Amritsar!

Coiffé d´une grande coupole dorée
Érigé fièrement au coeur d´une ville ladre,
Navire amiral d´une pitoyable escadre,
Le grand temple, du haut de ses murs mordorés
Étouffe les murmures des croyants colorés
Et les plaintes des martyrs de sa foi.

Amritsar!

Fini, le temps des méditations,
Cessés, ces gémissements cultuels,
Étouffés, les psaumes habituels
Recouvrant ta froide obstination.
Est ouverte la route des confrontations,
Des combats, des massacres de leur loi.

Amritsar!

De la bouche impétueuse des canons
Crachant vers toi la plus noire intolérance,
Sortira un jour un nuage d´espérance
Bernant pour toujours les fanons.

Amritsar! Amritsar!

Espoir et Vie d´un peuple souffreteux,
Conserve dans ta conque le pardon
Pour l´ennemi mille fois trop nombreux
Qui foule aux pieds tes fidèles céladons.

Amritsar! Amritsar!