Actualité
Seigneur et Maître
Solennité
"… vous m'appelez le Maître et le Seigneur et vous dites bien, car je le suis " (Jn 13, 13).Chaque année, la Famille paulinienne fondée par le Bienheureux Jacques Alberione célèbre solennellement Notre Seigneur, Jésus Christ, divin Maître, le dernier dimanche d'octobre, et avec une liturgie propre.
En réalité, il remplit toute l'Année liturgique de sa présence mais à cette occasion, tous les membres de la Famille paulinienne ont l'opportunité de renouveler leur amour et leur adhésion à la personne de Jésus qu'ils honorent tous comme Maître et Seigneur, Pasteur, Voie et Vérité et Vie.
Relisons ensemble une page du pape Benoît XVI sur Jésus comme Maître. Cette page est tirée de son volume Jésus de Nazareth.
" "À la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent de lui. Et, prenant la parole, il les enseignait…" (Mt 5, 1). Jésus s'assit - expression de l'autorité du Maître. Il prend place dans la chaire qu'est la montagne. Plus loin, il parlera des rabbins qui siègent dans la chaire de Moïse et qui, pour cela, ont autorité. Leur enseignement doit être écouté et accueilli, même si leur vie le contredit (cf. Mt 23, 2), même si eux-mêmes reçoivent leur autorité d'un autre. Jésus siège dans la chaire comme maître d'Israël et comme maître de l'humanité en général, En effet, en employant le mot disciple, Matthieu ne limite pas le cercle des destinataires du discours; au contraire, il l'élargit.Quiconque écoute et accueille la Parole peut devenir disciple.
À l'avenir, ce n'est pas la provenance qui comptera mais l'écoute et la marche à la suite de Jésus. Chacun peut devenir disciple; l'appel est pour tous : ainsi, sur la base de l'écoute de la Parole, on en vient à former un Israël plus vaste, un Israël renouvelé, qui n'exclut pas et n'abolit pas l'ancien Israël, mais qui le dépasse en l'ouvrant à l'universel. Jésus siège dans la chaire de Moïse, mais pas à la manière des maîtres qui sont formés à leurs dépens dans les écoles. Il siège là comme le plus grand Moïse qui étend l'Alliance à tous les peuple. Voilà donc que la signification de la montagne devient claire.
L'évangéliste ne nous dit pas de quelle montagne il s'agit. Mais puisque c'est le lieu du discours de Jésus, c'est simplement la montagne, le nouveau Sinaï. La montagne est le lieu de la prière de Jésus - de son face à face avec le Père. C'est précisément pour cela qu'elle est aussi le lieu de son enseignement qui vient de ce dialogue intime avec le Père.
La montagne prouve ainsi d'elle-même son identité comme le Sinaï nouveau et définitif.
Le virage de l'expérience du Sinaï accordé à Élie qui avait senti le passage de Dieu ni dans le vent impétueux ni dans le tremblement de terre ni dans le feu, mais dans une brise légère (cf. 1 R 19, 1-13) trouve ici son accomplissement. La puissance de Dieu se manifeste maintenant dans sa douceur, sa grandeur, dans sa simplicité et sa proximité. En réalité, elle n'est pas moins incommensurable.
Tantôt, Dieu parle de très près, comme un homme à des hommes. Tantôt, il descend jusque dans la profondeur de leurs souffrances, mais cela aura aussi et a toujours de nouveau comme conséquence que les auditeurs qui se croient disciples, disent toutefois: " Ce langage est rude; qui peut continuer à l'écouter? " (Jn 6, 60). Même la bonté nouvelle du Seigneur n'est pas de l'eau sucrée.
Pour plusieurs, le scandale de la croix est plus insupportable que l'était autrefois le tonnerre du Sinaï pour les Israélites. Oui, ils avaient raison de dire : si Dieu parle avec nous, nous mourrons (Ex 20, 19). Sans une mort, sans le naufrage de ce qui est seulement nôtre, il n'y a pas de communion avec Dieu, il n'y a pas de rédemption ".
Benoît XVI
