "capital emploi". Il se doit de le gérer tout au long de sa carrière. En général, les buts de la formation, qu'elle soit traditionnelle ou en ligne, sont simples. La compétitivité en est peut-être le premier, mais c'est sans compter le besoin qu'éprouvent les employés de se retrouver face à un modèle identitaire privilégié par l'entreprise. En plus de véhiculer le savoir, la formation donne aux employés un sentiment d'épanouissement au sein de l'entreprise ou de l'équipe où ils travaillent, une reconnaissance et une considération.

Il était donc essentiel que le programme de formation aboutisse à une certaine forme de reconnaissance formelle des compétences des participants par l'entremise d'une accréditation. "Il fallait susciter un sentiment de fierté chez le personnel au moyen de la reconnaissance", affirme Ron Glive, responsable de la formation, "et créer un mécanisme de récupération de l'information technique".

Les buts de l'entreprise, eux, sont différents. On mentionnera la rationalisation des coûts, le besoin de polyvalence des employés, la qualité totale, la fluidité des informations, la décentralisation, … Le travail collaboratif au sein d'une entreprise éclatée géographiquement est un sujet à la mode, il implique la mise en réseau de spécialistes qui parlent le même langage.

VKI technologies voyait également l'uniformisation du réseau, la réduction du temps d'arrêt des machines, l'accroissement de l'efficacité des techniciens, le suivi du rendement et en bout de ligne, l'accroissement de la satisfaction des clients. Cette formation devait être accessible de jour comme de nuit, 7 jours sur 7, depuis le lieu de travail comme depuis le domicile des techniciens, sans bien sûr que la sécurité  ne soit compromise. Elle devait fonctionner sur une connexion Internet à bas débit et devait s'afficher correctement à une résolution minimale de 800 x 600 sur un écran d'ordinateur.

La question qui se pose alors est la suivante : faut-il confier cette tâche à une firme extérieure ? La médaille a toujours deux faces ! Une entreprise qui connaît mal le sujet sera tentée de faire appel à une firme externe pour développer son produit en ligne. Mais le partenaire externe ne tient pas toujours compte de l'esprit de l'entreprise, il ne connaît pas toujours les besoins cachés et oublie d'impliquer tous les services de l'entreprise dans la réalisation du projet.

Choisir une bonne plate-forme d'apprentissage en ligne n'est guère facile. Face aux 212 solutions disponibles sur le marché à ce jour, trouver celle qui correspond le mieux à nos besoins n'est pas chose facile.

VKI Technologies a cependant décidé de faire appel à Big Knowledge, une entreprise de conception de plate-forme d'apprentissage en ligne, pour la création de son programme.

"Ensemble, après de nombreuses rencontres, après avoir sélectionné au sein de VKI, des "experts techniques" et un porteur de dossier qui y croit (c'est primordial), après avoir examiné en profondeur les pratiques en cours dans la plus grande partie de notre réseau de services, nous avons enfin déterminé les meilleurs outils et méthodes à utiliser.", précise Ron Glive

Les facteurs clés du succès d'un tel projet sont également nombreux. La condition sine qua non est sans conteste l'implication du management. Un plan de communication efficace doit précéder toute mise en œuvre, afin de s'assurer de l'ouverture au changement et de vaincre les résistances inévitables.

Se lancer dans le nouveau monde du eLearning n'est pas uniquement une question de technologie. C'est sûr qu'il faut se doter d'une infrastructure technologique et s'assurer d'un niveau de confort avec les TIC, mais il faut également faire l'analyse des besoins, déterminer les objectifs, s'informer sur les profils d'apprenants et la pédagogie adulte, élaborer et produire le contenu, …

Enfin, après tout cela vient le temps de rencontrer des concepteurs pédagogiques. Pendant plusieurs mois, VKI a recueilli du contenu qui a ensuite été intégré. Le contenu a été testé dans plusieurs succursales. Même opération pour le design. Comme la première expérience SE DOIT d'être un succès, qui va servir de preuve et de modèle pour les autres, VKI a également conçu un programme de lancement, qui comprenait une démonstration sur CD-Rom, du matériel de promotion divers (annonce mystère) ainsi que des bulletins réguliers par courriel.

Bref, au total, 12 mois ont été nécessaire pour clore le projet. C'est un travail de longue haleine qui demande préparation et pro-activité. Le retour sur investissement n'est pas immédiat et en proportion directe. Dans ce cas ci, VKI Technologies a déjà réalisé quelques sondages qualité et constate avec fierté une amélioration visible de la stabilité de ses employés et une diminution notoire de la perte de clients.

Et le travail ne s'arrête pas là, il faut maintenant déjà songer aux mises à jour !


Les agents intelligents rendent de multiples services

Les Affaires - samedi 25 mai 2002, p. 52

Depuis quelque temps, on parle d'agents intelligents. Mais qui sont ces agents et pourquoi sont-ils si intelligents ?

Pour rechercher, surveiller, diffuser, administrer, assister, acheter et anticiper, pour créer ou pour jouer, les agents intelligents sont une large famille d'applications logicielles qui permettent d'automatiser un certain nombre de tâches. Autonomes, ils oeuvrent sans intervention humaine directe ou autre. Ils ont un certain contrôle sur leurs actions et leur état interne.

En fait, les agents intelligents existent depuis 25 ans. Les meilleurs exemples sont le dictionnaire orthographique de votre traitement de texte ou les macros Excel ou Lotus.

La québécoise Copernic

Le meilleur exemple québécois des agents intelligents est donné par Copernic, un chef de file dans les solutions de gestion de l'information, dont la priorité consiste à trouver des façons de réduire le temps consacré à accomplir des tâches complexes et répétitives en offrant des solutions de recherche (Copernic), de résumé (Copernic Summarizer) et d'achat (Copernic Shopper), de gestion de l'information (Copernic Empower).

