23/06/97 07h20 Lundi (jour 2)
Le soleil est de la partie. Chacun se lève doucement. Les préparatifs
du déjeuner débutent. Le trajet prévu aujourd’hui
est d’environ 8 kilomètres. Nous sortons du sentier et fonctionnons
seulement avec nos boussoles et notre carte topographique pour le reste
de l’expédition. Yves dit qu’on devrait être en mesure de
coucher au lac Magic ce soir. Nous faisons notre prière quotidienne
en groupe et une pensée pour Guillaume. A 10h30 on est prêt
à partir. Je prends mon sucre et ma gomme (indispensable chaque
jour) et je suis prête. Nous décidons de franchir la montagne
d’en face et de nous rendre à la croix tout en haut. Alors on traverse
la rivière et on commence l’ascension. Tout en haut est érigée
une croix à la mémoire de Alain Grenon, 26 ans, mort le 26
mars 1996 en ski de fond. On prend quelques minutes pour lire le message
et en discuter ensemble. La marche reprend. On traverse le sommet de la
montagne jusqu'à l’autre bout. Ensuite vient le moment de la descendre.
Ouf, que c’est haut et à pic ! Je me tiens sur une roche qui semble
vouloir me quitter et réussis tant bien que mal à faire quelques
pieds. La pente enneigée me fait un peu peur. Les pionniers déjà
au milieu de celle-ci me montrent la route et me disent de glisser. Ce
que je fait. Super capotant ! Je franchis une centaine de pieds sur les
fesses et laissez-moi vous dire que ça descend en bibite. Je suis
arrêtée par deux épinettes qui m’écorchent le
bras droit. J’en perds ma gourde. Je la récupère, la remets
dans sont étui, me relève et rejoins le groupe. Yves et Pierrette
font de même. Quant à Alain, il choisit de faire du ski-bottines.
On continue tous à descendre et au bas nous devons traverser une
petite rivière. On grimpe une autre montagne et tout en haut on
peut apercevoir la tour de communication du mont Veyrier à environ
8 kilomètres. Simon tire un azimut en direction de la tour. On repart.
Vers 13h15, on arrête pour dîner et se reposer. Nous avons
trois quarts d’heure à nous. Je m’étends et essaie de dormir.
Le vent et le froid m’en empêchent. Je me relève et mange
quelques noix. Devant moi, le lac Duret encore gelé. A 14h00 le
départ est annoncé. On doit contourner le lac par la droite.
La traversée se fait assez bien. Un peu de neige, beaucoup de mousse,
du lichen et quelques trous. Ça nous prendra une heure et demie
pour parcourir environ 1 kilomètre et nous rendre de l’autre côté
du lac Duret. La marche se poursuit durant encore près de trois
heures. Vers 18h30 nous décidons de camper sur une montagne située
en face du Veyrier, et qui est à environ 2 heures de marche de celui-ci.
De cet endroit, nous voyons toute la hauteur du mont . A 3623 pieds d’altitude,
c’est assez prestigieux.
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