Le rite
Je dansais au son de la rivière,
Non loin de la clairière,
À l’abri des regards.
Les gardiens immobiles
Templiers de la Mère,
Droits et fiers,
Le tronc vibrant
Les feuilles dansant dans le vent,
Couvraient mes danses,
Laissant simplement,
Filtrer les notes du chant,
Qui sortant de ma gorge,
S’unissait au vent.
Habillée de ma peau de sorcière
Vêtue de ma chair de païenne,
Mon cœur de druidesse,
Dansait au rythme de la Terre.
Semant des pétales en l’air,
Pour La parer de couleurs,
La Brune Mère,
À qui j’offrais pétales,
Miel doré et nuage de lait.
Mes pieds en cadence,
Murmuraient sur Sa peau,
Le secret d’une danse oubliée,
Tel un chant sans mot.
Je tournoie le cœur en galère,
L’âme légèrement ailleurs.
Car s’ouvre une fragile porte,
Fragile comme leurs ailes,
Et j’entends leurs rires
Je sais alors, qu’elles me laisseront
Pénétrer dans leur ronde.
Le rite né de mes gestes,
Grandira toute la nuit,
Et mourra au matin,
Quand elles repartiront,
Me laissant dans les mains,
La rosée d’argent,
Et au cœur, le bonheur, simplement.
Creirwy 18 juin 2004.