À l'heure où l'on s'interroge sur l'efficacité et la couverture des moteurs de recherche et des annuaires ou répertoires qui n'indexent qu'un faible pourcentage des informations disponibles, les agents intelligents offrent des solutions de recherche très intéressantes.

Qu'ils fassent office de moteur de moteurs (métamoteurs) en interrogeant simultanément plusieurs outils de recherche ou qu'ils soient spécialisés dans la recherche d'une thématique ou d'un format de documents donnés, ces agents intelligents permettent de rendre la recherche d'informations beaucoup plus efficace et les résultats plus pertinents.

La plupart des agents intelligents documentaires permettent d'éditer des documents, de les trier, de les sauvegarder, de modifier les listes de résultats, de les déplacer, de les rejeter. Certains vont même jusqu'à faire des résumés de textes, élaborer des tables des matières, établir des listes de mots-clés et de concepts. D'autres ont pour fonction de qualifier les différents résultats d'une recherche (très intéressant, intéressant, à rejeter, superficiel).

Dans le domaine de la surveillance de marché (veille stratégique), la plupart des logiciels créés à cettte fin proposent des fonctions de recherche automatique. Les recherches peuvent se faire chaque jour, chaque semaine, chaque mois, voire aux heures voulues par l'utilisateur. Certains outils de monitorage de pages Web (comme C4U et Digimind Monitor) avertiront l'utilisateur lorsque intervient la moindre modification sur celles-ci.

Pour anticiper

Plus complexes, des logiciels de veille comme DigOut et AnswerChase contiennent des modules d'analyse sémantique. AnswerChase, par exemple, ne sélectionne et ne rapatrie que les paragraphes qui lui semblent répondre de façon pertinente à la question posée.

D'autres permettent de traiter l'information de manière à faciliter son utilisation soit en la condensant, soit en la représentant sous forme de graphiques, de schémas, d'arbres de décision, etc.

Un produit comme SemioMap se base sur les principes de la sémiotique pour tracer une carte graphique des thèmes les plus significatifs à partir d'une simple requête de l'utilisateur. Une telle cartographie, dite intuitive, de l'information offre la possibilité aux entreprises de surveiller leur environnement concurrentiel et ainsi détecter les tendances, opportunités ou pertes de contrôle.

Pour acheter

Il existe également des agents intelligents dédiés au commerce électronique (Copernic Shopper, Bargain Finder, mySimon). Calqués sur les applications logicielles de recherche classique d'informations, ils aident les consommateurs à choisir le meilleur produit à acheter, en parcourant des centaines de catalogues de produits.

 


 

La circulation des informations au sein de l’entreprise :
       omment faire pour la stimuler avantageusement ?

Nouvelles tendances en management - avril 2002

Combien de fois n’avez-vous pas passé une, voire plusieurs heures, à chercher un document ou une étude, pour vous apercevoir qu’une autre personne, dans un service voisin au vôtre, à déjà fait la même démarche. Et qu’en est-il lorsque l’entreprise à dû payer deux fois pour obtenir la même information ?

C’est là qu’intervient le partage de l’information. Seulement voilà, pourquoi partageriez-vous vos informations stratégiques, sans obtenir, en échange, la moindre compensation ? sans aucun retour immédiat ? Bref, vous voulez du donnant-donnant ! 

Le partage d’informations au sein de l’entreprise n’est pas une activité spontanée. Les remontées d’informations (terrains ou autres) sont très difficiles. Elles demandent une présence et des sollicitations constantes.

Mettre en place une structure dynamique de circulation des informations, dans le cadre par exemple de processus de veille stratégique, n’est pas chose facile. Les activités de veille reposent sur le partage des informations. De plus, l’on constate que généralement, 80% des informations nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise, sont déjà disponibles à l’interne.

Hors depuis toujours, les employés sont réticents à partager leurs informations car celles-ci sont source de pouvoir.

Partager l’information est difficile à appliquer. Donner de l’information sans rien obtenir en retour, de façon concrète, est souvent considérer comme une perte de pouvoir. Peu d’employés conçoivent que le partage des informations - « je donne et je reçois » - peut être perçu comme un accroissement de productivité. 

Implication à deux niveaux

Plusieurs études sur le sujet démontrent que les entreprises (petites ou grosses) qui tirent le mieux leur épingle du jeu dans le domaine de la veille stratégique, sont des entreprises ou la haute direction est fortement impliquée, voire l’instigatrice, de la démarche d’intelligence économique, que ce soit :

* en matière de gestion des ressources humaines :

  • par l’engagement d’une ou de plusieurs personnes dédiées à temps plein et formées à la réalité de la veille en entreprise. 

Il n’est pas nécessaire que tous les intervenants de la veille soient des professionnels du domaine. La force du réseau étant le « fameux » partage et la rapidité de circulation des informations, la plupart des intervenants peuvent exercer une activité principale autre et n’y consacre que quelques heures par semaine.

  • par l’octroi de formations de sensibilisation ou des formations techniques (formations aux techniques de recherche documentaire, par exemple);

On pourrait envisager une formation appliquée à chaque nouvelle recrue et ce dans les deux premiers mois suivant son embauche, par exemple. Cette sensibilisation pourrait très bien se faire, de manière formelle, durant un stage de formation aux produits/services de l’entreprise.

  • par une meilleure connaissance de l’organigramme de l’entreprise dans son entièreté (bien souvent, les personnes qui disposent d’une information clé ne savent pas à qui la transmettre);

  • par la mise en place de réunions de partage d’informations (de type brainstorming);

  • par la rencontre des employés, leur sensibilisation, afin de faire remonter leurs propres attentes et leurs propres besoins personnels (dans un but d’échange).

