Amères palpitations des poètes amoureux,
Sourires sirupeux des têtes déballées
De leurs oripeaux hivernaux,
Images hypocrites des passants
Allez Ville-Marie!
Repousse ta verdure ancestrale,
Recoiffe ce béret chloropyllien,
Accepte ces perruquiers des sylves
Qui se morfondent
Redonne vie à tes beaux quartiers
Et rejette au loin cette moiteur désespérante
Qui te convertit en ruine moderne
Ou en désert de briques.
Fuite d'octobre
Vers les champs labourés
Hors des briques et des pierres
De tes rues asphaltées.
Ne pourrais-tu te venger
Des blessures aveugles
Qui te furent imposées?
Ne pourrais-tu raconter
A ces pâles survivants
Ton antique beauté
Et tes colorés parements?
Ne laisse pas Octobre vider tes rues
Pour des couleurs lointaines.
Défend ta vie,
Defend ton âme citadine
Et remet ta pèlerine
Diaprée du bonnet royal.
Secoue cette gangue saisonnière
Qui éloigne ton sang
Vers les pentes commercées;
Renoue avec ton peuple
Qui ne te voit plus
Sous tes déguisements toujours plus moches,
Toujours plus croches, toujours plus sloches.