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Les Aztèques et La vallée du Mexique
Le mot Aztec a été inventé par un écrivain du 19 ème siècle; Le mot a peut-être été utilisé pour assainir ou distancer un peuple historique de leur progéniture. Le peuple rencontré par Cortez a été connu sous le nom de Mexica, chefs de la Triple Alliance. Ils étaient les plus puissants de plusieurs groupes ethniques qui a fait de la vallée du Mexique leur demeure.
Nous en connaissons beaucoup à leur sujet du très récent travail ethnographique de Sahagun et de d'autres prêtres espagnols. Ils ont plusieurs documents qui ont des commentaires espagnols et glossaires nahualt (et parfois d'autres langages) accompagnés d'images utilisées par les natifs.
Les divinités Aztèques :
Coatlicue: Déesse de la terre
Chicomecòatl: déesse du Maïs.
Quetzalcòatl: serpent à plumes, maître de l'Air.
Huitzilopochtli: dieu du Soleil et de la Guerre.
Mictlantecuhtli: dieu de l'au-delà, père de Quetzalcòatl, représenté par un squelette au dents protubérantes.
Ometeotl: dieu supérieur. On ne peut pas le représenter.
Tezcatlipoca: dieu de la Nuit, du Froid et de la Mort.
Tlaloc: dieu de la Pluie et de la Végétation.
Tonantzin: déesse mère.
Xipe Topec: dieu de la Végétation printanière
Depuis très longtemps la vallée de Mexico a vu naître et se développer de nombreuses civilisations. L’une d’entre elles s’établit au nord de l’actuelle capitale. Dès le premier siècle avant note ère une immense cité fut bâtie: Teotihuacan, « le lieu où les dieux sont nés ». Cette civilisation vécut jusqu’au huitième siècle. On y vénérait le Soleil, la Lune et de nombreux autres dieux dont Quetzalcoatl, le Serpent à plumes. Teotihuacan influença par son art et son mysticisme toute l’aire de peuplement méso-américain. Puis elle s’effondra mystérieusement, ne laissant aux futures civilisations que les ruines de sa cité fabuleuse à contempler. Peu de temps après le déclin de Teotihuacan, des barbares chichimèques venus du nord s’implantèrent dans la vallée de Mexico où ils érigèrent leur capitale vers 856 : Tula. Selon la tradition, dix rois-prêtres se seraient succédé jusqu’ en 1168, développant ce que l’on allait appeler l’empire Toltèque. Le plus célèbre de ces rois fut Acatl Topiltzin, fils du dieu céleste Mixcoatl et de la déesse de la Terre Chimalman. En 977 il fut élu roi sous le nom de Quetzalcoatl, le Serpent à plumes.
Mais une guerre civile allait bien vite opposer les partisans du dieu Tezcatlipoca à ceux de Quetzalcoatl qui s’opposait aux
sacrifices humains. Le roi-prêtre fut chassé de Tula et ses fidèles se dispersèrent dans la vallée et s’allièrent avec d’autres tribus Nahuas. Intégrant les tribus nomades venues du nord, Tula se développa jusqu’en 1165, année où la cité fut ravagée par un incendie lors d’une ultime invasion chichimèque. Les toltèques prirent alors la fuite et allaient influencer de nombreuses cités telles que Texcoco, Coyoacan, Azcapotzalco, Culhuacan, Chalca et Xochimilco.
La longue marche des Mexicas
Telle était la situation quand au treizième siècle, un groupe de chichimèques venus du nord allait faire son apparition dans la
vallée de Mexico. On les appelait les Mexicas ou Aztecas. Ils revendiquaient leur appartenance aux Sept Tribus Nahuas qui
seraient sorties du mythique Chicomotzoc, les Sept Cavernes, le lieu où naquit le Monde. Selon la légende, les aztèques
vivaient à Aztlan, une île qui se trouveraient près de la frontière des États-Unis actuels. Suivant les indications de leur dieu
tutélaire Huitzolopochtli, ils migrèrent dès 1168 pour aller fonder leur nouvelle capitale. Mais les aztèques arrivaient dans la
vallée de Mexico assez tardivement et durent affronter les autres tribus Nahuas qui les considéraient comme indésirable. A
partir de 1256 ils occupèrent quelque temps la colline de Chapultepec au bord du lac Texcoco; mais très vite ils en furent
chassés par les guerriers d’Azcapotzalco. Ils se réfugièrent alors sur les terres de la cité de Culhuacan qui leur concéda en
1299 un territoire dans la région de tizapan. Mais l’endroit était très hostile, infesté de vipères, et ceux de Culhuacan pensaient ainsi se défaire de leurs hôtes indésirables. Cependant les Aztèques s’adaptèrent à la région et firent des vipères leur nourriture.