* en matière de ressources informatiques :

  • par la mise en place d’outils informatiques de collectes d’informations;

  • par la mise en place d’un intranet spécifique (intranet qui est avant tout un outil de capitalisation des informations);

L’intranet sert ici de vecteur d’échange dans l’entreprise et ses filiales, pour assurer une dynamique de gestion des connaissances;

Si un intranet constitue une trop grosse dépense et c’est souvent le cas des petites entreprises, l’information peut remonter par différents canaux, plus simples, comme une boîte aux lettres (physique ou virtuelle), une base de données dédiées, …

Entretenir la motivation

Comment entretenir la motivation au sein de l’entreprise ? Comment distinguer les donneurs d’informations ?

Chaque employé qui décide de participer à la collecte et à la diffusion d’informations stratégiques et/ou concurrentielles, pourrait se voir récompensé.

Il existe différentes formes de gratifications, sous forme  :

  • d’une lettre de remerciements ou de félicitations : que ce soit sous forme individuelle ou sous forme de communiqué officiel interne (de type « employé du mois », etc.);

  • sous forme de gratification lors de l’entretien individuel de performance avec la DRH : sortes de petites rémunérations exemplaires (bons d’achats, chèques cadeaux, …).

Mais attention, il faut éviter les débordements possibles. Il faut éviter d’encourager la création ou la remontée de fausses informations. La récolte doit rester éthique : évitons de tomber dans l’espionnite aiguë !

La remontée d’informations ne doit être soumise à aucune obligation. La seule motivation majeure reste de faire comprendre à tous les intervenants que le partage profite à toute l’entreprise et donc à tout le monde.

Comment mesurer cette pratique ? On pourrait songer à appliquer, simplement, une grille de notation des informations et une matrice de valeur ajoutée associée.

 Les démarches de contributions participatives des employés à la remontée d’informations stratégiques restent néanmoins une gageure. Elles impliquent immanquablement une prise de conscience de la part de tous les intervenants, une décentralisation des pouvoirs et un décloisonnement des services.

 


Opération « un employé, un ordinateur » :
            de quoi faire plaisir à tout le monde !

L'INFO-Québec - Mars 2002, Vol. 26, No 6 

En février 2000, le constructeur automobile Ford Motor Company annonçait un nouveau pas vers son objectif d’être une entreprise à la fine pointe de la technologie, en offrant à tous ses employés, dans l’ensemble du monde, la possibilité d’avoir à domicile un ordinateur personnel, une imprimante et une connexion Internet, moyennant une redevance mensuelle minime.  Presque au même moment, Delta Air Lines offrait des ordinateurs à domicile, des logiciels et une connexion Internet à un coût minime à tous ses employés.

Cette opération semble faire des émules un peu partout dans le monde. En juin 2001, au Royaume-Uni, la compagnie Powergen lançait le programme Clicks@Home en offrant un ordinateur domestique et une connexion Internet à tous ses salariés britanniques (ils sont plus de 5 000) et à leur famille. L’entreprise organise également des « journées numériques » au cours desquelles tous les photocopieurs, et imprimantes, sont mis hors tension.
 

Cette opération de charme a bien sûr des implications directes sur la façon de travailler des salariés : tous les rapports autrefois rédigés sur papier seront désormais uniquement disponibles sur support électronique et le personnel devra établir ses notes de frais électroniquement et commander ses fournitures sur le Web. Une première étape dans une stratégie d’affaires électroniques plus large qui bouleverse bien des aspects de l’organisation professionnelle.
 
Phénomène de mode ou passage obligé? Initiative désintéressée ?

 

Mais à qui cette action fait-elle le plus plaisir ?
 
L’entreprise économise en avantages sociaux et fiscaux, en formation interne, puisque l’employé va obligatoirement « s’autoformer » (pour cela, il reçoit en prime toute une panoplie de logiciels) et donc devenir plus efficient dans son travail. L’entreprise achète les PC et les logiciels en grande quantité, ce qui lui procure des remises qu’elle n’aurait pas obtenues au coup par coup. Elle augmente ainsi sensiblement la qualification, la capacité d’adaptabilité et l’autonomie de son personnel. En plus d’améliorer la satisfaction et la loyauté des employés, dans de nombreux cas cette opération renforce aussi son potentiel de séduction, voire de distinction par rapport à d’autres employeurs.
 
L’employé gagne un outil dont il n’aurait pas forcément fait l’investissement à titre personnel. Il découvrira le traitement de texte, l’utilisation d’un tableur, l’accès à Internet (lieu privilégié s’il en est pour acquérir de l’information), le tri, le stockage et la conservation des données qui l’intéresse, etc.

 

Côté chiffres, en 1999, selon Statistique Canada, seulement 29% des ménages canadiens ont utilisés Internet depuis leur domicile.
 
Les types de sites, consultés à des fins professionnelles, correspondaient à des sites d’actualités (41,5 %), gouvernementaux (35,3 %), bancaires ou financiers (25,2 %), d’associations professionnelles (23,5 %) et, enfin, les sites de leurs concurrents (5,8 %). Mais à la question « Prévoyez-vous acheter un ordinateur au cours de la prochaine année ? », 77,9 % ont répondu que non et 5,2 % ne savaient pas ! Enfin, c’est toute la famille qui en bénéficie et en premier lieu les enfants. Lorsque ceux-ci auront un travail personnel ou scolaire à faire, ils disposeront d’outils informatiques efficaces et d’une immense base de données sans même avoir à se déplacer.
 
