Libre
Je cours au travers des bois,
Comme le cerf avant moi.
Je crie et tout mon être exulte
Et j’entends le chant de la flûte.
Je tourne à l’infini,
Ivresse, où étais-tu partie?
Les sens en éveil,
Je sens mon réveil,
Dans chaque membre,
Chaque pore,
Comme la sève au printemps,
Dans le corps des arbres.
J’avais dormi trop longtemps,
Au milieu de ces êtres sourds.
Je m’étais tue trop longtemps
Au centre des aveugles.
J’ai repris en chemin,
L’épée offerte par un nain,
Barbu et borgne
Et flèches et arcs d’elfe.
Je glisse dans l’eau du lac,
Comme on plonge dans le chaudron
À la fort belle rencontre du saumon.
De ses lèvres luisantes et plissées,
Il m’a révélé les secrets
Au goût de noisette.
Je reprends ma route,
Sans ma peau de doute,
Offerte avec celle de chagrin,
Cadeau des hommes aveugles.
Libre, c’est ce que je suis,
Et c’est ainsi que je vais.
À la rencontre de mon reflet,
À la rencontre de la Mère.
Vers le soleil et la Lune
Les étoiles dansant dans la brume…
Si je ne reviens pas,
Ne me cherchez pas…
J’aurai trouvé,
Ailleurs ce que je cherchais,
Dans le regard de l’automne qui vient…
Creirwy, 22 juillet 2004.
Fond de Chante Lune