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ANALYSE DE LA PERCEPTION
Avant de commencer toute analyse de la perception, nous devons, au préalable, accepter les notions suivantes:
Afin de clore ce préambule de la perception, rien ne vaut mieux que la maxime de Don Juan dans
"Histoires de Pouvoir" de Carlos Castaneda: "Le monde ne nous apparaît pas directement. Entre lui et
nous se tient la description du monde!" Et pour illustrer la réalité qui n'est pas la réalité, on demanda
à John Blofeld que signifie "percevoir"? Il répondit: "Cela signifie ne plus percevoir une chose comme
existant ou non-existant."
Lorsque nous assistons à un orage, nous voyons d'abord, en champ découvert, une image électrique que
nous appelons "l'éclair/foudre", puis quelques instants plus tard, nous entendons un grondement sourd,
précédé de pétarades ou de grésillements et puis c'est la pluie. Ces perceptions par saccades ou
séquences, bien délimitées, sont exécutées rapidement. Dans la synthèse de l'eau: le mélange d'hydrogène
et d'oxygène reçoit une décharge électrique (éclair); il s'ensuit une explosion (tonnerre) qui donne de
l'eau (pluie). La différence entre ces deux événements c'est que dans le premier (foudre) nous avons mis
plusieurs instants pour percevoir chaque séquence, alors que dans l'expérience de la synthèse, le
résultat est immédiat et les séquences sont invisibles à l'œil bien qu'existantes.
Ceci nous amène à déduire: si nous n'avions pas vu l'une de ces phases, est-ce à dire que l'événement
"orage" n'existerait pas? Bien sûr que non, il existe.
Dans le cas du "craquement" dans la forêt, il peut être le fait du bruit des sabots d'un animal ou
d'une vieille branche d'un arbre qui se détache. Mais ce bruit que notre mémoire a déjà stocké, est
comparé et analyse et puis accepté comme "bris de branche".
Un test de mémoire consiste à analyser un son et à demander à chacun de dire d'où provient ce son et
ce qu'il signifie: on fait, par exemple entendre une cascade de rivière. Certaines personnes peuvent
percevoir ce bruit provenant d'un instrument de musique, d'un oiseau, d'une bouilloire, d'un lit, alors
qu'il s'agit d'une cascade d'eau dans une rivière. Mais entre l'émission, la perception, la recherche de
l'équivalence du son, il s'est écoulé plusieurs temps.
Le brouillage dans l'induction du cerveau sous hypnose, comme le brouillage dans l'émission, la
réception ou la signification du sont autant de failles pour la déformation d'une réalité qui elle-même
est relative au sens quantique du terme.
Les ondes lumineuses, produites par une source incandescente ou un phénomène électrique (arc) ou un
choc de matière (pierre) ont une vie propre, indépendante de la source d'origine et dont la vitesse croît
en fonction du vide ou décroît selon les écrans (air, eau, nuages). La lumière est une énergie, que la
source soit physique ou électrique. Elle est portée par les ondes oscillant dans un spectre dont la bande
est large (lumière visible à l'œil) ou étroite (laser). Chacun a déjà fait l'expérience de concentrer la
lumière solaire par une loupe et de brûler un papier avec cette lumière concentrée.
Même si l'œil "voit" la lumière ordinaire, il ne voit pas le rayon ou la lumière laser (concentrée ou
amplifiée). Mais, au fait, l'œil voit-il la lumière ou ne voit-il que sa réflexion sur un écran ou sur
une image? Le cerveau peut visualiser différentes lumières, manifester différentes chaleurs ou couleurs.