Puis ils s’unirent avec des femmes de Culhuacan obtenant ainsi une parenté avec cette tribu d’origine Toltèque.
La fondation de Tenochtitlan
En 1323 leur dieu Huitzilopochtli leur ordonna d’aller quérir la fille du roi de Culhuacan
pour qu’elle devienne leur déesse de la guerre, Yaocihuatl. Le roi accepta sans imaginer le
funeste dessein des Aztèques : la fille fut sacrifiée et un prêtre se vêtit de sa peau. Le roi de
Culhuacan, venu assister aux festivités en l’honneur de la nouvelle déesse, fut saisi d’horreur
et déclara la guerre aux Aztèques. Une fois encore les Mexicas devaient fuir quand en
1325, ils virent le lieu où Huitzilopochtli leur avait ordonné de bâtir leur cité. A cet endroit
se trouvait un aigle dévorant un serpent sur un cactus. C’était la fin de la longue errance du
peuple Aztèque à la recherche de sa « terre promise ». Sur un îlot du lac Texcoco,
propriété de la cité d’Azcapotzalco, ils fondèrent la ville de Mexico - Tenochtitlan. Pour
agrandir leur domaine ils durent construire des jardins flottants, les Chinampas. Mais les
Aztèques devaient payer de lourds tributs aux Tépanèques d’ Azcapotzalco. Peu de temps
après la fondation de Tenochtitlan ils battirent sur un îlot voisin une cité jumelle appelée
Tlatelolco. Plusieurs années s’écoulèrent durant lesquelles la cité fut gouvernée par des
anciens ou des prêtres. Puis un jour, en quête d’une ascendance noble, d’une origine
Toltèque, les Aztèques prièrent le roi de Culhuacan de leur céder son fils afin que celui-ci
devienne leur souverain. C’est ainsi qu’en 1376 Acamapichtli, fils du seigneur de Culhuacan, fut élu en tant que premier
Tlatoani (roi-prêtre) des Aztèques. Durant son règne Tenochtitlan poursuivit son édification , mais la cité restait tributaire d’
Azcapotzalco. Cependant, les Aztèques s’affirmèrent de plus en plus dans l’art de la guerre en combattant aux côtés des
Tépanèques. A la mort d’Acamapichtli en 1396, son fils Huitzilihuitl lui succéda. Marié à l’une des filles de Tezozomoc,
souverain d’Azcapotzalco, il obtint de ce dernier qu’il allège les impôts. De plus Tezozomoc se montrait plein d’attention pour
son petit fils Chimalpopoca. Les Aztèques profitèrent de cette période de paix avec leurs voisins Tépanèques, pour consolider
leur société. Une société qui s’appuyait tant sur les principes religieux émanant des Toltèques que sur les us et coutumes du
peuples Mexica. Mais nombreuses étaient les cités du lac qui voyaient d’un mauvais oeil l’expansion de Tenochtitlan. Quand, à
la mort de son père, le jeune Chimalpopoca fut élu troisième Tlatoani en 1415, plusieurs tribus tépanèques montraient
ouvertement leur hostilité. Et en 1426, quand moururent Tezozomoc, souverain d'Azcapotzalco, et Chimalpopoca, roi de
Tenochtitlan, Les deux forces les plus puissantes de la vallée de Mexico étaient sur le point de s’affronter.
L’essor de l’empire Aztèque
Maxtlatzin, fils de tezozomoc, succéda à son père sur le trône d’ Azcapotzalco. Il ne cacha jamais sa haine envers les Aztèques
qui devaient endurer de nouveaux impôts. Ceux ci avaient élu Itzcoatl, fils d’ Acamapichtli, pour succéder à Chimalpopoca.
Devant la menace Tépanèque, Itzcoatl s’apprêtait à reconnaître Maxtlazin comme souverain tout puissant de la vallée. Mais à
ce moment intervint un homme qui allait changer totalement la destinée des Aztèques, qui allait faire passer son peuple de l'état de subordonné à celui de dominant. Tlacaelel, fils de Huitzilihuitl, réussit à convaincre les seigneurs Aztèques de la nécessité de ne pas accepter la soumission et de lutter contre les tépanèques. Les Aztèques s'unirent aux cités qui se trouvaient sous le joug des Tépanèques. De l'union entre Tenochtitlan, Tacuba et Texcoco naquit la Triple Alliance. Cette nouvelle force, dirigée par Itzcoatl, Tlacaelel et son frère Moctezuma, et le prince Nezahualcoyotl de Texcoco, allait infliger de lourdes défaites aux Tépanèques jusqu'à ce que tombe Azcapotzalco en 1428.
