On s’est dilaté la rate pendant près d’une heure avant que le sommeil nous surprenne. Vers trois heures du matin, je me fais réveiller par le ronflement perçant de Pierrette, endormie profondément. Je ne veux pas la réveiller par respect pour son sommeil. Malheureusement pour moi je ne réussis pas à me rendormir. Je tourne sur moi-même prise dans mon sac de couchage de style momie, et vers quatre heures, je décide de me lever. Je vais au piano. De retour au refuge, je m’assois sur une bûche et admire le paysage. Le soleil se lève et j’écoute le doux murmure de la rivière qui circule sous la glace et la neige juste devant moi. Une heure plus tard, je retourne me coucher. Je me dirige vers mon sac de couchage cordé comme un hot dog et me recouche en silence. Pas moyen de dormir avec ce vacarme. Ça m’irrite ! Je me relève et attends que le groupe se lève. Il a du faire autour de zéro degré celsius durant la nuit. C’est assez frisquet ce matin. 

        Total de kilomètres parcourus le 21/06/97 : 9,5 kilomètres. 

          Benoit nous guidera vers le Mont Veyrier

 

        23/06/97 07h20 Lundi (jour 2)

        Le soleil est de la partie. Chacun se lève doucement. Les préparatifs du déjeuner débutent. Le trajet prévu aujourd’hui est d’environ 8 kilomètres. Nous sortons du sentier et fonctionnons seulement avec nos boussoles et notre carte topographique pour le reste de l’expédition. Yves dit qu’on devrait être en mesure de coucher au lac Magic ce soir. Nous faisons notre prière quotidienne en groupe et une pensée pour Guillaume. A 10h30 on est prêt à partir. Je prends mon sucre et ma gomme (indispensable chaque jour) et je suis prête. Nous décidons de franchir la montagne d’en face et de nous rendre à la croix tout en haut. Alors on traverse la rivière et on commence l’ascension. Tout en haut est érigée une croix à la mémoire de Alain Grenon, 26 ans, mort le 26 mars 1996 en ski de fond. On prend quelques minutes pour lire le message et en discuter ensemble. La marche reprend. On traverse le sommet de la montagne jusqu'à l’autre bout. Ensuite vient le moment de la descendre. Ouf, que c’est haut et à pic ! Je me tiens sur une roche qui semble vouloir me quitter et réussis tant bien que mal à faire quelques pieds. La pente enneigée me fait un peu peur. Les pionniers déjà au milieu de celle-ci me montrent la route et me disent de glisser. Ce que je fait. Super capotant ! Je franchis une centaine de pieds sur les fesses et laissez-moi vous dire que ça descend en bibite. Je suis arrêtée par deux épinettes qui m’écorchent le bras droit. J’en perds ma gourde. Je la récupère, la remets dans sont étui, me relève et rejoins le groupe. Yves et Pierrette font de même. Quant à Alain, il choisit de faire du ski-bottines. On continue tous à descendre et au bas nous devons traverser une petite rivière. On grimpe une autre montagne et tout en haut on peut apercevoir la tour de communication du mont Veyrier à environ 8 kilomètres. Simon tire un azimut en direction de la tour. On repart. Vers 13h15, on arrête pour dîner et se reposer. Nous avons trois quarts d’heure à nous. Je m’étends et essaie de dormir. Le vent et le froid m’en empêchent. Je me relève et mange quelques noix. Devant moi, le lac Duret encore gelé. A 14h00 le départ est annoncé. On doit contourner le lac par la droite. La traversée se fait assez bien. Un peu de neige, beaucoup de mousse, du lichen et quelques trous. Ça nous prendra une heure et demie pour parcourir environ 1 kilomètre et nous rendre de l’autre côté du lac Duret. La marche se poursuit durant encore près de trois heures. Vers 18h30 nous décidons de camper sur une montagne située en face du Veyrier, et qui est à environ 2 heures de marche de celui-ci. De cet endroit, nous voyons toute la hauteur du mont . A 3623 pieds d’altitude, c’est assez prestigieux.