Évoquons brièvement aussi les avantages incontestables du télétravail qui permet aux employés de travailler à partir de chez eux, de leur bureau « virtuel » à la maison. Fini les problèmes de gardiennage pour les enfants qui tombent malades. La souplesse des horaires de travail, associée au gain de temps en déplacements, font que le télétravailleur n’a plus à se soucier ni de la circulation, ni des tempêtes de neige. Les employés travaillent dans un environnement plus confortable et moins stressant, ce qui entraîne un accroissement de la productivité et diminue de manière probante, le taux d’absentéisme.
 
L’avenir est à la collaboration
 
Et si, en plus, comble du bonheur, l’entreprise développe un intranet et relie ses employés en réseau, c’est le nirvana ! 
 
Lorsqu’il se connecte à l’intranet, l’employé dispose d’une page d’accueil profilée selon ses besoins et sur laquelle figurent toutes les informations institutionnelles de l’entreprise (revue de presse, messages de la direction, applications socioprofessionnelles, conventions collectives, etc.).
 
En utilisant des architectures Internet, les entreprises développent des solutions d’économisation et de planification (gestion), couplées aux capacités de travail collaboratif. Le but de ces nouveaux outils de travail de collaboration est de permettre la communication et le partage au sein d’un groupe de travail (idéal afin d’éviter l’éventuelle nécessité de déplacements physiques pour travailler ensemble). En utilisant ainsi l’entrée d’informations en temps réel, les entreprises gagnent sans conteste en flexibilité, en visibilité, en productivité… mais surtout en temps et en argent.
 
Offrir de l’équipement informatique à titre privé à un employé salarié est donc, pour l’entreprise, une solution qui rend service à tout le monde!

 


Du vent dans les voiles ...
         Étape 3 de la création d'un site Web : Publicité et promotion

Leadership Montréal (CCMM) - Décembre 2001-Janvier 2002

Vous avez maintenant un site Web qui roule, vos amis et clients en connaissent l’adresse et les modalités. Il ne vous reste plus qu’à en avertir la terre entière. Ainsi, vous pourrez vous faire connaître, faire aimer votre produit/service à vos clients et fidéliser votre clientèle.

En étape préliminaire, vous devez d’abord définir les points suivants:

  1. Votre contexte commercial: quelle est la situation du marché, vos performances et celles de vos principaux concurrents, si vous en avez (d’où l’importance de la veille stratégique);
  2. Vos clientèles cibles: les enfants (solutions éducatives, etc.), les personnes qui partent en vacances, les personnes âgées, les femmes, etc.;
  3. Mode publicitaire: des bandeaux, du parrainage, des échanges de liens et d’hyperliens, etc.;
  4. Enveloppe budgétaire: quel budget pensez-vous allouer pour ce projet?

Il existe de nombreuses façons de faire la promotion de vos services en ligne, dont voici quelques exemples non exhaustifs:

La technique du « bouche à oreille »

Le « marketing viral » est un concept récent du marketing Internet (1997). Également appelé « marketing de bouche à oreille » ou « d’auto-propagation », le marketing viral décrit la façon dont les entreprises Web prennent de l’expansion sur la simple recommandation des clients. Le but du jeu consiste à ce qu’un client parle d’un service à des parents, proches, amis ou connaissances et le recommande, explicitement ou implicitement. Ces derniers en font l’essai et en parlent à d’autres, de sorte que le service se propage suivant une courbe exponentielle … sorte de boule de neige virtuelle.

Pas question d’investir des sommes folles, le marketing viral consiste plutôt à attirer l’attention du consommateur et à en faire un agent de vente, sans qu’il n’en coûte rien ou presque. Un peu lent néanmoins!

Avec une petite récompense?

La personne qui va recommander le site sera éventuellement récompensée lors d'un tirage au sort ou en fonction du nombre de visiteurs amené par ses recommandations. La récompense peut se faire sous forme de bons de réductions, de bons d'achats ou de points de fidélité, voire même sous forme pécuniaire. Le mode le plus poussé de la recommandation est la mise en place d'un système pyramidal où la personne qui parraine sera intéressée à plusieurs niveaux de recrutement et en fonction des actions (p. ex. abonnement, jeux) entreprises par les visiteurs dont il a encouragé la visite.

Par contre, attention, cette dernière pratique est plutôt contestée, donc risquée, car elle peut provoquer des pratiques non contrôlées et excessives de la part des « chasseurs de primes » qui vont par exemple recourir à l’envoi massif de courriers électroniques non désirés (pourriel ou « spam » ). Pour contrer tous débordements, les créateurs d'un tel programme auraient alors tout intérêt de mettre en place des systèmes de limitation du nombre de recommandations possibles.

Des cartes postales virtuelles

Certains sites proposent à leurs visiteurs d'envoyer des messages à leurs proches ou connaissances sous forme de cartes postales virtuelles (à visualiser sur le site de l’entreprise) ou de messages originaux pré-formatés. Il ne s'agit pas réellement d'un phénomène de bouche à oreille, car ce type de message n'est pas une recommandation portant sur le contenu du site, mais celui-ci peut générer du trafic supplémentaire si le message est original.

Les bannières publicitaires

Les bandeaux publicitaires sont souvent utilisés pour générer du trafic sur le site. Il y en a de différentes formes, plus ou moins interactifs, plus ou moins explicites. Le but recherché est de faire cliquer les internautes qui seront intrigués par le message qu’il véhicule. Ceux-ci atterriront directement sur votre site d'un simple clic. Il en existe de différentes sortes : classés selon leurs technologies (DHTML, gif, Flash, sonore, vidéo, etc.) et selon leurs formes (p. ex. classique, sous forme de bouton, en « gratte-ciel »).

Les échanges de liens et d’hyperliens

Les échanges de liens hypertextes, payants ou gratuits, tout dépendamment des accords que vous passerez avec le site partenaire, génère aussi du trafic vers votre site. Il dépendra principalement de l'activité de votre partenaire. Ces échanges sont plus spécialement orientés vers le commerce interentreprises (B2B).