La réforme de Tlacaelel
A la suite de cette victoire, Tlacaelel reçut le titre de Cihuacoatl, conseiller suprême du roi, et s'impliqua dans une réforme
complète de la société. Avec lui est née la vision mystico guerrière du peuple Aztèque qui se considérait comme la nation élue
du Soleil. Tlacaelel décida de consolider le pouvoir Aztèque par une réforme idéologique. Il fit brûler les anciens codex des
peuples vaincus pour les remplacer par ceux des Mexicas. Les livres d'histoire allaient devenir un des instruments de
domination. Les anciens dieux tribaux étaient conservés mais les Aztèques placèrent au premier rang leurs divinités les plus
marquantes : Huitzilopochtli et sa mère Coatlicue, la déesse de la Terre.
Conception du monde
Les Aztèques considéraient que plusieurs Soleils avaient existé auparavant. Il y avait eu le Soleil de terre suivi de ceux du vent, du feu et de l’eau. Tous périrent dans un cataclysme. Le cinquième Soleil fut créé à Teotihuacan. Les dieux se réunirent pour désigner celui qui aurait l’honneur d’incarner le nouvel astre. Ce soleil était celui du mouvement. Mais comme les précédents sa destinée était de disparaître lui aussi dans un cataclysme. C’est cette perspective pessimiste qui est à l’origine de la vision mystico guerrière des Aztèques. Tlacaelel réussit à persuader les sages que l’on pouvait éviter la mort du Soleil en le nourrissant d’eau précieuse. Ce liquide était le sang des êtres humains que l’on allait sacrifié pour assurer la survie de l’astre solaire. Pour qu’il ne manque jamais d’eau précieuse, Tlacaelel instaura le principe des « guerres fleuries » entre les cités de la Triple Alliance. L’objectif était d’obtenir suffisamment de prisonniers pour les sacrifices. Pour que le Soleil vive, la guerre était devenue indispensable. Les Aztèques justifiaient alors leurs conquêtes par la mission suprême qu’il devaient accomplir. Dans toute la vallée de Mexico les nouveaux codex illustraient la puissance de Huitzilopochtli et la grandeur du peuple Mexica.
La splendeur de l’empire Aztèque
A la mort d’Itzcoatl en 1440, Moctezuma Ilhuicamina, fils de Huitzilihuitl et frère de Tlacaelel, fut élu cinquième Tlatoani des
Aztèques. Tlacaelel restait le conseiller suprême du roi. Ensemble ils poursuivirent l’expansion de l’empire en affrontant les
Huastèques et les Mixtèques bien au delà de la vallée. Les tributs provenant des régions soumises aux Aztèques affluaient à
Tenochtitlan : des pierres précieuses, des plumes de toutes les couleurs, du cacao, des plantes, des animaux... Jamais autant de richesses n’étaient arrivées dans la capitale. De grands travaux d’embellissement et d’agrandissement furent menés à bien
durant cette période. Tlacaelel ordonna alors la construction d’un temple somptueux à la gloire de Huitzilopochtli. Mais à partir
de 1446 les Aztèques durent affronter toute une série de calamités. Les sauterelles ravagèrent les récoltes. En 1449,
Tenochtitlan fut inondée. Puis le gel et la sécheresse des années 1450 à 1454 amenèrent la famine. Par chance 1455 fut une
année favorable grâce à ses pluies généreuses. Les récoltes de mais furent importantes et les Aztèques purent remplir leurs
silos. Pour des raisons commerciales et stratégiques les guerres reprirent. Mais Les Tlaxcaltèques opposaient aux forces de la
Triple Alliance une farouche résistance. En 1458, Moctezuma s’empara de Coixtlahuaca et soumit les Mixtèques. C’était une
victoire importante car elle ouvrait aux Aztèques la route vers le Guatemala. Les Huastèques et les Totonaques, dans la région
de golfe, ne tardaient pas eux aussi à tomber sous la coupe des Aztèques. Cependant, la position de ces derniers n’était pas
assurée dans les régions les plus éloignées de Tenochtitlan. L’élite de l’armée, composée de « chevaliers aigles » et de «
