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Grand départ pour l'expédition

22/06/97 07h00 Dimanche (jour 1) Lever de tout le groupe. Nous prenons un bon déjeuner et à 9h00 nous sommes prêts à partir. Le temps d’une photo de groupe et d’un au revoir à André et Ginette qui passeront quelques jours à Sept-Iles, l’heure du départ a réellement sonnée. 

22/06/97 09h15 Ça y est, on est parti. Notre direction, le lac Quintin à 9,5 kilomètres sera notre site pour la prochaine nuit. En chemin, nous arrêterons au lac aux Castors à 4 kilomètres du campement nomade. Le premier kilomètre est assez intense pour Pierrette et moi. Seules femmes de l’expédition, nous avons demandé au groupe de respecter nos limites, ce que nous leur avions souvent mentionné durant les mois qui précédèrent le départ. Pierrette en tête et moi derrière, nous avions la lourde tâche de guider le groupe dans le sentier. Un seul problème, nous arrêtions souvent pour reprendre notre souffle. C’était très escarpé. Nous devions arrêter à tous les 50 ou 100 pieds. A plusieurs reprises le reste du groupe nous disait d’avancer ou « voyons qu’est-ce qui se passe encore »? Très irritant à la longue. J’ai alors mentionné au groupe d’être tolérant à notre égard, et ça ils le savaient tous avant le départ. Notre forme physique n’est plus celle de nos seize ans. 

Tout commentaire était mal placé venant de leur part. Alors Yves ayant compris le message, demanda à Alain d’aller en tête afin de nous relever de ce fardeau. Il devait avancer d’un pas constant mais adéquat. Ce qu’il réussit à faire. Lorsque nous devions arrêter, il arrêtait aussi sans un seul commentaire, au contraire, il nous encourageait. 

22/06/97 12h30 Nous arrivons à la plate-forme du lac aux Castors. Tous le monde dételle et se repose un peu. Ensuite on mange les œufs cuits durs et les muffins frais que l’on transportaient individuellement. L’avant-midi avait été intense. Beaucoup de côtes à monter et nous avions à traverser des marécages. Mais, il y avait beaucoup plus devant nous. Après une heure de repos, nous remplissons nos gourdes en y ajoutant de l’iode à raison d’un bouchon et un quart par litre d’eau. Une fois prêts, nous repartons en direction du lac Quintin situé à cinq kilomètres et demi plus loin. Je remarque alors que le poids de mon sac à dos est presque inexistant. Le reste du groupe ayant eu mal aux épaules ou au cou, je remercie le Seigneur de ne pas sentir ce poids de 40 livres que je traîne. Pierrette, pour sa part, a dû rééquilibrer son sac, car elle avait une main engourdie. Yves distribua quelques articles de part et d’autre afin d’alléger son sac qui pesait au départ 50 livres. 

Lac aux Castors

Bon, nous décidons de grimper la montagne devant nous, qui est assez difficile par moment. Le soleil nous plombe sur la tête. Il doit faire autour de 25 degrés celsius à ce moment. Devant nous s’élève un mur de roches qui me semble impossible à escalader. Alors on s’est regroupé en équipe de deux afin se s’aider si le besoin se fait sentir. Pierrette monte avec Vincent. Tout semble bien aller. Alain et moi prenons deux tylénols avant la montée car nous avons mal à la tête. A notre tour de grimper. Ca va. Je dois arrêter souvent pour reprendre mon souffle. Pierrette nous crie qu’ils sont en haut. Nous continuons et finalement rendue en haut, je commence à me sentir mal. Etourdissement, mal au cœur et envie de perdre connaissance. Basse pression ? Qui aurait crû ça ? Je me croyais bien forte. Je m’assois sur un rocher. Yves doit détacher mon sac à dos car je ne peux plus bouger tellement j’ai mal au cœur. Il me donne ensuite une capsule de sel et un morceau de sucre. J’ai pris 5 minutes à les regarder et lorsque le mal de cœur s’estompa, j'ai avalé le sucre et ...