Utiliser des événements Internet à des fins promotionnelles

Il est possible d’offrir en ligne des activités promotionnelles complémentaires et même d’en remplacer certaines, plus traditionnelles. Compte tenu des coûts reliés à ces activités, certaines entreprises créent ou participent à ces événements via Internet. Plusieurs sites offrent maintenant des services aux entreprises désireuses d’effectuer des diffusions via Internet. Mais attention à la largeur de bande!

Plusieurs événements promotionnels peuvent s’y prêter, notamment : des foires commerciales en ligne; des séminaires ou présentation en ligne ; des diffusions en ligne (p. ex. conférences de presse); des rencontres en ligne (p. ex. assemblées annuelles).

Ces événements, comparativement aux événements traditionnels, ont l’avantage d’être moins coûteux et permettent aussi de réduire l’ampleur de la logistique (avions, hôtels, etc.).

Pour conclure, du côté publicité « flyée » maintenant …

Le « watermarking »

Jusqu'ici, le consommateur devait mémoriser l'adresse URL indiquée dans une publicité traditionnelle (sur magazine) pour la retranscrire une fois posté devant son navigateur. Aujourd'hui, plus besoin de retaper l'URL… il suffit de placer la page du magazine dans laquelle se trouve la publicité devant une webcam, qui reconnaît l'URL et ouvre directement le site.

Le principe est celui de Digimarc, un leader du « watermarking ». Cette technique, aussi appelée « tatouage » ou « marquage », consiste à marquer, en filigrane et de façon invisible, des documents (textes, images, vidéos ou même des sons) pour leur attribuer un identifiant unique, y attacher une notice concernant les droits d'auteurs, etc.

 


Attentats terroristes et risques extrêmes :
            De la nécessité d'un plan de gestion de crise

L'INFO-Québec - Novembre 2001

Le 11 septembre 2001, une série d’attaques terroristes ont détruit les 2 tours du World Trade Center à New York et endommagé le Pentagone à Washington D.C..Ces attaques ont entraîné de sérieux dommages au sein de nombreuses entreprises, tant au niveau des opérations qu’au niveau des communications.

À ce sujet, la firme de conseil Gartner Group1 estime que deux entreprises sur cinq qui subissent de tels désastres risquent de faire faillite dans les cinq ans. Les entreprises qui ne disposent pas de plans de contingence et de continuité, correctement documenté et régulièrement mis à jour, risquent de voir leurs activités dramatiquement entravées.
Combien de temps vont mettre les entreprises à se remettre de la catastrophe du WTC? En dehors des pertes humaines et matérielles, quelles sont les étapes cruciales dans le processus de récupération des données de l’entreprise ?

 

Aux oubliettes le temps où les entreprises calculaient uniquement leurs risques issus des incertitudes du marché… Le risque d'entreprise comprend maintenant toute sorte de problèmes, allant des simples défaillances matérielles au vol ou au sabotage délibéré, en passant par les catastrophes naturelles. L’arrivée des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) apportent une nouvelle part de risque : défaillances informatiques, virus, piratages, etc., faisant en sorte que les entreprises, durant toute la période d'immobilisation, risquent de subir des pertes importantes dont le montant varie en fonction de leur taille, de la nature des défaillances.

 

Prévenir, c’est guérir …

Afin de se prémunir de tels désastres, les chefs d’entreprises, qu’elles soient petites ou grosses, doivent commencer à se préparer à de telles éventualités et intégrer une nouvelle vision de la maîtrise des risques. La gestion des risques doit devenir une véritable culture d’entreprise, impliquant la mobilisation de tout un chacun. Les entreprises doivent mettre en place un plan de gestion de crise qui identifie tous les risques potentiels (économiques, technologiques, environnementaux, sociaux, etc.) et en mesurer financièrement tous les impacts.  

Elles doivent mettre en place des processus de suivi de risques intégrés à la gestion des opérations. Ces processus se déclinent en plusieurs phases : détecter, prévenir et préparer une crise éventuelle, limiter les dégâts afin de reprendre le cours normal des activités dans les meilleurs délais, tirer profit de la crise en capitalisant sur les expériences vécues pour mieux anticiper les crises au quotidien et, enfin, gérer les crises inévitables lorsqu'elles se déclarent. Elles se doteront d’une architecture de gestion globale des risques, d’une politique et d’un langage commun, d’une structure de responsabilités et de ressources dédiées, de processus, de méthodes et d’outils.  

Elles mettront en place un plan de communication, interne et externe, afin de pouvoir rapidement aviser employés, clients, fournisseurs et partenaires d’affaires de la situation critique en cours et les rassurer sur leur capacité à surmonter la crise. Elles doivent prévoir la mise à disposition rapide de nouveaux matériels (matériels de bureaux, informatiques, etc.), la relocalisation dans de nouveaux locaux, des solutions alternatives d’hébergements informatiques et de sauvegardes de données, ainsi que contracter des polices d'assurances, selon le cas. Et qui sait, les moyens mis en œuvre par l’entreprise dans sa gestion de crise pourraient bien être désormais reconnus comme un des éléments-clefs de sa performance opérationnelle, au même titre que sa réputation, son image de marque et sa stabilité financière. Ce qui s’avèrerait être un avantage concurrentiel de taille.  

Après une crise majeure, le télétravail

Suite aux attentats de Washington et de New York, le milieu des affaires a été secondairement affecté par de nombreux travailleurs qui ne voulaient plus travailler près des immeubles touchés ou dans de grands bâtiments. Beaucoup ont souhaité, et souhaitent encore, travailler depuis la maison et près de leurs proches. Lors de perturbations majeures ou extrêmes sur le lieu de travail, faire appel au télétravail peut être une bonne solution pour favoriser la poursuite des activités. Intégrez donc le télétravail à votre plan d'urgence en préparant une « trousse de télétravail ». Celle-ci idéalement contiendra les lignes directrices de base du télétravail, les listes de numéros de téléphone importants, les adresses électroniques, les mots de passe et les procédures pour demeurer en communication et sauvegarder les données essentielles.
 

