Réveil
de la Mère
( Matin)
Le soleil s’est élevé
Au-dessus du temple ce matin,
Les brumes ce sont dissipées,
Dévoilant fugitivement le chemin.
La Terre sous les pas s’est réveillée,
Et sous la caresse des pieds nus
De ses Filles s’est mise à chanter
Un chant de ses entrailles, venu.
Empruntant le chemin
Menant au miroir sacré
Celui qui porta le destin,
Du Roi des chevaliers.
Celui qui l’a bercé,
Dans un repos de l’humanité.
Alors que les brumes l’ont enveloppé,
Et vers Elle Morgane l’a mené.
Les yeux fermés,
Pieds dans l’eau du miroir sacré,
Les Filles de souviennent encore
Des anciens accords,
Du plus grand des bardes,
Et du son des épées,
De la dernière bataille,
Et de la fin d’un été.
En retrait, une femme
Le visage ridé, le noir de ses cheveux,
Intact comme celui de ses yeux,
Appuyée sur son bâton,
Regarde un matin naître,
Comme tant d’autres
Dans le ventre d’Avalon,
Loin des anges et des démons,
Loin des hommes à la mémoire courte,
Loin des yeux qui ont oublié,
Les rites naissent et meurent encore,
Alors qu’elle veille sur les vivants et les morts.
Un matin sur la Terre d’Avalon,
Le chemin s’est dessiné dans la brume,
Pour celui ou celle, qui a regardé,
Et qui n’a pas eu peur dans le chaudron de plonger.
Creirwy 20 juin 2004.