26/06/97 7h30 jeudi (jour 5)  
               Je sors de la tente. Le vent est toujours présent. La pluie a cessé. Tout est trempé. Le haut et le  bas de mon sac de couchage sont trempés à l’extérieur. Heureusement ! Afin de se protéger des rafales de vent et pour Pierrette qui avait peur de sortir de la tente et tomber en bas, nous avions changé la direction de la tente. Pour nous sécuriser nous avions décidé de coucher à l’intérieur dans le sens inverse. Mes pieds ainsi que ma tête étaient appuyés contre les côtés de la tente. Malgré la toile qui recouvrait notre tente la pluie a réussi à traverser et mon sac de couchage en a été imbibé. Le déjeuner se fit au froid. A 9h30, c’est le départ. Direction sentier de la descente au camp nomade 2. On s’est dirigé vers la gauche de la montagne et l’avons gravi. Ensuite, on a circulé le long de la vallée. 

     
                                              Rivière Hart Rouge 
     

    On a monté quelques montagnes et soudainement quelqu’un aperçoit trois « cairns » qui indiquent la route à suivre. Hourra ! Il ne reste plus qu’à trouver la pancarte jaune d’hommes au travail et la piste sera juste en face. Le groupe descend la montagne au centre des « cairns », ce que je ne comprends pas. Il me semble que nous aurions dû descendre au bout du troisième « cairns », pas au centre. Je les suis tout de même et nous arrivons à un site où se trouve un ruban orange attaché au sol. Nous croyons donc être au bon endroit. On se dirige vers la droite et passe près d’un petit lac. On trouve un petit cours d’eau qui descend la montagne et Simon croit que c’est le bon. Yves juge que ce n’est pas le bon chemin et nous fait faire demi-tour. Nous retournons au ruban orange. En petit groupe nous essayons de trouver la piste. Rien à faire, après une heure perdue aucune trace de la piste. Yves essaie de nous localiser avec le GPS. Il réussit à n’avoir que 3 satellites. 

    Où sommes nous rendu!  Où est la maudite route!  Pis le GBS qui ne pogne que deux satellites....... 
     

               C’est l’enfer ! La maudite machine ne fonctionne pas bien. Nous sommes dans un site bien éclairci mais nous n’arrivons pas à avoir quatre satellites pour nous localiser. Simon tire alors un azimut de sécurité et on figure approximativement notre position sur la carte topo. 

     
                                 Comment se fait-il qu'on ne la voit pas? 

    Après deux heures de perte de temps, on entreprend la descente. Nous suivons pour 10 minutes Pierre-Marc qui croyait avoir vu une piste plus bas. Malheureusement on se rend vite compte qu’il nous dirige trop sur la gauche. Il n’y a aucun sentier par là. On rebrousse chemin vers la droite sans remonter jusqu’en haut. On rencontre une petite rivière qui descend et Yves décide que nous la suivrons. Nous commençons à descendre. La route la coupera sûrement à sept ou huit kilomètres plus bas. On s’accroche et nous voici donc dans la descente aux enfers. Le bois est si dense que l’on s’accroche dans chaque branche, chaque arbre et chaque roche. La densité de la forêt commence à me faire suffoquer. Je dois  me contrôler intérieurement afin de ne pas faire de crise de claustrophobie. Demeurer proche de la rivière est plus rassurant que de s’enfoncer dans la forêt. Le conseil est suivi. Ouf ! Nous commençons à ressembler au petit Poucet. Nos tapis de sol s’effritent à chaque pas. Ils sont émiettés après chaque arbre. D’immenses arbres déracinés longent la rive. Cela complique dangereusement notre trajet. Prudence est de rigueur. Deux heures plus tard, on ne voit rien d’autres que des arbres et la rivière. On arrête et réessaie le GPS. Inutile encore une fois. Il semble nous donner une position temporaire (513845N) . Impossible que l’on soit là. Simon décide alors de grimper en haut d’un arbre avec la carte topographique et de trouver notre position. Il redescend après cinq minutes et nous indique notre position. Il nous reste encore trois quarts de route à faire selon la position et nous sommes à un kilomètre trop à gauche. Nous décidons de tirer un béring (azimut) vers la droite de manière à aller rejoindre la piste qui doit être à environ un kilomètre vers notre droite. On commence à travailler et à suivre l’azimut. Cela n’a pas de bon sens. Les arbres sont trop denses. On va prendre 2 heures pour faire le trajet de un kilomètre.  Yves nous lance à tous:"On descend dans la crique" Let's go!!  Alors tout le monde embarque dans la rivière et la descend sur les roches, les deux pieds dans l’eau. L’enfer ! Une autre rivière vient rejoindre la nôtre. Elle devient plus large et plus profonde. Le courant y est également plus rapide. J’ai de la difficulté à savoir où je dois maintenant poser mon pied. J’ai peur de renverser et de ne pas pouvoir me relever. Mon cœur bat très fort. Les jeunes marchent trop vite. Je ne sais plus sur quelles roches ils ont passé. Attendez ! ! Stop ! Vous allez trop vite ! ! Ils ont compris et arrêtent le long de la rive. Félix vient alors nous aider à traverser en nous indiquant où il serait préférable de passer.

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