Autre réponse tactique, l’externalisation

 

La stratégie d'externalisation, aussi appelée impartition, est un processus qui consiste à transférer chez des sous-traitants, des activités préalablement exercées par l'entreprise (ressources humaines, comptabilité, finance, mais aussi informatique et télécommunications). Si cette pratique trouve habituellement sa légitimité dans la réduction des coûts qui l'accompagne et dans la nécessité de recentrer ses efforts sur les véritables métiers de l’entreprise (« core business »), en cas de crise majeure, elle peut aussi représenter une sécurité supplémentaire. L’externalisation des services informatiques et technologiques vers l’international devient pratique courante. Depuis quelque temps, certaines grandes entreprises se tournent vers l’Inde et la Roumanie, qui disposent de plusieurs milliers d’ingénieurs en informatique hautement qualifiés, pour le développement de leurs applications.

Les plus grands acteurs américains du monde informatique (IBM, AT&T, Microsoft, Novell, Texas Instruments, Hewlett Packard, Digital, CGI au Canada, entre autres) ont implanté des centres de développement en Inde afin de maintenir et de confirmer leurs avantages concurrentiels. Faisant ainsi d’une pierre deux coups, ils profitent de la main-d’œuvre indienne, bon marché et spécialisée en haute technologie et, dans le cas présent, protègent leurs activités contre les attaques terroristes, dont sont victimes les États-Unis en ce moment.

Selon Giga2, cette forme d’externalisation va aller grandissante. Leurs analystes recommandent cependant à ces entreprises de largement documenter leurs systèmes de telle manière que la relève soit opérationnelle le plus rapidement possible. La documentation devrait être disponible en ligne comme en format traditionnel, de manière à en faciliter l’accès.

 

1. « Disaster recovery plans & Systems are Essential » - Gartner, September 12, 2001 (FT-14-5021)
2. « Outsourcing to India: Still a Viable Option after Terrorist Attack » - Giga – September 21, 2001
 

 

Profil d'un "Cyber-Exportateur"

Leadership Montréal (CCMM) - Avril 2001

Selon Statistique Canada et Industrie Canada, nous vivons dans un pays de PME. Mais moins de 10 % de toutes les PME poursuivent des activités à l'exportation… et encore moins se servent du réseau des réseaux à cette fin.

L'exportation représente cependant bien des avantages. En général, elle permet à l'entreprise exportatrice d'accroître son chiffre d'affaires, de mieux utiliser ses installations de production, d'abaisser son coût unitaire grâce à une augmentation de la production (économies d'échelle), de diversifier ses marchés et, par ricochet, de cibler les marchés prospères quand l'économie d'un pays client accuse un ralentissement, ou encore d'allonger la durée de vie d'un produit du fait qu'il peut être diffusé sur un plus grand nombre de marchés.

Le "cyber-exportateur", à la différence de l'exportateur traditionnel, utilise Internet et toutes ses possibilités pour développer son réseau d'affaires à l'étranger et pour stimuler et accélérer la croissance de ses activités internationales. Il utilise Internet comme outil de communication, d'information et de gestion… et comme outil de commerce.

En plus des nouvelles opportunités pour son entreprise, Internet devient aussi un nouveau canal de communication et de marketing, qui favorise les contacts directs et rapides, en temps réel, pour un coût bien inférieur au courrier traditionnel et à la télécopie.

Profil du cyber-exportateur

Le "cyber-exportateur" est un professionnel chevronné qui utilise Internet pour gérer et planifier son commerce international. L'exportateur virtuel :

  • navigue sur Internet et utilise les moteurs de recherche pour faire ses études de marché, ce qui simplifie sa recherche d'information sur les pays et les marchés;
  • consulte de nombreux sites Web, de type gouvernemental ou statistique, ainsi que ceux d'organismes économiques étrangers qui donnent de l'information pertinente et sectorielle;
  • sait tirer parti des données sur le cyber-commerce et les statistiques Internet du pays où il désire exporter;
  • utilise les outils Internet propres à l'exportation, de type "services de dédouanement virtuel" pour simplifier le processus administratif lié au commerce international;
  • participe aux forums de discussion, afin de rechercher de nouveaux partenaires d'affaires;
  • connaît la présence sur le Web de communautés d'experts (en cas de problème ou pour se renseigner dans un domaine qu'il ne maîtrise pas bien, p.ex. Agriversal.com);
  • emploie les techniques de promotion et de marketing (échange de bannières, marketing viral (1), mise en marché virtuelle …);
  • met en pratique les méthodes de mise en marché de type "enchères" et "enchères inversées (2)";
  • utilise les outils de référence pour faire connaître son site dans les différents annuaires, répertoires, portails verticaux et engins de recherche.

Exporter via le Web, j'y gagne ...

Simple à utiliser, universel et réactif, que ce soit dans les relations interentreprises (B2B) ou d'entreprises à consommateurs (B2C), Internet offre au "cyber-exportateur" de nombreux atouts pour :

  • maximiser ses relations et ses échanges avec ses fournisseurs et ses partenaires;
  • optimiser ses achats (p. ex. portails sectoriels, appels d'offres, groupement d'achats). Internet permet d'élargir ses choix et peut même faire baisser les prix;
  • mieux servir ses clients (le point de vente virtuel est ouvert 24 h par jour, 7 jours par semaine).

Le client peut accéder au catalogue, commander, suivre ses livraisons. Il gagne du temps, l'exportateur virtuel aussi !

