Le cœur de la sorcière
Dans le cœur de la sorcière,
Se cache un sourire,
Qui ne cesse de fleurir.
Elle ne sera jamais amère.
Il se cache et soupire,
Sans jamais flétrir…
Teint sur son âme,
Comme une fleur parme…
On l’a fait périr,
On l’a fait pâtir…
Pendue, brûlée,
Battue, calcinée…
Les temps ont changé…?
Elle n’en est pas si sûre…
Et son cœur sourit, jamais dur.
Les hommes ont avancé,
Mais ils ont perdu la trace,
De leur Mère, cette Terre.
Elle est partout, entière,
Mais ils ne voient rien, voraces,
Du sang des uns et de l’argent de l’autre.
Son visage, son sourire,
Elle n’a plus à les cacher aux autres,
Pas plus qu’à craindre de mourir…
Quoi que… la différence,
Rime encore de nos jours,
Avec intolérance…
Son sourire est encore lourd,
Malgré les ans qui passent…
Chaque fois qu’elle trépasse,
Suivant la route infinie
Du grand cercle de la valse-vie,
Elle espère, sans y croire,
Que l’homme pourra voir,
Sans avoir peur, ni se moquer,
Sans châtier, ni tuer,
Celui qui ne lui ressemblera pas.
Le cœur de la sorcière est-il noir ?
Peut-être, mais moins que l’espoir,
Qu’un jour on s’aime tous ici bas.
Son cœur est un vieux grimoire,
Qui conserve dans ses mémoires,
Le souvenir heureux,
De l’amour des hommes, mélodieux.