Parler aux arbres
Elle venait tous les jours,
Lire à ses pieds.
L’émouvant de sa beauté,
Si humaine.
Elle était si différente,
Si attachante.
Elle parlait tout haut,
De ses lectures,
Comme de sa vie.
Elle disait qu’elle n’avait pas d’amis.
Pourtant,
Si elle avait compris,
Ses paroles,
Tel un cri dans le vent hurlant.
Si elle avait su,
Que le fruit tombé,
Était un cadeau intentionné,
Et pas simplement,
Un fruit mûr trouvant son destin.
Même l’hiver,
Elle venait le saluer,
Même engourdi il l’entendait,
Il l’attendait.
Si elle avait su parler aux arbres,
Comme les anciens,
Ses ancêtres,
Elle se serait sentie moins seule,
Elle se serait
Découvert un ami.
Elle aurait compris,
Que le vent,
Ne faisait pas tomber ses fleurs,
Mais que lui-même les lui offrait.
Elle aurait su,
Que la branche qui l’effleurait,
Alors que des larmes elle versait,
Était bien une main tendue.
Parfois elle y a songé,
Mais s'est crue bien farfelue,
De croire à de telles fabulations.
Si elle avait traversé le mur de sa raison,
Elle aurait su,
Parler aux arbres.