Voyage d’une fée

 

J’ai erré sur la terre,

Sans frontière, ni barrière.

Cela n’avait rien d’imaginaire.

J’avais aux lèvres une prière.

 

Elle brillait dans mes yeux,

Elle irradiait dans mon cœur heureux.

J’ai traversé le temps,

Marchant sur les étangs.

 

J’ai posé le pied

Le corps tremblant, essoufflée,

Sur une terre silencieuse

Où l’arôme des fleurs délicieuses,

 

Me mirent en appétit.

Quelques-unes je cueillis,

J’en avalai et fus ragaillardie.

Quelques-unes reprirent vie,

 

Dans ma tignasse de feu.

Le nuit ne tarda pas à tomber,

Et la lune à se dévoiler

Toute ronde aux yeux,

 

Qui s’ouvrent à la nuit.

Des lucioles brillaient,

Et un feu crépitait,

Curieuse, je me suis glissée sans bruit,

 

Vers le chemin menant,

Au symbole flamboyant,

De ce feu se ployant,

Au gré du chant du vent.

 

J’ai vu, des elfes qui chantaient.

Il y en avait un en retrait,

Loin des harpes et du miel,

Il levait les yeux au ciel.

 

Je n’ai pu quitter

Des yeux son visage.

Son air mélancolique et sage,

Intriguait ma curiosité.

Quand ses comparses

Se mirent à danser,

Il s’en est allé,

Ses mèches éparses,

 

Dans le vent qui se soulevait.

Il fit quelques pas,

Et disparut dans la nuit, loin de moi.

Le cœur serré, je croyais,

 

Que je ne le reverrais pas.

J’ai cherché un lit,

J’ai trouvé non loin de moi,

Un champignon gris,

 

À l’ombre duquel je me suis endormie.

Mon voyage avait été long,

Depuis ma contrée sans nom.

J’étais partie,

 

Sans trop savoir pourquoi.

Je voulais voir du pays.

Vivre une autre vie,

Et un jour revenir chez moi.

 

J’ai fermé les yeux,

Je me suis enveloppée de mes ailes.

Le chants des elfes bels,

M’ont fait les rêves gracieux.

 

Une plume ou une main?

Un homme ou un nain?

Dans l’aube du matin,

Mes yeux ont cherché le chemin,

 

De la lumière.

On caressait ma joue,

D’une main étrangère,

Je portai la main à mon cou,

 

Soulagée de savoir l’amulette,

De la sorcière Violette,

Toujours pendue

Au fil d’or ténu.

 

La lumière s’est faite moins crue,

Et mes yeux ont croisé

Un regard étranger

Pourtant familier, comme déjà vu.

 

L’elfe solitaire,

Ses chausses maculées de terre,

Me regardait,

Comme s'il me reconnaissait.

 

Et j’ai su,

Que ma prière on avait entendu.

Elle avait quitté mes lèvres,

Telle une fébrile fièvre.

 

Au bout de mon voyage,

Je n’étais plus seule.

Nos visages,

S’unirent en un seul.

 

Creirwy, vendredi 13 février 2004.

 

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