Spiritualité

Itinéraire des Exercices pauliniens


Mois de juillet et août 2018

"Fruit de la deuxième partie, les élections:
vocation ou manière de la vivre ou point particulier". (DF 99)



En concluant la révision de la deuxième étape, Gloire au Fils, don Alberione précise le fruit de cette phase si décisive. Avec un mot de souche clairement ignacienne, il l'appelle "les élections". Cette expression indique le fruit du discernement, c'est-à-dire les options, les choix que le retraitant est appelé à faire en réponse aux motions de l'Esprit. Par la suite, le Fondateur a rarement utilisé ce terme: il l'a fait en parlant de la religieuse totalement abandonnée aux désirs de Dieu et qui, par conséquent, n'a pas d'"élections" personnelles, mais qui se laisse guider par le Seigneur en tout: Renoncer à disposer de nous en chaque chose; même au choix des pratiques de piété, aux pénitences. La religieuse obéissante se soumet à tout, elle n'a pas d'élections, elle veut appartenir totalement à Dieu, désirs, pensées, manière de vivre la journée, en compagnie des personnes avec lesquelles elle a été placée; donc, elle a soin de ne pas manifester ses goûts personnels, ses préférences pour une chose ou l'autre.

Ces "élections" ou choix conclusifs se concrétisent dans la "vocation" qui est l'option pour un des états de vie (laïque, religieuse, sacerdotale) ou, le premier choix étant déjà fait, dans la manière de répondre à la vocation; ou bien, plus en détails, dans l'identification du point particulier avec lequel la mieux vivre.

Il s'agit d'aspects que don Alberione a toujours à l'idée quand il traite le thème de la vocation, "notre" vocation religieuse, comme nous pouvons bien le constater dans ce qui suit:

Notre vocation se manifeste particulièrement à trois signes: 1. l'amour de la vérité; 2. l'imitation, l'amour de Jésus; 3. l'amour de la piété.
" L'amour de la vérité démontré avec l'amour du Catéchisme, des bonnes lectures, des écrits des Saints Pères et de la Théologie, de sa diffusion. L'amour de la vérité se démontre aussi avec l'amour de la véracité.
" L'amour et l'imitation du Divin Maître: la pureté, l'esprit d'ordre et de pauvreté, la docilité à l'Église et aux Supérieurs.
" L'amour de la prière: l'amour à la dévotion; l'amour à Jésus dans le Saint-Sacrement, à Marie, au culte sacré.

La vocation consiste à suivre de plus en plus près Jésus Maître qui est Voie, Vérité et Vie: c'est vouloir connaître et faire connaître la vérité, c'est vouloir imiter et faire imiter les vertus du Maître divin; c'est sentir l'amour de la prière et vouloir conduire aussi les autres à la prière. Ce sera l'apostolat qui est fruit de la vocation: un fruit qui doit dériver d'une bonne racine.

Comme manière de répondre à la vocation, ou au point particulier sur lequel concentrer l'application, ici, c'est surtout l'AMOUR qui est mis en évidence. Amour de Jésus-Vérité qui porte à mieux connaître les vérités révélées; amour de Jésus-Voie qui comporte d'assumer les vertus et les exemples du Maître; amour à Jésus-Vie avec une vie de prière plus qualifiée. "C'est ainsi que viendra l'apostolat": notre sanctification est apostolique, et l'apostolat, comme nous le savons bien, est la manifestation de Jésus qui œuvre en se servant de nos personnes!

Par conséquent, l'orientation pour vivre les exercices "pauliniens" en cette période pourrait être :
¢ En tenant compte que, au moins dans notre hémisphère, les mois de juillet et août prévoient un intervalle de vacances méritées ou bien de journées de rencontres et de congrès au cours desquelles peuvent naître des connaissances nouvelles ou des relations, je m'engagerai dans des discours et des comportements de plus en plus cohérents avec mon choix de vie, et modèles de charité, qui est écoute, attention, silence, partage, etc. Je m'approprierai la prière du Fondateur: "Que ma présence porte partout grâce et réconfort!".

…Prêcher veut dire sortir de sa chambre, ne pas demeurer dans sa propre commodité, dans son petit coin de prière. Prêcher signifie sortir: parcourir les routes où il faut prêcher pour faire en sorte que le Christ puisse frapper à plusieurs autres portes. Le désir ardent de l'annonce naît de la rencontre du Christ. […] Nous nous salirons les pieds. Nous devons nous salir les pieds! Autrement, cela veut dire que nous ne sommes pas en route et que nous ne sommes pas en train d'annoncer. Va, salis-toi les pieds, puis, reviens à lui, pour qu'il puisse te laver de nouveau.

Demandons à l'Esprit que, à partir des petits gestes quotidiens, nous devenions dans la vie des messagers inlassables de l'Évangile; qu'il nous donne la sagesse de la rencontre orante avec la vie des autres; qu'il éloigne de nous la peur de nous salir les pieds et qu'il fasse grandir le désir de toujours demeurer en relation avec Jésus.

En communion profonde, don Guido