On associe la sensation "couleur" à une longueur d'onde: si la longueur d'onde est grande (0,7 m) nous
voyons "rouge"; si elle est courte 0,4 m), nous voyons "bleu". Mais la sensation rouge ou bleu est la
même. En voyant l'image, un flux de photons frappe la rétine qui touche à l'intérieur des cellules
appelées "cônes" qui renferment des pigments à trois longueurs d'ondes différentes dont le mélange
permet de reproduire les différentes couleurs. Ces ondes produites vont aux synapses par des
neurotransmetteurs et il y a codage et décodage, puis au cortex, et ensuite l'effet de "sensation" est
produit une fraction de seconde plus tard.
Mais ce phénomène électrique du cortex qui se traduit en sensation est aussi un produit de la
conscience, car si les ondes déterminent les activités physiques, chimiques et électriques, la conscience
apparaît immédiatement pour maîtriser le cortex.
Qui n'a pas fait l'expérience d'un cri, émis face à une montagne, et dont l'écho nous parvient bien
après que nous ayons cessé de crier? Un exemple d'émission (cri), réémission par écran (montagne),
réapparition du son (écho) ce qui fait dire à certains que les mantras s'en vont dans le cosmos ou que
des singes placés sur une île perçoivent des sensations et des apprentissages d'autres singes placés sur
le continent.
Décidément, la conscience guide les faits et gestes de nos pensées et de nos actes!
Un instrument de musique joue: nous "entendons"; plusieurs instrument s'ajoutent: nous sommes
"enveloppés" et un chanteur se joint: nous voilà "subjugués"!
Dans le cas de l'instrument, nous sommes concentrés sur ce que nous entendons de la mélodie.
Le conduit de l'oreille interne transporte l'information reçue dans un réseau de filaments, chacun
gros comme une fibre optique - enroulé en spirale autour d'une masse conique, qui envoie par
neurotransmetteurs les vibrations et le système électrique dans le cerveau. Celui-ci décode le message
et la conscience nous renvoie le signal sous la forme reconnue de sons. Les ondes sonores subissent
certainement des déformations au cours du processus et notre reconnaissance ou notre assimilation subit
plus de pertes, lorsque la mémoire ne retrouve pas une analogie de comparaison. - ces phénomènes sont
d'autant plus marqués avec plus d'instruments ou une chanson. L'attention est plus sollicitée et
l'auditeur, devant l'assaut de milliers d'ondes simultanées, ne choisit que celles qui sont compatibles
avec son harmonie. Cette harmonie constitue plus un fond musical ou un instrument spécifique (piano,
violon, etc..) en filtrant les autres comme redondants. Il va sans dire que nous parlons restitution du
son conscient. Mais tous les sons rentrent dans l'inconscient (ultrasons, sons subliminaux) mais ne sont
pas restitués. Il est certain que plusieurs propriétés (phases, amplitudes, fréquences) doivent passer
plusieurs voiles et sont mémorisées selon nos affinités. Nous avons, par exemple, le facteur émotif qui
joue une grand rôle et peut accélérer les stimuli à un point tel que notre système nerveux en est torturé,
voire altéré. Comment peut-on parler d'absolu ou d'authenticité dans un tel contexte?
L'origine du son, nos affinités et l'association dans la mémoire affective - cortex nous disposent ou
nous indisposent lors de l'écoute. En outre, les osselets de l'oreille, selon leur état physique,
assurent une réception ou une perte plus ou moins grande. Tous ces multiples facteurs - sans oublier
la pression sanguine ou les acouphènes - font que la perception du son est aléatoire.
Il est possible d'éduquer l'oreille pour une meilleure écoute, mais certains dommages dans la
réception sont irréparables. Chacun possède un registre ou une signature d'écoute qui est loin d'être le
ou la même pour tous. Une perception moyenne situe les écarts de notre perception du son.
Que signifie "voir" dans une approche mystique? C'est écouter et percevoir le son de l'Univers et
entendre la voix divine qui est en nous. AUM…!
La manifestation de nos perceptions, quoique trouvant des explications par les faisceaux d'ondes, ne
traduit que des analyses partielles où manque la conscience, ce miroir qui reflète toujours sa propre
image, les particules de matières où le lieu qui les assemble est absent, voilà la conscience.
