Massacre (d’antan)

 

Le nez dans mes cheveux d’automne,

De mon souffle tu t’étonnes.

Où voulais-tu que j’aille ?

Je reste près de toi, vaille que vaille…

 

La guerre est à nos portes,

L’île saigne et sanglote,

Du sang de ses enfants,

Des larmes de la Mère, pleurant.

 

C’est un massacre d’antan,

Qui pleure dans le vent…

Quand j’ai cru mourir,

Pour mieux te revenir…

 

Calme-toi, je suis là…

Pourquoi je te vois,

Et toi tu ne me vois pas ?

Pourquoi je ne te sens pas ?

 

C’est que je vole au-dessus de toi…

Au-dessus des hommes qui s’entretuent…

Je suis sans substance, entre tes bras…!

Mon souffle s’est soudain tu…

 

J’ai pris ma propre vie,

Comprends-tu?

Tout était d’avance perdu…

C’est ainsi…

 

Prisonnière, impuissante

Après la lutte…

J’ai constaté la chute,

Et je ne voulais pas y être vivante…

 

Nos sœurs, mères et filles,

Ils brisent et pillent…

Ils s’étendent sur elles,

Comme sur ses landes à Elle…

 

Violant sans conscience,

Tuant avec indifférence…

Reine je n’ai rien pu arrêter…

Mais je me suis déchaînée.

 

Tu me serres contre toi,

Mais ne les entends-tu pas?

Ils viennent vers toi,

Et tu tomberas sous leurs coups bas…

 

Laisse mon corps,

Il est mort !

Mais mon âme demeure,

N’aie donc pas si peur…

 

Échappe au massacre qui sévit.

Accroche-toi à la vie,

Comme tu le fais à ma dépouille.

Ces casquées fripouilles,

 

Te feront la peau…

Pars mon bel amour,

Nous nous retrouverons un jour..

Et il fera beau à nouveau…

 

Tu es bel et bien parti,

Tu m’avais ouïe,

Au-delà de la mort et de la douleur,

Dans le langage de ton cœur.

 

Tu avais refait ta vie…

Tu en as voyagé plus d’une depuis…

Aujourd’hui au-delà du temps,

Au-delà du massacre d’antan,

 

Nous voilà réunis,

Dans cette vie…

C’était hier, quand j’y pense…

Et les hommes n’ont pas perdu leur démence…

 

Creirwy, 8 avril 2004.

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