chevaliers tigres », était trop restreinte pour contrôler un si vaste territoire. Alors les Aztèques durent composer avec les tribus soumises. Tout en imposant leur culte à Huitzilopochtli ils toléraient les divinités des peuples conquis. Certaines nations étaient exonérées d’impôts en échange de leur contribution en guerriers. Dans la vallée de Mexico, Texcoco, la principale alliée de Tenochtitlan, recevait une part de tribut identique à celle de sa puissant e voisine. Ceci allait lui permettre de se développer considérablement. Texcoco devint un centre culturel de première importance grâce à son souverain Nezahualcoyotl, le prince poète. Il rétablit dans sa cité les valeurs humanistes de Quetzalcoatl et fut considéré comme un grand sage. Après un long règne de 29 ans Moctezuma mourut en 1468. Les seigneurs Aztèques offrirent le trône à Tlacaelel qui le refusa. Conscient de son immense pouvoir en tant que Cihuacoatl, conseiller suprême du roi, Tlacaelel préférait conserver son rang auprès du nouveau Tlatoani Axayacatl, petit fils d’Itzcoatl. Ensemble ils poursuivirent l’expansion de l’empire Aztèque. Cependant les forces de la Triple Alliance subirent leur premier grand revers contre les troupes Tarasques du Michoacan. Mais loin de se décourager les Aztèques continuèrent leurs guerres de conquête. C’est à la fin du règne d’Axayacatl que s’éteignit Tlacaelel, le grand réformateur de la nation Aztèque. Le roi mourut peu de temps après en 1481. Tizoc, frère d’Axayacatl, fut élu septième
Tlatoani. Mais il ne brillait pas par son ardeur à combattre et à conforter la puissance Aztèque. C’est son frère cadet Ahuizotl,
élu huitième Tlatoani à la mort de ce dernier en 1486 qui poursuivra l’idéal mystico guerrier de Tlacaelel. La construction du
somptueux temple dédié à Huitzilopochtli s’acheva sous son règne, et de nombreuses victimes furent sacrifiées pour cette
occasion. Ahuizotl combattit jusqu’au Guatemala et s’attacha à l’embellissement de Tenochtitlan. Il ordonna la construction
d’un aqueduc pour amener l’eau de Coyoacan à la capitale. Mais cette oeuvre allait être la cause de sa mort. En 1502
Tenochtitlan fut inondée et le roi périt dans la catastrophe.
Le déclin de l’empire Aztèque
Moctezuma Xocoyotzin, fils d’Axayacatl, fut élu neuvième Tlatoani. C’était un homme très érudit mais qui passait de longs
moments à méditer dans les temples de la cité. Il confia les postes les plus importants de l’empire aux fils des seigneurs de
Tenochtitlan, Texcoco et Tacuba. Puis il renforça le pouvoir Aztèque dans les régions les plus instables. Mais il subit une défaite cuisante contre Tlaxcala en 1515. Un revers très inquiétant pour Moctezuma qui, plongé dans une profonde réflexion religieuse, voyait dans chaque événement les signes d’un bouleversement très proche. Les Aztèques croyaient que le temps était découpé en cycle de 52 années. Chacun de ces cycles pouvaient se terminer par un cataclysme qui aurait mis fin au Soleil. Or cette période devait s’achever en 1519. Une série de présage venait tourmenter l’esprit de Moctezuma. Il vit une comète un soir où il méditait. Puis un des temples de Tenochtitlan s’embrasa. Et quand on lui annonça l’arrivée d’étranger à la peau blanche, venus de la mer, Moctezuma ne put s’empêcher de penser aux anciens codex qui prédisaient le retour de Quetzalcoatl. C’est ainsi que le 8 novembre 1519, une petite armée d’espagnols arriva à Tenochtitlan sans que les Aztèques ne gênent vraiment leur progression. Moctezuma redoutait cette rencontre, et quand il se trouva en face du capitaine espagnol, Hernan Cortes, il lui fit allégeance, s’imaginant devant le dieu Quetzalcoatl revenu prendre possession de ses terres. Cortes avait vite compris l’avantage qu’il pouvait tirer de cette situation. Et si les forces de La Triple Alliance étaient infiniment plus nombreuses que les espagnols, le conquistador avait su rallié les tribus Chalcas, Tépanèques et Tlaxcaltèques qui n’acceptaient pas la domination Aztèque. Les espagnols passèrent rapidement à l’assaut; la noblesse de la Triple Alliance fut décimée et Moctezuma fut emprisonné puis tué. Les survivants Mexicas tentèrent de résister, mais après un long siège, Tenochtitlan tomba le 13 août 1521. L’empire Aztèque s’était écroulé.
