Invisible amour (ou un ange amoureux)

 

Je rôde autour de toi

Je te vois seul entre tes murs

Je danse autour de toi

Je voudrais te rendre la vie moins dure.

 

Personne invisible

Sentiment indicible

Mon souffle imperceptible

Mon chant d’amour inaudible.

 

C’est ta désillusion

Qui nous sépare

Car dans la réalité elle t’égare.

J’espère ta guérison,

 

Avant la fin de ta saison.

Avant que ne se ternisse ma chanson.

Je suis tout ce que l’homme ne voit pas.

Je suis juste là,

 

Penchée sur ton épaule

Quand tu lis et écris,

Mes ailes, mes lèvres te frôlent,

Sans un moindre bruit.

 

Je voudrais que nos peaux

Se rencontrent enfin

Mais je rêve en vain,

Car tout n’est que mots…

 

Tu souffres, tu as mal

Tu t’isoles loin des regards

Pour panser ta plaie comme un animal,

Tu te sens différent et bizarre,

 

Ton regard éclairé par une vie

De souffrance et de maladie.

Tu vois tant de chose

Mais moi m’avancer, je n’ose…

 

Car tu aperçois loin

Des choses qui aux autres échappent,

Mais moi, je t’échappe.

Pourtant je suis non loin,

Te tendant la main

Chantant mon inlassable refrain

Qui un jour fera son chemin

Peut-être vers ton oreille, si tel est notre destin.

 

En attendant je veille sur toi

Moi qui n’aime que toi.

Je ne devais qu’être ton ange gardien

Pour te guider vers un chemin plus serein.

 

Je me suis attachée à tes yeux

Qui portent la misère et l’amour

Tout au fond d’eux.

Tu t’es bâti une tour,

 

Tu n’y es pas seul et l’ignores

Tu te crois seul, mais tu as tort.

Quand tu dors

Je me penche sur ton corps,

 

Je le regarde se mouvoir

Laissant m’émouvoir

Ton simple souffle de vie

Qui doucement te remue, et j’ai envie

 

D’abandonner mes ailes

Des les jeter aux flammes

De cet amour qui me consume.

J’y perdrais mon essence, mais gagnerais une âme,

 

Semblable à la tienne.

Je ne veux être que tienne.

Mais toi, voudrais-tu de moi?

Mais toi, me prendrais-tu dans tes bras?

 

Tu ne sais rien de moi

Je sais tout de toi…

 

L’amour est une main

Qui se tend vers les cœurs

L’amour rend humain

Je n’ai pas peur…

 

Creirwy, 21 novembre 2003.

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