ANALYSE DE LA PERCEPTION

Survol

Le temps de la perception
Perception de la couleur
La Perception musicale
Unité et fractionnement
Émotions, illusions, perceptions

Avant de commencer toute analyse de la perception, nous devons, au préalable, accepter les notions suivantes:

  1. Toute perception qu'elle quelle soit provient d'une onde ou d'un ensemble d'ondes, c'est-à-dire d'émission, réception, codage et décodage, chimie électrique dans le cerveau, réception finale du message, avec toutes les déformations ou brouillages qui peuvent intervenir entre deux ou plusieurs phases et les vitesses de transformation.

  2. Tout élément perçu est composé de particules, elles-mêmes portées chacune par une onde, dont chacune n'a aucune valeur en elle-même pour la perception, mais dépend d'un "champ", c'est-à-dire de tout un ensemble et un environnement lesquels permettent "l'existence relative" de l'objet. On parle ainsi d'un champ électrique, d'un champ magnétique, voire même d'un champ de blé… mais nous n'analysons pas les "champs".

  3. À travers ses différentes mémoires (cortex, hypothalamus, hypocampe, reptilien) le cerveau fabrique des émanations de réalités qui ne sont pas réelles, mais qui donnent des résultats de réalités. Exemple: l'homme, sous l'hypnose, auquel on fait l'induction d'une pièce qui est chauffée au rouge et déposée sur sa cuisse, émet une "cloque" pour se protéger à cet endroit, alors qu'il n'y avait ni chaleur ni même pièce!

  4. Avec tout cet amalgame, la perception, fonction de plusieurs réalités, est dépendante aussi des facteurs de vitesse, d'espace, de temps, de la santé et de la personnalité de chaque individu, d'où nous viendra l'idée de la "moyenne", absurde ou pas, dans l'analyse de chaque perception.

  5. Le temps est un facteur important entre l'émission du message et sa prise de conscience par le cerveau. Ainsi X parle à Y et celui-ci, quelques minutes après, réalise qu'il a reçu le message, répond ou peut restituer intégralement le message. On peut appeler cela "temps de réponse" ou "temps d'absorption", et ce temps existe sur la peau pour la température, la douleur, etc. comme dans l'ouïe. On peut se référer à l'imbroglio du langage lorsque les niveaux de compréhension ne sont pas les mêmes ou quand les interlocuteurs ne parlent pas la même langue: le temps de compréhension est plus long.

Afin de clore ce préambule de la perception, rien ne vaut mieux que la maxime de Don Juan dans "Histoires de Pouvoir" de Carlos Castaneda: "Le monde ne nous apparaît pas directement. Entre lui et nous se tient la description du monde!" Et pour illustrer la réalité qui n'est pas la réalité, on demanda à John Blofeld que signifie "percevoir"? Il répondit: "Cela signifie ne plus percevoir une chose comme existant ou non-existant."

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Le temps dans la perception

Lorsque nous assistons à un orage, nous voyons d'abord, en champ découvert, une image électrique que nous appelons "l'éclair/foudre", puis quelques instants plus tard, nous entendons un grondement sourd, précédé de pétarades ou de grésillements et puis c'est la pluie. Ces perceptions par saccades ou séquences, bien délimitées, sont exécutées rapidement. Dans la synthèse de l'eau: le mélange d'hydrogène et d'oxygène reçoit une décharge électrique (éclair); il s'ensuit une explosion (tonnerre) qui donne de l'eau (pluie). La différence entre ces deux événements c'est que dans le premier (foudre) nous avons mis plusieurs instants pour percevoir chaque séquence, alors que dans l'expérience de la synthèse, le résultat est immédiat et les séquences sont invisibles à l'œil bien qu'existantes.

Ceci nous amène à déduire: si nous n'avions pas vu l'une de ces phases, est-ce à dire que l'événement "orage" n'existerait pas? Bien sûr que non, il existe.

Dans le cas du "craquement" dans la forêt, il peut être le fait du bruit des sabots d'un animal ou d'une vieille branche d'un arbre qui se détache. Mais ce bruit que notre mémoire a déjà stocké, est comparé et analyse et puis accepté comme "bris de branche".

Un test de mémoire consiste à analyser un son et à demander à chacun de dire d'où provient ce son et ce qu'il signifie: on fait, par exemple entendre une cascade de rivière. Certaines personnes peuvent percevoir ce bruit provenant d'un instrument de musique, d'un oiseau, d'une bouilloire, d'un lit, alors qu'il s'agit d'une cascade d'eau dans une rivière. Mais entre l'émission, la perception, la recherche de l'équivalence du son, il s'est écoulé plusieurs temps.

