La fée du nord
Il était une fée du nord,
Qui voulait connaître les hommes
Elle décida de prendre un corps
Et de venir sous cette forme :
Comme parure un nom de joyau,
Une robe de soie aérienne,
Mais toujours visibles dans son dos,
Deux ailes blanches et diaphanes.
Dans ses mains nulle baguette,
Pas le moindre sort dans ses doigts,
Rien que des mots faisant la fête,
Le bonheur était sa seule loi.
Il était une fée du nord,
Elle choisit ainsi son destin
Offrir sourires et réconfort
Parce qu’elle aimait les humains.
Et ainsi pendant des années
Donnant à tort et à travers,
Elle se dépensa sans compter
Et nos vies brillaient de ses vers.
Pourtant, pourtant, au-dessus d’elle,
De noirs nuages s’amoncelaient.
Et elle volait à tire d’ailes,
Et toujours l’ombre la suivait.
Car pour passer inaperçue,
Et pour que nul ne se moque d’elle
Il lui avait fallu, déçue,
Accepter qu’on lui rogne les ailes
Il était une fée du nord,
Qui un jour chuta tristement
Les éléments étaient trop forts,
Trop forte la pluie et le vent.
Ses ailes engoncées de tristesse
Son corps s’effaçait peu à peu.
Tout engourdie de détresse
La fatigue embrumait ses yeux.
La fée nagea au plus profond
Loin dans son corps et dans son âme
Pour pouvoir retrouver son nom
Perdu, noyé dans les larmes.
Elle sourit à sa part d’ombre,
Et la but, ainsi qu’une potion,
Un breuvage amer et sombre.
Sur elles toutes les attentions.
Ses ailes de nouveau la portent,
Son équilibre est sa fierté,
Elle vole, elle est belle et forte
De tant d’amour et d’amitié.
Il était une fée du nord,
Aux gestes nobles, au regard pur,
Regardez bien la fée du nord,
Au regard fort, aux gestes sûrs.
À Creirwy "Fée" du Nord