Armure
La lande est déserte,
Son pas s’arrête.
Ses yeux ne rencontrent aucun regard,
Pas même celui d’un rusé renard.
Alors lentement,
Dans des gestes lents,
Parfois suspendu entre deux soupirs,
Un à un il retire,
Les pièces lourdes et rutilantes,
Cabossées par endroits,
De son armure géante,
Froide paroi,
Entre lui et le monde.
Seul, les deux pieds sur la Ronde,
Il se met à nu,
Sans trop se sentir perdu.
Il ferme les yeux
Et ouvre les bras dans le vent,
Léger il se sent plume s’envolant.
Il effleure enfin les cieux.
Et les mots oubliés
Se logent sur sa langue
Le rythme des récits
Se pose sur ses doigts.
Cœur ouvert jusqu’aux yeux,
Il reçoit la lumière,
Et il voit clair…
Le heaume et l’armure
Tels masque et mur,
Sont non loin,
Mais j’ai vu son visage,
Et j’ai vu de son âme un recoin…
Le chevalier n’est pas sous l’armure,
C’est un autre…
Il est dans le cœur
Du poète des temps anciens…
Creirwy 29 juin 2004.
Au Chevalier Gauvain.