Bassesse Humaine


J'ai marché déjà le chemin des enfers,
Rencontré mille démons,
Vu dix milles horreurs et spectacles abjects
Mais jamais aussi bas
Ne me suis-je rendu.
En quel lieu, en quel endroit
En quel temps me prélassé-je
Pour avoir devant moi
Telle vision ni laide, ni obscène,
Ni horrible
Mais dépassant en pourriture
Le bourbier le plus infect?

J´ai vu l´homme.
Oh, pas celui de Diogène,
Pas l´être idéalisé à l´égal des dieux
Mais l´homme de tous les jours,
Animal péniblement instable,
Verticalement pourrissant
Dans le cloaque social
Qu´il a créé à son image,
Se nourrissant d´illusions vertigineuses
Façonnées des élucubrations délirantes
De son cerveau mal tenu.

J´en appelle à la mort par le ridicule
Pour éliminer d´une nature débile
L´espèce ineffable, summum de la création
Quant à sa fourberie qui lui cache
Sa chronique inutilité.