25/06/97 7h30 mercredi (jour 4)  
           Un soleil radieux nous invite à nous lever. J’ai dormi presque toute la nuit. Je suis en pleine forme. Durant la nuit 
           Yves et Alain qui ne dormaient pas, ont éloigné un renard noir qui rôdait autour du campement. Nos sacs à dos 
           étaient tous à l’extérieur de nos tentes, mais étaient placés à l’intérieur d’énorme sac de plastique. Il semblerait 
           que l’odeur de nos noix ait pu l’attirer. Le déjeuner prend plus de temps que prévu ce matin, car nous sommes 
           deux équipes qui ne peuvent utiliser nos poêles défectueux. Il faut attendre près d’une heure pour se servir de 
           ceux des autres. La température a chuté sous le point de congélation cette nuit et il nous faut casser la glace du 
           lac avec nos casseroles pour prendre notre eau et nous brosser les dents. Depuis ce matin plus besoin d’iode, 
           les lacs sont clairs et limpides. On boit l’eau directement des lacs et rivières. Je prends un temps d’arrêt pour 
           méditer. Je suis consciente de la présence de ma famille et amis tout au long de mon parcours. Durant ces 
           longues heures de marche on a le temps de réfléchir. J’ai remercié tous et chacun à tous les jours. J’ai remercié 
           Dieu de bien me guider et j’ai jasé avec mon ami Alan, à qui je dois la légèreté de mon sac à dos. Je l’en ai 
           remercié souvent. 
           8h45, je suis habillée et la tente sèche au soleil. On vient d’avoir un poêle. Pierrette prépare les crêpes au sirop. 
           Je savoure mon café en attendant. Le soleil est chaud. La journée sera agréable. Aujourd’hui on devrait se 
           rendre au sommet du mont Jauffret. Si nous ne sommes pas trop fatigués, nous pourrons peut-être trouver le 
           sentier pour redescendre. On verra ! 
     

     

                      Félix et Pierre Luc préparent leur petit déjeuner. 

           10h22, on décolle enfin ! Nous marchons environ un kilomètre et demi. On commence la montée du mont 
           Jauffret (3500 pi)., direction tour à feu. Assez difficile par endroit. Une partie se fait au travers de falaises d’où 
           l’on peut voir un précipice qu’il a fallu enjamber. La peur au fond de moi était bien présente. Avec l’aide d’un 
           pionnier, j’ai attrapé son bâton de marche et j’ai réussi à traverser. Aucun bon sens de passer par là. C’était 
           pourtant notre route. Pierrette dû pour sa part remettre son sac à dos à un jeune afin qu’il le lui traverse. Aidée 
           de plusieurs personnes, elle réussie elle aussi à nous rejoindre. L’expédition s’est poursuivie jusqu’au haut de la 
           montagne. 
     
     
     
           

                                                                 Tour à feu du Mont Jauffret

    11h30 La tour à feu est droit devant nous. Des vents violents et un froid intense nous forcent à nous vêtir de nos   manteaux et mitaines. Nous avons tous grimpé dans la     tour à l’exception de Pierrette. Quelle vue panoramique à vous couper le souffle. Des kilomètres de vallées, de toundras, de forêts, de montagnes et collines, et cette neige 
    qui recouvrait en partie la végétation de tous les côtés. C’était époustouflant ! Afin de se réchauffer un peu, 
           plusieurs d’entre-nous se sont allongés au sol et collés les uns contre les autres. Nous sommes demeurés ainsi 
           quelques minutes. Pas facile ce froid et ce vent. Quelques gouttes de pluie commencent à tomber surnous.Nous 
           replaçons nos sacs à dos et reprenons la route. Direction le mont Jauffret. Le trajet à travers les ronces et la 
           neige est exténuant. On arrive enfin dans la vallée du mont Jauffret vers 18h30. Nous sommes trop fatiguéspour 
           continuer, alors nous essayons de trouver un site pour la nuit. Félix descend la montagne et regarde si le sol est 
           sec pour les tentes. Non, c’est trempé ! Il avance plus loin, même chose. Il devra gravir la montagne d’en face 
           afin de trouver un espace assez restreint où nous pourrons nous installer pour la nuit. J’ai trouvé un espaceassez 
           plat pour notre tente, mais Pierrette ne l’aime pas car il est trop proche de la falaise. Elle cherche pendant un 
           bout de temps sous la pluie et le vent. Rien d’autre ! Pas le choix, c’est ici que l’on dormira. La tente montée, je 
           me change et rejoins le groupe sous la bâche afin de bouffer. Il fait tellement froid. A 20h30, je vais me coucher 
           suivie de Pierrette. Le fond de la tente est déjà trempé. Il faut s’assurer de demeurer sur nos matelas de sol afin 
           de ne pas mouiller nos sacs de couchage. Pas moyen de dormir. Le vent est assourdissant. Soudain une pluie 
           diluvienne s’abat sur nous. C’est terrifiant. Le vent passe soudainement sous la tente et mes pieds sont soulevés 
           de quelques pouces. J’implore le ciel pour que ça cesse mais cela ne fait qu’augmenter. Par moment, les vents 
           ont dû atteindre tout près de 90 kilomètres à l’heure. J’ai vraiment crû que la tente tomberait en bas. Il faut dire 
           que nous étions à un pied du bord. La peur m’a gardée réveillée toute la nuit. 
 
      

                                                            Vue panoramique 

               Total de kilomètres parcourus le 25/06/97 : 8 kilomètres environ.
  

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