On dit que c'est la polarité diffusée sur la membrane des synapses, mais rien n'a été prouvé! C'est un
état non mesurable et dont, pourtant, personne ne met en doute l'existence. La conscience est comme un
aimant qui, même fractionné en plusieurs morceaux, retrouve toujours ses pôles positifs et négatifs dans
tous ces morceaux. On peut également citer l'hologramme, image en trois dimensions, où chaque partie peut
être un tout comme l'original! On peut dire que si les expériences physiques tendent à dématérialiser la
matière, la recherche neurophysiologique tend à "dématérialiser" l'esprit!
L'approche de la réalité a été d'abord considérée comme certitude, ensuite comme probabilité, et,
comme il était impossible de démontrer son chaînon manquant, on a eu recours aux statistiques d'observation:
le constat était empirique. Dans le cas de l'aimant comme dans celui de l'hologramme, la partie et le
tout sont interdépendants et dans les deux cas on peut considérer un "champ" qui lierait les particules
de la matière. Le champ unitaire est la réalité ultime ou champ de "création unifiée", ou champ
"spinoriel". Chaque partie révèle des caractères d'unité, d'interdépendance, d'omniprésence,
d'interpolarité et de causalité non définie. Le cerveau humain semble être un ensemble organisé où le
transfert de signaux est traité pour synchroniser l'information par l'omniprésence de la conscience:
matière spirituelle et conscience sont un continuum.
La conscience est comme l'image (esprit) d'une rose qui se trouve dans un bassin d'eau: on jette une
pierre dans le bassin et elle affecte le bassin tout entier: et ce qui se passe dans la conscience
affecte l'univers tout entier!
Quelquefois, le rêve, la réalité, la projection de l'esprit, tout se confond: qu'y a-t-il de commun
entre Abel, Galilée et Nostradamus? Le premier est poète et rêve d'étoiles, le deuxième met en forme une
image sphérique et mobile de la terre (et pourtant, elle tourne, dit-il à l'inquisition!) et le
troisième fit, par sa projection, parler les étoiles dans ses quatrains avec une précision telle qu'elle
surprend encore physiciens et philosophes et tous les trois ont agi au péril de leur vie: les étoiles,
ça peut coûter cher!
L'homme a toujours cherché, face à la raison pure, une échappatoire mystique ou magique où il pourrait
appliquer sa totalité, sa volonté, même irrationnelle et capter le futur, afin de se positionner, dans un
jeu de hasard, une guerre, un événement. Lorsqu'il annonce à l'avance un phénomène qui se réalise, on
dit qu'il y a synchronicité, alors qu'en réalité il a écouté son inconscient-conscient!
Le jeune Werther, enfermé dans sa souffrance par l'amour impossible, le poète qui appréhende l'amour,
la douleur par la musique des mots et le musicien, comme Chopin, épris de George Sand, qui écrit des
polonaises, rappel de son pays d'origine, pour oublier ses écueils amoureux.
La musique dans mon canevas émotionnel ne peut me faire oublier ma "muse" qui, à deux heures de
distance, s'abreuve de réalités conceptuelles! La musique amplifie, embellit les émotions, transforme
l'état d'âme (peut-on s'exprimer ainsi?) et donne à ma vie la dimension cachée dont elle a besoin pour
retrouver un accord avec elle-même. Si je suis honnête avec moi, je me dirais: "pourquoi t'attaches-tu à
une illusion?", mais au nom de quoi, l'honnêteté devrait-elle me priver d'une joie, d'un bonheur emprunté
ou illusoire? À un certain moment, je peux céder à une rationalisation, mais je n'abandonnerai plus -
comme beaucoup - le bonheur confortable de l'illusion.
Notre cerveau est détenteur de mille et une transformations pour nous aider à mémoriser ou à
transcender les bons et les mauvais moments.
G:.M:. Robert Deumié, 33º/95º |
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