Le brouillage dans l'induction du cerveau sous hypnose, comme le brouillage dans l'émission, la réception ou la signification du sont autant de failles pour la déformation d'une réalité qui elle-même est relative au sens quantique du terme.

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Perception de la couleur

Les ondes lumineuses, produites par une source incandescente ou un phénomène électrique (arc) ou un choc de matière (pierre) ont une vie propre, indépendante de la source d'origine et dont la vitesse croît en fonction du vide ou décroît selon les écrans (air, eau, nuages). La lumière est une énergie, que la source soit physique ou électrique. Elle est portée par les ondes oscillant dans un spectre dont la bande est large (lumière visible à l'œil) ou étroite (laser). Chacun a déjà fait l'expérience de concentrer la lumière solaire par une loupe et de brûler un papier avec cette lumière concentrée.

Même si l'œil "voit" la lumière ordinaire, il ne voit pas le rayon ou la lumière laser (concentrée ou amplifiée). Mais, au fait, l'œil voit-il la lumière ou ne voit-il que sa réflexion sur un écran ou sur une image? Le cerveau peut visualiser différentes lumières, manifester différentes chaleurs ou couleurs. On associe la sensation "couleur" à une longueur d'onde: si la longueur d'onde est grande (0,7 m) nous voyons "rouge"; si elle est courte 0,4 m), nous voyons "bleu". Mais la sensation rouge ou bleu est la même. En voyant l'image, un flux de photons frappe la rétine qui touche à l'intérieur des cellules appelées "cônes" qui renferment des pigments à trois longueurs d'ondes différentes dont le mélange permet de reproduire les différentes couleurs. Ces ondes produites vont aux synapses par des neurotransmetteurs et il y a codage et décodage, puis au cortex, et ensuite l'effet de "sensation" est produit une fraction de seconde plus tard.

Mais ce phénomène électrique du cortex qui se traduit en sensation est aussi un produit de la conscience, car si les ondes déterminent les activités physiques, chimiques et électriques, la conscience apparaît immédiatement pour maîtriser le cortex.

Qui n'a pas fait l'expérience d'un cri, émis face à une montagne, et dont l'écho nous parvient bien après que nous ayons cessé de crier? Un exemple d'émission (cri), réémission par écran (montagne), réapparition du son (écho) ce qui fait dire à certains que les mantras s'en vont dans le cosmos ou que des singes placés sur une île perçoivent des sensations et des apprentissages d'autres singes placés sur le continent.

Décidément, la conscience guide les faits et gestes de nos pensées et de nos actes!

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La Perception musicale

Un instrument de musique joue: nous "entendons"; plusieurs instrument s'ajoutent: nous sommes "enveloppés" et un chanteur se joint: nous voilà "subjugués"!

Dans le cas de l'instrument, nous sommes concentrés sur ce que nous entendons de la mélodie. Le conduit de l'oreille interne transporte l'information reçue dans un réseau de filaments, chacun gros comme une fibre optique - enroulé en spirale autour d'une masse conique, qui envoie par neurotransmetteurs les vibrations et le système électrique dans le cerveau. Celui-ci décode le message et la conscience nous renvoie le signal sous la forme reconnue de sons. Les ondes sonores subissent certainement des déformations au cours du processus et notre reconnaissance ou notre assimilation subit plus de pertes, lorsque la mémoire ne retrouve pas une analogie de comparaison. - ces phénomènes sont d'autant plus marqués avec plus d'instruments ou une chanson. L'attention est plus sollicitée et l'auditeur, devant l'assaut de milliers d'ondes simultanées, ne choisit que celles qui sont compatibles avec son harmonie. Cette harmonie constitue plus un fond musical ou un instrument spécifique (piano, violon, etc..) en filtrant les autres comme redondants. Il va sans dire que nous parlons restitution du son conscient. Mais tous les sons rentrent dans l'inconscient (ultrasons, sons subliminaux) mais ne sont pas restitués. Il est certain que plusieurs propriétés (phases, amplitudes, fréquences) doivent passer plusieurs voiles et sont mémorisées selon nos affinités. Nous avons, par exemple, le facteur émotif qui joue une grand rôle et peut accélérer les stimuli à un point tel que notre système nerveux en est torturé, voire altéré. Comment peut-on parler d'absolu ou d'authenticité dans un tel contexte?

L'origine du son, nos affinités et l'association dans la mémoire affective - cortex nous disposent ou nous indisposent lors de l'écoute. En outre, les osselets de l'oreille, selon leur état physique, assurent une réception ou une perte plus ou moins grande. Tous ces multiples facteurs - sans oublier la pression sanguine ou les acouphènes - font que la perception du son est aléatoire.

