Cuisine

 

Il existe dans un pays,

Pas si lointain qu’on le dit,

Des mets parmi les plus fins,

Du vin de Lune et du pain sans levain.

 

Sur des tables de bois,

Ou sur de gros champignons,

Reposent ses plats aux noms,

Plus longs que jamais tu ne sauras…

 

Une toile d’araignée perlée de pluie,

Ou une nappe faite de fil de Lune,

Couvre les tables jour et nuit,

Chez les fées …

 

Les lutins brassent un vin,

Qui allonge le délire,

D’une soirée au matin,

Sous ciel aux variables plaisirs…

 

Une tranche de champignon

Entre deux feuilles de rhododendron,

Quelques graines perdues

Dans une salade de pétales velues.

 

Des baies réduites en purée

Glissées dans des tiges de pousses évidées,

Trempées dans le miel de la reine abeille,

Fait les gourmandes bouches vermeilles.

 

Pour les plus fins palais,

Il existe les gâteaux,

Minuscules et frais,

Qui fondent dans la bouche.

 

Certains sont à la poudre d’étoile

D’autre au rayon de Lune.

Mais aucune fée ne dévoile,

Le secret de ses plats fameux…

 

Ainsi le pain au jasmin,

Léger comme un nuage,

Sans levain et cuit au soleil,

N’est prêt qu’à la nuit tombée,

 

M’a dite une fée,

Sans rien de plus me révéler.

La cuisine des fées,

N’a pas son pareil.

 

Elle a le goût du rêve,

Et le parfum de l’irréel.

Elle existe au fond des bois et des brumes,

Et dans la tête des fous.

 

Creirwy, 18 mai 2004.

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