Il faudra l’affronter par le centre dans la vallée et suivre
sa rivière principale. Mais ce sera pour demain. Pour l’instant
je dételle et monte la tente avec Pierrette. Je me change et on
se fait à souper. Je suis en meilleur forme qu’hier soir. Vers 20h30
je me couche. Comble de malheur Pierrette est déjà endormie.
Je suis couchée sur une pente dont l’inclinaison me dirige en sa
direction et vers le bas de la tente. Donc, en plus de souffrir le ronflement,
je dois me retenir de ne pas rouler sur elle. Je n’ai pas dormi, encore
une fois. J’ai eu un peu froid car j’avais gardé mes pantalons de
nylon. Grosse erreur !
Total de kilomètres parcourus le 23/06/97 : 9 kilomètres
environ.
24/06/97 06h30 Mardi (jour 3)
Fête de la St -Jean La pluie a débuté vers trois heures
du matin et s’est terminée à notre réveil. Le soleil
s’est pointé et les oiseaux aussi. On entendait le vent frapper
sur nos tentes et nous souhaiter une bonne journée. Notre départ
s’est fait vers 9h50. Itinéraire de la journée : sommet du
Veyrier vers midi et coucher au lac Chiroute. Pierrette a commencé
ses menstruations et se fatigue plus vite. Yves nous mentionne beaucoup
plus tard dans la journée, qu’il ne se sentait pas très bien
le matin. Il dit avoir ressenti les mêmes symptômes que moi
la première journée. Alain et moi avons sorti nos drapeaux
du Québec pour l’occasion. L’ascension du Veyrier est assez éprouvante.
Vers 12h00 nous y sommes. Mentionnons que les derniers deux cents pieds
furent difficiles. La mousse s’écrasait sous chacun de nos pas à
environ sept pouces. Ce fut très essoufflant. Nous avions parcouru
environ deux kilomètres et nous étions enfin au sommet du
mont le plus haut des Monts Groulx. Quelle vue magnifique ! Le vent évalué
à près de 70 kilomètres heure et le froid nous accablaient.
Avec le facteur vent, il devait faire tout près de moins dix degrés
celsius. On installa alors le drapeau d’unité et bâtit un
« cairns » afin d’y placer notre plaque souvenir. Sylvain et
Simon avaient préparé une pastorale pour l’occasion. Les
jeunes ont également reçu leur cuir de progression.
Une pensée pour Guillaume fut également dite. La photo
officielle fut prise. Nous avons revêtu nos blouses pionniers et
ôté nos mitaines, chapeaux et manteaux. Quel enfer ! Il faisait
si froid ! Lorsque la photo fût prise, nous sommes tous partis remettre
nos manteaux. Ouf ! Le groupe s’est ensuite réfugié le long
d’énormes rochers afin de se protéger du vent glacial qui
soufflait en haut. En regardant plus loin on pouvait apercevoir en ligne
directe avec la tour de communication, la tour à feu du mont Jauffret
qui se trouvait à deux jours de marche environ.
Vers 13h30, on commence la descente du Veyrier côté est, car
c’était le côté le moins escarpé. La neige recouvre
le flanc de la montagne et plusieurs d’entre-nous en ont profité
pour glisser au lieu de marcher. Un petit repos bien mérité.
Vers 16 heures, nous arrivons devant une difficulté de taille. Une
rivière nous coupe la route. Ce doit être celle dont nous
avait parlé Gaston le copain à Yves avant le départ.
Bon nous devrons la traverser. Nous avons dû faire un consensus car
certains ne voulaient pas la traverser, préférant en faire
le tour. Nous voulions savoir si une fois rendus de l’autre côté
on aurait à la retraverser. Alors Alain et Vincent ont roulé
leur bas de pantalon et ont traversé pour examiner l’autre rive.
Dix minutes plus tard, ils reviennent nous annoncer qu’il n’y a aucun problème.
Personne ne se décidait à traverser et certains continuaient
à dire qu’ils préféraient faire le tour.
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