Les
petits crocodiles
Il existe plusieurs types de mordeurs.
En effet, les 0-18 mois vont mordre dans le but d’explorer leur environnement.
Ils découvrent par leur bouche; c’est leur façon d’entrer en contact avec le
monde qui les entoure. Comme ils ont encore tout à découvrir, il ce peut qu’ils
veuillent également explorer leurs copains. Les petits découvreurs ont donc
besoins que l’adulte lui procure des occasions, des jouets qui leur permettront
d’expérimenter les réactions provoquées par ses gestes. Les jouets sonores
remplissent bien cette fonction. La pousse des dents peut aussi expliquer les
morsures répétées chez les enfants de cet âge. Il suffit alors de fournir aux
enfants des jouets conçus à cette fin ou leur donner des aliments durs à mâcher.
Nous pouvons aussi leur « dire qu’ils peuvent mordre dans ces objets pour faire
du bien à ses dents, mais qu’il est défendu de mordre un ami ».
Vers 18 mois, le processus de socialisation s’amorce et entraîne
avec lui le désir d’affirmation et d’autonomie. Pour les enfants de ce groupe
d’âge, les contacts sociaux apportent beaucoup de plaisirs, mais également, bon
nombre de frustrations. Durant sa journée, chaque enfant doit faire face à un
grand nombre de frustrations : luttes pour avoir un jouet, une première place ou
l’attention de l’adulte, conflits à propos de la possession d’un objet et
plusieurs autres. De plus, l’enfant de cet âge n’a pas conscience de l’effet de
ses actes, il n’a pas acquis la conscience de l’autre. Se mettre à la place de
l’autre est très abstrait pour un bambin de cet âge. Afin d’arrêter cette
situation, l’éducatrice doit donner à l’enfant un moyen d’exprimer ses
sentiments, de formuler ses désirs (ex : désir d’un jouet, d’avoir l’attention
de l’adulte). Elle ne doit pas seulement interdire le geste, mais doit également
donner une façon de s’exprimer autrement. « En lui faisant prendre conscience de
l’effet de son geste […] nous l’aidons à devenir graduellement plus sensible aux
autres. L’enfant qui mord a besoin d’apprendre à exprimer sa colère d’une
manière acceptable ».
D’autres raisons poussent les enfants à mordre. Par exemple, les
difficultés à tolérer un délai ou une proximité physique peuvent déclencher une
attaque de crocodile. Également, lorsque les cas de crocodiles se produisent
chez des enfants un peu plus vieux (4 ans, par exemple), il y a de fortes
chances que les morsures expriment les tensions que vit l’enfant à la maison.
Mais quelles sont ces tensions ? « La naissance d’un petit frère ou d’une petite
sœur, le déménagement, le départ de la mère ou du père pour un voyage
d’affaires, l’hospitalisation d’un parent, le décès d’un proche ou des tensions
conjugales peuvent être des sources de stress. »
Dans ces cas, il est fortement recommandé de pratiquer l’écoute active. En
reformulant ce que vit l’enfant, en désignant les sentiments qu’il ressent,
celui-ci se sentira compris et soutenu dans cette période particulièrement
difficile pour lui. De plus, l’éducatrice fournit à l’enfant une manière
acceptable d’exprimer ce qu’il ressent, il aura les mots pour dire sa peine ou
sa colère.
Il est parfois difficile de faire face au parent de l’enfant mordu
ou du petit crocodile. Ce qu’il faut se souvenir, au départ, c’est que tout ce
beau monde doit rester anonyme, autant le mordeur que le mordu. Cette façon de
faire évite plusieurs situations qui pourraient devenir problématiques. De plus,
il est important d’informer les parents sur les moyens utilisés pour faire
cesser les attaques de crocodile, il faut expliquer les moyens d’intervention et
de prévention que nous avons mis en place afin de régler la problématique. Le
parent a besoin de se faire rassurer et, en leur faisant part de nos actions,
ils voient que nous avons à cœur le bien-être de leurs enfants. Il faut
cependant rappeler aux parents que malgré tous nos efforts, nous ne pouvons leur
garantir que plus jamais leur enfant ne se fera mordre.
Ces morsures comportent-elles des risques? La plupart de celles-ci
sont sans danger puisqu’elles ne transpercent pas la peau. En effet, une infime
partie la traverse, environ 1 sur 50 (2%) et aucune d’entre elles n’a nécessité
de consultation médicale. Il est également rare qu’il y ait infection suite à
une morsure. Pour ce qui est des risques de transmission de l’hépatite B (qui se
transmet au contact des muqueuses avec le sang ou la salive de personnes
infectées) et du VIH, ils sont très faible et ne peuvent ce produire que lorsque
la peau est transpercée.
Lorsqu’il a morsure, il est important de nettoyer les blessures. Si
la peau n’est pas transpercée, il suffit de nettoyer la blessure à l’eau
savonneuse, d’appliquer une compresse d’eau froide et, bien sûr, de réconforter
l’enfant. Dans le cas d’une morsure ayant traversée la peau, les soins à
apporter sont les suivant : «
-
Laissez la blessure saigner lentement;
-
Nettoyez soigneusement la blessure à l’eau
savonneuse;
-
Appliquez un antiseptique léger;
-
Vérifiez si votre enfant a bien reçu le vaccin
contre le tétanos et assurez-vous que ce vaccin est à jour;
-
Surveillez la blessure au cours des quelques
jours suivants;
-
Si celle-ci devient rouge ou commence à enfler,
appelez votre médecin;
-
Demandez à votre médecin si votre enfant devrait
se faire vacciner contre l’hépatite B.
Ces
renseignements ne devraient pas remplacer les soins et les conseils médicaux de
votre médecin. Ce dernier peut recommander des variations au traitement tenant
compte de la situation et de l’état de votre enfant. »
Afin d’enrailler les morsures, il est pratique de faire de
l’observation. Que doit-on observer? Voici quelques questions à se poser afin de
déterminer ce qui provoque l’agression : À quel moment l’enfant mord-il?
Qu’est-ce qui semble provoquer? Qui l’enfant mord-il? Comment les choses se
passent-elles? Si vous voulez plus d’informations sur la façon d’exploiter ces
questions et d’intervenir, je vous suggère le site suivant :
http://www.mfe.gouv.qc.ca/a_nous_de_jouer/ ou bien le livre du même nom (À
nous de jouer).
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