LE CALENDRIER DES TOLTEQUES,
DES AZTEQUES ET DES INCAS.
Le texte qui suit a été trouvé à cette adresse : http://www.americas-fr.com/civilisations/civilisations/azteques.htmlAvant d'être découverte et dominée par les Européens, l'Amérique eut des peuples qui s'élevèrent à une
remarquable civilisation.
Les plus célèbres furent les Toltèques dans le pays occupé aujourd'hui par Mexico et ses environs où ils
fondèrent un puissant empire vers le VIIe siècle, les Aztèques, peuplade d'abord barbare venue du
nord, qui détruisit l'empire des Toltèques au XIe siècle, s'installa à sa place, mais fut conquise par la
civilisation dont elle devint l'héritière, et, dans l'Amérique du Sud, les Incas dont l'empire s'étendait des
rives du Paciflque aux Cordilières des Andes, dans une partie du Pérou et du Chili d'aujourd'hui.
On peut encore mentionner les Mayas et les Nahoas, dans le Yucatan et l'Amérique centrale et les
Chibchas, habitant le bassin du fleuve Magdalena en Colombie d'aujourd'hui.
D'autres peuplades, comme les Natchez, dans l'Amérique du Nord, ou les Araucans dans celle du Sud,
sont sans intérêt pour le sujet qui nous occupe.
On admet communément que l'Amérique a été peuplée par l'Asie et le détroit de Behring, au nord, et
par les îles australiennes au sud ; c'est pourquoi nous parlons du calendrier des anciens peuples de
l'Amérique après celui des Hindous et des Chinois.
Ces peuples, non seulement à l'époque de la découverte et de la conquête par les Espagnols, mais avant
l'ère chrétienne, connaissaient l'année solaire, l'usage du gnomon ainsi que les révolutions de Mars, de
Vénus et l'apparition des Pléiades.
Dans les champs de Tlathuica, près de Cuernavaca, se trouvent les restes de Xochicalco (ville des
fleurs), dont le centre est occupé par une célèbre pyramide à la base de laquelle sont des bas-reliefs
représentant des faits historiques, chacun avec sa date selon le calendrier d'alors.
Une des tours de la cathédrale de Mexico conserva longtemps à sa base une pierre monolithe contenant
le calendrier aztèque. Cette pierre est aujourd'hui au musée national de la ville.
Après s'être primitivement servis, comme tous les autres peuples, de calendriers lunaires, les Toltèques,
les Mayas et les Nahoas arrivèrent, plus de trois siècles avant notre ère, à l'année solaire de 365 jours.
Ils reconnurent même ou apprirent d'autres peuples que cette année était trop courte car, en 249 avant
Jésus-Christ, les prêtres et astronomes réunis à Huchuctlapallan, décidèrent d'ajouter tous les quatre ans
un jour supplémentaire.
Ils n'auraient même pas ignoré que cette intercalation ne suffisait pas à faire concorder parfaitement
l'année civile avec l'année solaire.
Les Mayas et les Nahoas faisaient commencer l'année au solstice d'hiver qu'ils reconnaissaient au
gnomon, lorsque l'ombre produite par le soleil cessait d'augmenter.
Des 365 jours de l'année, 360 étaient distribués en 18 mois de 20 jours chacun, dont voici les noms
chez les Aztèques :
1. Atlacamalco. 10. Xocohueztzi. 2. Flacoxipelmaliztli. 11. Ochpaniztli. 3. Fozoztoutli. 12. Teotleco. 4. Huetozoztli. 13. Tecpeihuitl. 5 . Foxcalt. 14. Quecholli. 6. Etzacualiztli. 15. Panquetzaleztli. 7. Tecuhilhmitoutli. 16. Atemoztli. 8. Hueytecuhilhuitl. 17. Fitilt. 9. Flaxochimaco. 18. Ytcalli. Ces 18 mois de vingt jours donnant 360 jours, on ajoutait 5 jours complémentaires, placés à la fin du
dernier mois, et un sixième tous les quatre ans.
Pour désigner les vingt jours du mois, les ancêtres des Mexicains se servirent de quatre noms : acalt,
tecpalt, calli et tachtli, et pas plus de quatre, pour rappeler les quatre vents, les quatre éléments, les
quatre saisons et aussi le Soleil, Vénus, la Lune et la Terre.
