Différen
Dans les vagues contrées
De mon être austère,
Je cherche l’air
Des terres enchantées.
La lisière entre réalité et illusion
Est bien mince
Dans mes lointaines intérieures régions.
Vos dents grincent
À la vue de ma légèreté.
Au fond vous enviez,
Ce regard qui me vient d’ailleurs
Et qui vous fait si peur.
Je semble traverser le temps,
Comme d’autres leurs nuits blanches,
Sans pourtant,
Devenir étanche
À la magie de la vie.
Sans pour autant devenir aigrie.
Si mon quotidien est fleuri
Et le vôtre triste et gris,
Je n’y peux rien.
Je vais et je viens,
Dans cette valse-vie,
Dans une harmonie
Qui m’est propre et loin,
De tous vos jaloux sarcasmes.
Pour moi la vie est un orgasme
De tous les jours.
Tant pis si elle vous joue un tour.
Carabosse est votre parente,
Et moi ma mère une fée aimante.
Mon père a pour cousin
Le célèbre et improbable Merlin,
Et j’ai également pour cousine,
La belle et légendaire Mélusine.
Ne vous en déplaise
Je suis très à l’aise,
De faire partie
De cette lignée issue de la féerie.
Si nue je me sens habillée,
Si je n’ai aucune honte à dévoiler,
La beauté de mon cœur révélé,
Si c’est ce que vous condamnez
C’est qu’au fond vous enviez
Ma naturelle liberté.
Ma chair est le plus doux vêtement
Mon cœur ne connaît pas vos tourments.
Ma nudité m’habille,
Le corps et l’âme, que m’ont donné les dieux.
Jamais je ne vacille
Devant l’âtre froid de vos yeux.
Si nue je suis au monde venue
Et que je me sens ainsi bien vêtue,
Et si ma langue vous dites bien pendue,
Car elle ne dit que ce qu’elle ressent,
Peut-être êtes-vous perdu,
Dans vos sombres ressentiments
De ce que vous ne connaissez point,
Ce que vous ignorez et qui vous semble loin.
Pourtant la joie est à la portée,
De tous les enfants.
Si vous en avez égaré le secret,
Peut-être êtes-vous devenu trop grand.
Remplis d’amers regrets,
Folle je vous apparais.
Si je le pouvais
Par la main je vous prendrais
Et dans la liberté et la joie
Je vous conduirais.
Mais vous préférez vous moquer.
Alors au son de vos rires cyniques
Et des vos battements de cœur mécaniques
Je vais continuer de danser.
Tant pis si j’ai l’air toquée,
Et que je vous fais jour après jour
Malgré mon être débordant d’amour,
Maudire et tiquer.
Creirwy, 20 juin 2003.