Le Gisant plumitif

Et le silence envahit sa vie.
Étouffé de sentiments réprimés
Tel un gisant de basalte
Sous une voûte oubliée,
Il hoquetait, souffreteux, loqueteux,
Caquet rabattu d´une claque retentissante,
Incapable désormais de baigner d´huile
Les rouages ruinés de rouille
De sa merveilleuse mécanique langagière.

Tuée, l´expression des nuances de l´être,
Évanouis, les élans passionnés
De sa plume outrancière,
Rejetés, les baisers métaphoriques
De ses épîtres dédicatoires,
Il souffrait d´une grippe plumière
Complètement terrassé par un virus rhétorique
Et n´arrivait plus à laisser échapper
Ces coups sourds martelant sa poitrine,
Ni même le plus infime courant
D´une pensée encrière.