Tristesse

Elles ont bu, les pauvres
Mais l'eau
Qui voudrait les bénir
Autrefois si douce
Si rafraîchissante
Est devenue amère
Et ne sait plus
Désaltérer

Autrefois
Elle était versée par la main de l'être aimé
Celui qu'elles cherchent encore
Éperdument

Aujourd'hui
Leurs feuilles
Leurs tiges
Si vertes, si belles
Baignent dans l'eau salée.
Leurs larmes coulent sans cesse
Et leur tristesse
Ne connaît pas de bornes

Irène Grimard