Internet se révèle une aide incomparable pour conquérir de nouveaux clients, grâce à la publicité en ligne : bandeaux sur les portails, références sur les sites de vos partenaires. À condition que le marché soit bien identifié, c'est un outil de promotion à l'étranger très efficace. C'est aussi un outil hors-pair pour fidéliser ses clients, soit par le biais d'information recueillie dans la base de données qui permet d'offrir un service personnalisé.

Mais attention de ne pas brûler les étapes. On ne s'improvise pas "cyber-exportateur" du jour au lendemain, sous prétexte qu'une entreprise du Chili veut vous acheter quinze exemplaires de votre produit !

(1). Le marketing viral consiste à tirer avantage des comportements et ressources d'une communauté pour promouvoir l'image d'une entreprise ou de ses produits. Pour réussir une stratégie de marketing viral, il faut anticiper les réactions, les motivations de la population visée. Plus ces motivations sont communes à l'ensemble des personnes ciblées, plus forte sera la dynamique et les chances de succès.

(2). Dans ce cas, c'est le client qui affiche ce qu'il veut acheter et le prix qu'il est prêt à payer : il l'obtient en fonction des propositions que le marchand arrive à obtenir de ses fournisseurs.

 


 

Matière à réflexion : Faire de la veille à peu de frais

PME - Vol: 16 No: 2 - février 2000 p.42  

Quand on vous parle de "veille" ou d'"intelligence compétitive", êtes-vous de ceux qui imaginent tout de suite un James Bond à gadgets? La réalité est plus simple et plus utile.

Certains les dépeignent comme des "cyber-détectives" (La Presse, rubrique "CyberEmploi", 15 mai 1999), d'autres, comme des gestionnaires Colombo (Les Affaires, 17 avril 1999). Disons plutôt que les "veilleurs" (ou documentalistes des temps modernes) sont les nouveaux acteurs de l'économie du savoir.

Selon Michel Cartier, professeur en communication à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), "la veille est un moyen d'amener les décideurs à changer leur façon de voir les choses, un lieu d'observation stable pour son milieu, une mémoire corporative virtuelle et une aide à la prise de décisions".

Plus simplement, la veille technologique ou concurrentielle, c'est "l'activité qui consiste à nous tenir informés des innovations dans le secteur qui nous concerne ".

"Depuis longtemps, avoue-t-il, nous avons été habitués à travailler seuls et à conserver jalousement les informations trouvées. Aujourd'hui, il faut penser en groupe, penser en fonction de la mondialisation et de la multidisciplinarité, et apprendre à gérer la mémoire (le savoir) de l'organisation. La veille exige une nouvelle culture."

La tâche quotidienne de ces "veilleurs" consiste à surveiller, analyser et diffuser, pour leurs clients ou leurs employeurs, tout ce qui se passe dans l'environnement économique, technologique et concurrentiel des entreprises.

Le changement fait maintenant partie intégrante du quotidien de ces dernières. Pour survivre dans cet environnement en perpétuelle mouvance, "cette jungle" diront certains, les décideurs d'entreprise se doivent - outre de parfaitement connaître leur secteur d'activité - d'anticiper les décisions de la concurrence, de prévoir les tendances du marché, tous ces mouvements qui pourraient un jour nuire à leur existence même.

Sur le plan international, les entreprises japonaises, suédoises et allemandes sont passées maîtres en la matière.

Mais qu'en est-il au Québec?

Au Québec, les entreprises de moins de 100 employés représentent environ 98% des entreprises, proportion qui demeure à peu près inchangée d'année en année.

Et s'il est de notoriété publique que les grands groupes comme Bombardier, Provigo, Bell, etc., possèdent tous un tel service d'intelligence compétitive, cet investissement semble quasi utopique dans le monde des PME ou TPE (très petites entreprises, moins de 10 personnes).

Or, l'intérêt de la démarche n'en demeure pas moins important. Plus réceptive aux changements, l'entreprise sera plus dynamique et résistante à l'assaut des compétiteurs. Et de ce nouvel état d'esprit naîtra une culture d'entreprise apprenante.

Le gouvernement a encouragé la formation de telles structures de veille. Dans les années 1995 et 1996, le Ministère de l'Industrie et du Commerce, dans le cadre du volet IV du Fonds de partenariat sectoriel, créait 14 centres de veille concurrentielle (portant sur la chimie, la plasturgie, les textiles, etc.) visant à aider les PME québécoises dans leur développement stratégique. Financièrement, ceux-ci devaient atteindre un niveau d'autofinancement calculé sur trois ans, grâce à la création de partenariats publics (les universités, par exemple) et privés.

Deux de ces centres sont déjà fermés (Accès Domotique et Centre de veille sur les médias). Et, bien que la majorité d'entre eux n'aient pas atteint l'autofinancement souhaité, la plupart restent en activité.

Le programme d'aide se terminant le 31 mars 2000, le gouvernement et les centres de veille élaborent présentement de nouvelles avenues pour permettre au plus grand nombre d'industriels de profiter des services de surveillance d'information.

Mais beaucoup d'entreprises ne sont pas encore prêtes à payer pour obtenir de l'information stratégique. Témoin, une étude réalisée par la Chambre de commerce de Laval qui, en 1997, avait décidé d'offrir à ses membres la possibilité de faire appel à des chercheurs/recherchistes dans Internet. Après avoir pesé le pour et le contre, le projet a été "mis sur la glace pour quelques années".

Line Paquette, directrice générale adjointe, déclare qu'à cette époque, "les PME n'étaient pas prêtes à payer pour de l'information et même pire, qu'elles ne considéraient pas la veille comme un besoin!"

