VALLÉE[1]
Pierre: (1636-1686)
(LAVALLÉE)
Baptisé le vendredi 6 juin 1636 à
Saint-Saens, archevêché de Rouen en Normandie, fils de Pierre Vallée et de
Madeleine Dumesnil, il contracte mariage devant le notaire Vachon le dimanche
16 novembre 1664 avec Thérèse Leblanc, née à Québec le mercredi 3 mai 1651,
fille de Léonard Leblanc et de Marie Riton. Il l'épouse à Beauport (enregistré à
Québec) le lundi 12 janvier 1665. De leur union naissent dix enfants. II est le
frère de Jean, époux de Marie Martin.
Ce maître chirurgien est au pays en 1657. Il
est parrain d'un amérindien à Trois-Rivières le 28 décembre. Il est confirmé à
Château-Richer le 2 février 1660. Il se marie en 1665. Le 26 août 1667, le
seigneur Giffard lui concède une terre de quatre arpents au bourg Saint-Joseph
et une autre de deux arpents au même endroit. Au recensement de 1667, il
possède deux bêtes à cornes. Le 22 septembre 1670, le seigneur Giffard lui
concède une terre d'un arpent de front par vingt arpents de profondeur au bourg
du Fargy. Il agit comme substitut du procureur fiscal lors de I'inventaire des
biens de Jean de Rainville. En 1673, il achète de Jean Gallop dit Montauban une
terre de quatre-vingt et une perches au bourg du Fargy pour la somme de 20
livres. Puis il en achète une autre de Jean Gibaut, de vingt arpents en
superficie pour la somme de 220 livres de principal et 20 livres « d'espingles
». Il est parrain d'un amérindien à Chicoutimi en 1674. En 1676, il aide à la
construction de la chapelle à Chicoutimi. En juin 1677 et juillet 1678, il est
témoin au même endroit à deux mariages et deux baptêmes. Le 29 avril 1679, il
contracte une obligation de 102 livres et 4 sols envers Nicolas Dupont. Le 30
septembre suivant, suite à une requête de Marie Brumaille, épouse de Jacques
Doublet, il est sommé de remettre immédiatement l'argent qu'il lui doit. Pour
se rembourser, Marie Brumaille fait saisir chez lui par I'huissier : « un gril,
une marmitte, deux chaudrons de cuivre rouge, une poelle à frire, deux taureaux
». C'est Nicolas Bélanger qui est chargé de garder ces effets. Le 17 juillet
1680, il est témoin à un baptême d'amérindien à Chicoutimi et déclare en 1681
devoir se rendre à l'Île-aux-Grues et à Tadoussac.
Au recensement de 1681, il possède un fusil,
deux
boeufs, deux vaches et
quarante arpents de terre en valeur. Le premier septembre 1681, suite à une
sentence arbitrale des sieurs Juchereau de Saint Denis et Remy, il est condamné
à rembourser 79 livres et 4 sols à Vincent Brunet. Le 23 mars 1683, devant la
Prévôté de Québec, il est condamné à rendre 220 livres 9 sols et 5 deniers à
Charles Aubert de La Chesnaye. Le Conseil Souverain, où il va en appel, maintient
cette sentence le 2 juillet 1685. En son absence, c'est son épouse qui se
présente au Conseil Souverain. Nous ignorons la date précise de son décès
survenu avant le 12 mars 1686, date où sa veuve est sommée de rembourser une
dette de 148 livres 19 sols et 3 deniers à François Pachot. Le notaire Fillion
procède à l'inventaire de ses biens le 21 octobre 1686. Il laissait des biens
meubles évalués à 267 livres et 10 sols. Une fois ses dettes payées, il ne
restait à sa veuve que 50 livres. Signature No. 1157.
ANQ GN Vachon 16-11-1664; 26-08-1667; 22-09-1670; 18-01-
1672; 01-09-1681; Rageot
G. 29-04-1678; Métru 30-09-1678;
JDCS 02-07-1685; PQ
23-03-1683. AAQ RC 02-02-1660. Langlois
Michel, AB, p. 235-239.
