La Lettre
La cire a coulé sur ma main,
J’ai poussé un cri étouffé.
J’ai sur la patte de l’aigle lié,
Un bout de soie pour le chemin.
Il s’est envolé gracieusement,
S’en allant valser avec le vent.
De ma fenêtre je l’ai contemplé,
Et j’ai regardé à son pied,
Ma lettre commencer son voyage.
Elle verra du haut des airs,
Montagnes, mers et peut-être un désert.
Elle frôlera les nuages.
C’est un bout de moi,
Des mots tracés,
Comme des gouttes tombées,
De mon âme offertes pour toi.
Tu y liras mieux que dans ma main.
Tu y découvriras tous mes chemins.
À défaut de mes yeux pour te parler
Tu auras les mots pour déceler,
Ce qui me fait rire, ce qui me fait pleurer.
Les rimes acerbes et tendres,
Les secrets presque murmurés…
Mon âme, ma lettre saura te rendre…
Aigle de plume, aigle de fer,
Il te porte ma missive,
Fendant l’air,
Comme une comète vive.
Quand elle tombera dans ta paume offerte,
Comme une plaie ouverte,
Qui attendait les soins promis,
Tu sauras qui je suis…
À toi.