Nous y remarquons que les vêtement masculin ne s'est guère modifié, encore que se manifeste une préférence marquée pour la tunique longue. Dans le dernier quart du XIIIe siècle, la robe descend encore jusqu'aux chevilles. Par-dessus cette longue robe, ou cotte, on porte en certaines circonstances le surcot, sans manches et de différentes couleurs. Exceptionnellement, le surcot comporte de fausses manches (longues ou trois quarts) qui retombent librement, de part et d'autres, sur les épaules.
La ligne générale du costume du XIIIe siècle est donc particulièrement sobre, et les formes en sont équilibrées. Simplicité aussi en ce qui concerne les couleurs, souvent unies, encore que l'on connaisse quelques exemples de vêtements taillés dans des tissus décorés de rayures horizontales, obliques ou en zigzags. Au XIIe siècle, les hommes (du moins les personnages importants) portent de plus en plus souvent un vêtement qui tombe jusqu'aux chevilles. Des influences orientales, conséquences des Croisades, interviennent probablement ici. En effet, les échanges avec l'Orient se multiplient à l'époque, et amènent bon nombre d'usages nouveaux. On sait par exemple qu'en 1192, le sultan Saladin envoyait un vêtement arabe et un turban au seigneur français Henry de Chambord. Dans Galéran, un roman du XIII° siècle, le héros se voit offrir par ses amis, à la veille de son adoubement (cérémonie au cours de laquelle il sera armé chevalier ) une cotte bleue décorée, sur la poitrine et dans le dos, d'un aigle brodé (et c'est déjà, en soi, un usage d'origine orientale). Après la cérémonie, tous les participants enlèvent leur armure et revêtent des habits en soie, confectionnés en pays maure. Les hommes ont habituellement les cheveux longs. Damoiseau est le titre du gentilhomme qui n'est pas encore chevalier.
Un damoiseau est un Lancelot qui habitera un château.