FO oct. 2000, no. 2767.
VALLÉE[2]
Jean (1640- ant. 22 juin 1673)
Baptisé le mercredi 29 août 1640, à Saint-Saens, archevêché de Rouen en Normandie, fils de Pierre Vallée et de Madeleine Dumesnil, il contracte mariage devant le notaire Vachon le jeudi 7 janvier 1666 avec Marie Martin, fille de Jacques Martin et de Marie Lemaistre, de Notre-Dame-de-Cougnes de La Rochelle en Aunis. Il l'épouse à Château-Richer le jeudi 4 février 1666. De leur union naissent trois enfants. Il est le frère de Pierre, époux de Thérèse Leblanc.
Cet ancêtre est confirmé à Château-Richer le 2 février
1660. Il s'établit sur une terre de trois arpents de front qui lui est concédée
par Charles de Lauzon, le 22 mars 1664, à l'Île d'Orléans. Aux recensements de
1666 et 1667, il est à l'Île d'Orléans. En 1667, il possède une bête à cornes
et six arpents de terre en valeur. Le 20 septembre 1669, il échange sa terre de
Sainte-Famille de I'île d'Orléans contre celle d'Antoine Dionne au même
endroit. Le 27 janvier 1673, il achète de Jean Chaudereau au prix de 190 livres
une terre de deux arpents à l'île d'Orléans. Nous ignorons la date précise de
son décès survenu avant le 22 juin 1673, date où le notaire Vachon procède à
I'inventaire de ses biens. Signature
No. 1156.
ANQ GN Vachon 22-03-1664 ;07-01-1666 ; 22-06-1673 ;Aubert 20-
09-1669 ;Vachon 27-01-1673. AAQ RC 02-02-1660. FO oct. 2000
no. 2766.
Les
généalogistes Tanguay, Drouin, Jetté et Lebel ont localisé le lieu d'origine
des frères Pierre et Jean Vallée, nos ancêtres, dans la paroisse de Saint-Jean
de la ville de Rouen en Normandie. Un seul document soutient cette thèse. Il
s'agit de l'acte de mariage de Pierre Vallée, le 12 janvier 1665, à Beauport.
Toutefois les registres de la paroisse de Saint-Jean, disponibles pour
consultation à la Bibliothèque municipale de Rouen (sous les cotes 245 et 247)
et encore en très bon état, nous apprennent que Pierre et Marie Magdeleine
DuMesnil ne s'y sont pas mariés et que leurs fils, Pierre et Jean, n'y ont pas
été baptisés. Les relevés de mariages du Cercle généalogique de Rouen ne nous
en apprennent pas plus. Mince consolation, la lecture rapide des registres de
quelques-unes des trente autres paroisses de la Ville de Rouen nous indique
tout au plus qu'il y a quelques familles Vallée à Rouen à cette époque.
Deux
autres documents d’importance pointent toutefois dans une autre direction: les
contrats de mariage Pierre et de Jean Vallée en Nouvelle-France. Dans le
premier cas, le 16 novembre 1664, le notaire Vachon indique la paroisse de « St
Sent » évêché de Rouen comme lieu d'origine de Pierre. Le 7 janvier 1666, dans
le contrat de mariage de Jean Vallée, le même notaire pointe la paroisse de «
Scainct Sang » archevêché de Rouen. De plus, Mary Louise Dalton publie un
article en 1906 dans les Missouri Historical Society Collections Vol. 2 No. 7,
intitulé « Notes on the Genealogy of the Vallé Family ». Elle y mentionne le
village de Saint-Saëns comme lieu d’origine des frères Vallée. L'auteur avait
consulté deux généalogistes canadiens, Doughty et Gaudet, à l'époque.