Ils répétaient ces quatre mots dans le même ordre cinq fois de suite dans le mois de vingt jours.
Et, bien qu'il n'y eût, à l'origine, que ces quatre désignations, les mois comportaient des périodes, non de
quatre, mais de cinq jours, dont le cinquième était jour de marché.
Plus tard, chacun des vingt jours eut son nom particulier:
1. Acalt, roseau. 11. Calli, maison. 2. Ocelotli, tigre. 12. Cuetzpallin, lézard. 3. Cuauhtl, aigle. 13. Cohuatl, couleuvre. 4. Cozcacuauhtli, corbeau. 14. Miquiztli, mort. 5. Ollin, soleil. 15. Mazatl, cerf. 6. Tecpalt, flèche ou silex. 16. Tochtli, lapin. 7. Quiahuitl, pluie. 17. Atl, eau 8. Xochitl, fleur. 18. Ytzcuiutli, chien. 9. Cipactli, poisson. 19. Ozomatli, guenon. 10. Ehecalt, vent. 20. Mahinalli, herbe sèche. On peut remarquer que les quatre noms primitifs ont été conservés pour désigner les 1er, 6e, 11e et 16e
jours.
Avant que ces noms fussent exprimés par l'écriture, ils le furent seulement par des symboles qui
rappellent les hiéroglyphes égyptiens ou les catastérismes chaldéens du zodiaque.
Ainsi le premier mois, avant d'être écrit acalt, qui veut dire roseau, était représenté par un roseau; le 16e
par une tête de lapin, et les autres par un aigle, une fleur, un lézard, etc.
C'est sous cette forme primitive que les anciens monuments expriment les vingt jours du mois.
Les noms cités plus haut sont ceux du calendrier Nahoa.
Le calendrier aztèque employait les mêmes mots, ou plutôt les mêmes signes, mais disposés dans un
ordre différent.
Le roseau, au lieu d'y être le premier, est le treizième.
Les dix-huit mois étaient également représentés par des symboles gravés côte à côte, du premier au
dix-huitième, en forme circulaire.
Les Toltèques, les Mayas et les Nahoas avaient en outre une période de 52 ans et une autre de 1040
ans.
Les Aztèques appelaient le cycle de 52 ans Ximhmolpilli, qui signifie le lieu des années.
Ils le représentaient par un cercle au centre duquel était l'image du soleil, et autour du soleil un serpent
qui en se repliant sur lui-même formait quatre petites boucles aux quatre points cardinaux du cercle.
Chaque partie comprise entre deux boucles équivalait à un quart de la circonférence et représentait 13
années du cycle. Les 52 années étaient figurées par les quatre symboles primitifs mentionnés plus haut :
roseau (acalt), flèche, (tecpalt), maison (calli), lapin (tochtli).
Ces quatre figures sont répétées treize fois dans le même ordre.
Ces peuples avaient enfin la notion des quatre saisons séparées par les quatre points équinoxiaux qu'ils
représentaient par les extrémités d'une croix appelée Nahmi ollin, symbole qui causa un étonnement
extraordinaire aux Espagnols lors de leurs premières conquêtes.
La représentation des jours, des mois et des années par des symboles donne à la science astronomique
des anciens peuples d'Arnérique un extérieur de parenté avec celle des Chinois, des Chaldéens et des
Égyptiens.
Comme les Égyptiens, les Toltèques et Aztèques se servirent d'hiéroglyphes et n'arrivèrent que très tard
à l'écriture.
Ils ne connurent pas non plus l'usage des chiffres, en l'absence desquels ils représentaient leurs
caractères numériques par des figures symboliques.
Enfin, comme en Égypte, on a trouvé dans ces pays des restes de pyramides.
Les peuples de l'Amérique du Sud étaient moins avancés dans la science du calendrier que ceux du
Mexique.
Les Incas avaient un calendrier luni-solaire. Le solstice d'hiver, qui arrivait chez eux le 21 juin, était un
jour de grande fête. Ils le connaissaient par le gnomon.
Les Chibchas, peuple primitif de la Colombie d'aujourd'hui et qui fut assez civilisé, n'avaient qu'une
année lunaire, formée de douze lunaisons.
Après le XVIe siècle, lors de la conquête du Mexique et du Pérou par les Espagnols, du Brésil par les
Portugais, de la colonisation de l'Amérique du Nord par les Français et les Anglais, les deux Amériques
adoptèrent le calendrier d'Europe.
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Révision : 04 avril, 2006 11:41
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