"Depuis lors, les choses ont légèrement évolué, dit-elle. Les PME utilisent maintenant Internet pour des fonctions de base, comme le courrier électronique, pour avoir une certaine visibilité au moyen d'un site Web et, bientôt, en faisant du commerce électronique. On sent d'ailleurs, pour ce dernier point, une volonté plus pressante que pour la veille."

Line Paquette se montre d'ailleurs plus encline à parier sur le développement du commerce électronique que sur une montée rapide de la veille concurrentielle. Elle reconnaît enfin que les PME devront revoir sérieusement leur manière de travailler et réajuster leurs stratégies d'affaires. La Chambre de commerce n'a pas encore ressorti le dossier de son tiroir où il sommeille bien tranquillement.

La veille à petit prix

Beaucoup de PME considèrent la veille comme un investissement à long terme qu'elles ne peuvent se permettre.

Cependant, il est vraisemblable que 80 % à 90 % des informations nécessaires se trouvent déjà dans l'entreprise, chaque personne accumulant quotidiennement une quantité phénoménale d'informations sans parfois s'en rendre compte et ce, au travers de conversations amicales ou professionnelles, dans le cadre d'associations ou d'affiliations, par ses lectures Mises bout à bout, un peu comme un puzzle, ces informations vous livreront le "grand secret"!

Une pratique qui ne requiert guère de moyens consiste à motiver à la veille tout un chacun au sein de l'entreprise. En invitant chaque employé à développer sa curiosité dans son domaine d'expertise, en l'encourageant à détecter et à collecter des informations pertinentes au bon développement de son savoir-faire, ainsi que de l'entreprise toute entière.

Les secrétaires surveilleront les nouveautés en matière de logiciels de traitement de texte, les techniciens s'intéresseront aux machines-outils, les spécialistes du marketing, aux nouvelles occasions, etc.

Pour Carl Ramsay, directeur du développement chez ClicNet Télécommunications Inc. à Montréal, une entreprise de conseils Internet qui emploie 25 personnes, la veille fait partie intégrante du processus de gestion de l'entreprise. "Trois personnes, à temps partagé, ont pour tâche de relever dans Internet toutes les informations nécessaires à l'entreprise, que ce soit pour des projets à l'interne ou pour nos clients. Ce qui représente au total environ 30 heures de travail par semaine." Ces employés n'ont aucune formation particulière de veilleur, ce sont des informaticiens ou des gens de marketing, mais "ils sont venus à la veille tout simplement, sans qu'on le leur demande précisément".

M. Ramsay ne peut malheureusement pas chiffrer le retour sur investissement d'une telle pratique "mais c'est beaucoup!" affirme-t-il, amusé. L'investissement est dérisoire: "Comme nous possédons déjà le matériel informatique nécessaire (PC, connexions, etc.), l'investissement ne s'applique donc qu'au personnel."

"Trop peu de dirigeants de PME sont sensibilisés à l'importance de la veille, mais, un jour ou l'autre, ils devront se connecter à l'économie du savoir sous peine de mettre leur existence en péril", précise-t-il.

Il en est de même chez VDL2, une autre entreprise de conseils Internet qui emploie 10 personnes. Interrogé sur la question, Philippe Leroux, associé, confirme que chez eux aussi la veille fait partie intégrante - et non optionnelle - de toute gestion de projet. "Nos clients: RDS, TV5, Via Rail, etc., ont tous compris l'importance de la veille comme une grande économie de temps et d'argent."

"Au Québec, reconnaît-il, on en est encore au balbutiement. Les PME accusent un retard flagrant de 5 à 10 ans par rapport aux États-Unis. Et malheureusement, à cause d'un manque évident d'information (encore là!), cette situation risque bien de mettre encore 5 à 10 ans avant de se régulariser."

Mais pour ces deux derniers exemples, Internet est à la fois le médium et le sujet. Alors, qu'en est-il des PME qui n'ont pas pour secteur d'activité les nouvelles technologies ou les télécommunications? Le réflexe Internet est-il chez elles aussi développé?

Chez San Francisco, Lysanne Groulx, directrice Solutions commerce électronique, fait spontanément sa propre veille. "Comme il n'existe pas de réseaux d'information structurée et systématique au sein de l'entreprise, j'ai personnellement décidé de consacrer deux heures par semaine à la surveillance de la presse et à quelques sources Internet du type Forrester Research ou Jupiter Communication." Mais chose certaine, elle ne bénéficie d'aucun budget pour cette tâche.

Alain Racicot, directeur Marketing des Café Bistro A.L. Van Houtte, une division qui emploie 12 personnes, ne connaissait pas le terme générique de "veille", mais pourtant, il surveille la concurrence depuis toujours. "Nous sommes abonnés à de nombreuses revues, que nous dépouillons régulièrement. Nous visitons également les établissements de nos concurrents, tant au Québec qu'en Amérique du Nord. Mais Internet n'est pour nous qu'une source d'inspiration, en ce qui a trait au commerce électronique, par exemple."

Sans personnel dédié, ni formé spécialement à la veille, Alain Racicot peut difficilement mettre un chiffre sur l'investissement que requiert cette surveillance: "Tout au plus deux heures par semaine", avoue-t-il. De même qu'il n'a jamais calculé, non plus, le retour que pourrait engendrer cette activité stratégique.

TESTEZ VOTRE QUOTIENT D'INTELLIGENCE CONCURRENTIELLE

Pour vous faire une idée de votre situation actuelle par rapport à la veille concurrentielle de qualité internationale, prenez quelques minutes pour remplir le questionnaire d'Industrie Canada et vous soumettre au test de QIC (quotient d'intelligence concurrentielle).

Questionnaire en-ligne - http://strategis.ic.gc.ca/SSGF/mi04122f.html

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Article reproduit avec l'autorisation du magazine)