Saint-Saëns
est une petite ville située à près de 30 kilomètres au nord de la ville de et à
égale distance, au sud, de la ville de Dieppe, sur les bords de la rivière
Varenne, en bordure de la forêt d'Eawy. Au XVIIe siècle, dans les registres,
Saëns s'écrivait sans le « s » final et se prononçait « san », tout comme
encore aujourd'hui, d'où les difficultés d'orthographe du notaire Vachon. La
ville doit d'ailleurs son nom à un moine irlandais du nom de Saën (nom en
gaélique ancien qui correspond à « Jean » en français) qui y fonda un monastère
vers l'an 675.
Selon
les microfilms des registres de cette paroisse de Saint-Saëns, disponibles sous
les cotes 1167854 et 1460742 du Centre d'histoire familiale de Montréal, de son
mariage avec Marie Madeleine DuMesnil, Pierre Vallée a eu une dizaine d'enfants
dans la paroisse de Saint-Saëns, en Haute-Normandie:
Marie,
baptisée dans l'église du village le 26 février 1630 et ayant eu Nicolas Vallée
et Louise Mesnil comme parrain et marraine; Jean, baptisé le 16 mars 1631 et
ayant eu Jean Carrol comme parrain et Magdelaine Archet (?) comme marraine;
Jacques, baptisé le 30 juillet 1633 et ayant eu comme parrain et marraine,
Jacques Lion et Catherine Mesnil; Louise, baptisée le 31 décembre 1634 et ayant
eu comme parrain et marraine, Nicolas Dumesnil et Louise Guillebert; Pierre,
baptisé le 6 juin 1636 et ayant eu comme parrain et marraine Guillaume Le Grand
et Catherine Carrol; Marguerite, baptisée le 19 février 1638 et ayant eu comme
parrain et marraine Éloy Auger et Marguerite Saint-Ours; Jean, baptisé le 29 août
1640 et ayant eu comme parrain et marraine Louis Tassin Flanchet et Jacqueline
Moulin; Robert, baptisé le 24 mars 1642 et ayant eu comme parrain et marraine
Robert De Lamare et Pierrette Baulon; Adrianne, baptisée le 23 octobre 1643 et
ayant eu André Aloyaudes comme parrain et Louise Flams comme marraine. Adrianne
est probablement décédée le 20 octobre 1669. L'identification des parents
n’ayant pas été faite par le curé lors de l'inhumation, la filiation est
incertaine; Louis, baptisé le 16 juillet 1645 et ayant eu un Louis Carrol comme
parrain et Anne Simon comme marraine.
Il
n'y a pas d'autres baptêmes célébrés par notre couple, ni avant, ni après ces
dates. Il semble donc que Marie ait été le premier enfant et Louis, le dernier.
Dans le registre toutefois, une Magdelaine Mesnil a été inhumée au cimetière de
la paroisse de Saint-Saëns le 20 mars 1646.
Est- ce la femme de Pierre, notre ancêtre normand? L'incertitude restera
sur ce fait car le prêtre n'a pas noté les références habituelles lors de l'inhumation.
Chronologiquement, cette date correspond avec la disparition aux registres du
couple Pierre Vallée et Magdelaine Dumesnil et avec le mariage d'un Pierre
Vallée avec Suzanne Savary le 31 juillet 1646. Est-ce notre ancêtre qui se
remarie? Si c'est le cas, il a au moins 3 autres enfants: Laurens, baptisé le
24 juillet 1647. Catherine, le 22 avril 1649 et Louyse le 8 février 1652.
Est-ce également notre ancêtre Pierre Vallée qu'on inhume au cimetière du
village le 28 mars 1657? Coïncidence le fait que c'est dans cette même année
l657 qu'il est fait mention pour la première fois de son fils, Pierre, en
Nouvelle-France, dans un acte de baptême du 28 décembre 1657 a Trois-Rivières ?
D'autres preuves et recherches dans les actes notariés de Saint-Saëns sont
toutefois nécessaires pour confirmer les liens entre ces mariages et décès.
[1] Source : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres Québécois (1608-1700), Tome VI
[2] Source : Michel Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres Québécois (1608-1700), Tome VI
[3] Maurice Vallée (9949), Mémoires de la Société Généalogique Canadienne-Française, volume 45, no. 1, printemps 1994