Il est possible d'éduquer l'oreille pour une meilleure écoute, mais certains dommages dans la réception sont irréparables. Chacun possède un registre ou une signature d'écoute qui est loin d'être le ou la même pour tous. Une perception moyenne situe les écarts de notre perception du son.

Que signifie "voir" dans une approche mystique? C'est écouter et percevoir le son de l'Univers et entendre la voix divine qui est en nous. AUM…!

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Unité et fractionnement

La manifestation de nos perceptions, quoique trouvant des explications par les faisceaux d'ondes, ne traduit que des analyses partielles où manque la conscience, ce miroir qui reflète toujours sa propre image, les particules de matières où le lieu qui les assemble est absent, voilà la conscience.

On dit que c'est la polarité diffusée sur la membrane des synapses, mais rien n'a été prouvé! C'est un état non mesurable et dont, pourtant, personne ne met en doute l'existence. La conscience est comme un aimant qui, même fractionné en plusieurs morceaux, retrouve toujours ses pôles positifs et négatifs dans tous ces morceaux. On peut également citer l'hologramme, image en trois dimensions, où chaque partie peut être un tout comme l'original! On peut dire que si les expériences physiques tendent à dématérialiser la matière, la recherche neurophysiologique tend à "dématérialiser" l'esprit!

L'approche de la réalité a été d'abord considérée comme certitude, ensuite comme probabilité, et, comme il était impossible de démontrer son chaînon manquant, on a eu recours aux statistiques d'observation: le constat était empirique. Dans le cas de l'aimant comme dans celui de l'hologramme, la partie et le tout sont interdépendants et dans les deux cas on peut considérer un "champ" qui lierait les particules de la matière. Le champ unitaire est la réalité ultime ou champ de "création unifiée", ou champ "spinoriel". Chaque partie révèle des caractères d'unité, d'interdépendance, d'omniprésence, d'interpolarité et de causalité non définie. Le cerveau humain semble être un ensemble organisé où le transfert de signaux est traité pour synchroniser l'information par l'omniprésence de la conscience: matière spirituelle et conscience sont un continuum.

La conscience est comme l'image (esprit) d'une rose qui se trouve dans un bassin d'eau: on jette une pierre dans le bassin et elle affecte le bassin tout entier: et ce qui se passe dans la conscience affecte l'univers tout entier!

Quelquefois, le rêve, la réalité, la projection de l'esprit, tout se confond: qu'y a-t-il de commun entre Abel, Galilée et Nostradamus? Le premier est poète et rêve d'étoiles, le deuxième met en forme une image sphérique et mobile de la terre (et pourtant, elle tourne, dit-il à l'inquisition!) et le troisième fit, par sa projection, parler les étoiles dans ses quatrains avec une précision telle qu'elle surprend encore physiciens et philosophes et tous les trois ont agi au péril de leur vie: les étoiles, ça peut coûter cher!

L'homme a toujours cherché, face à la raison pure, une échappatoire mystique ou magique où il pourrait appliquer sa totalité, sa volonté, même irrationnelle et capter le futur, afin de se positionner, dans un jeu de hasard, une guerre, un événement. Lorsqu'il annonce à l'avance un phénomène qui se réalise, on dit qu'il y a synchronicité, alors qu'en réalité il a écouté son inconscient-conscient!

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Émotions, illusions, perceptions

Le jeune Werther, enfermé dans sa souffrance par l'amour impossible, le poète qui appréhende l'amour, la douleur par la musique des mots et le musicien, comme Chopin, épris de George Sand, qui écrit des polonaises, rappel de son pays d'origine, pour oublier ses écueils amoureux.

La musique dans mon canevas émotionnel ne peut me faire oublier ma "muse" qui, à deux heures de distance, s'abreuve de réalités conceptuelles! La musique amplifie, embellit les émotions, transforme l'état d'âme (peut-on s'exprimer ainsi?) et donne à ma vie la dimension cachée dont elle a besoin pour retrouver un accord avec elle-même. Si je suis honnête avec moi, je me dirais: "pourquoi t'attaches-tu à une illusion?", mais au nom de quoi, l'honnêteté devrait-elle me priver d'une joie, d'un bonheur emprunté ou illusoire? À un certain moment, je peux céder à une rationalisation, mais je n'abandonnerai plus - comme beaucoup - le bonheur confortable de l'illusion.

Notre cerveau est détenteur de mille et une transformations pour nous aider à mémoriser ou à transcender les bons et les mauvais moments.

G:.M:. Robert Deumié, 33º/95º
G:.L:. Sol-Om-On

Oeil