EXPÉDITION SOMMET DU CANADA 2001

(15 - 19 Mai)

Introduction / 27 Avril - 8 Mai / 8 - 14 Mai (Groupe Principal) / 8 - 14 Mai (Groupe Avancé) / 15 - 19 Mai / RapSit / Carte

  Mardi - 15 Mai

C’est aujourd’hui notre premier lever en groupe depuis notre séparation le 8 mai. Ian, Dave, Patrice et moi voulons nous rendre au camp 5 pour tenter d’atteindre le sommet demain. Patrick et Eric vont dans la même direction, mais dans leur cas, c’est pour ainsi dire une mission de sauvetage. Nous voulons nous rendre au camp des Allemands puis évaluer la situation. Si Eric et Pat peuvent les aider par eux-mêmes, nous continuons. Sinon, nous les aidons tous. Or, aujourd’hui, la mauvaise température nous empêche de continuer après le Prospector Pass. Nous sommes donc obligés de revenir au camp 4. Selon ce que nous savons de l’état des Allemands, nous avisons les gardiens de parc de la situation, puis nous transmettons le RAPSIT quotidien en sachant pertinemment qu’il va générer plusieurs questions. Voici notre point de vue : nous voulons fournir notre aide, mais sans nous exposer à des risques exagérés. Ce sont les conditions climatiques qui décideront si nous allons rejoindre les Allemands ou non. Une fois rendus, nous pourrons évaluer notre capacité à les aider à redescendre. S’il nous est impossible de les aider sans mettre en péril nos propres vies, nous leur laisserons du combustible et des provisions et laisserons les professionnels faire leur devoir.

Remarque : Le point le plus élevé atteint par le groupe principal est près de la crête du Prospector Pass, à 5 500 m environ, ce qui constitue une belle réussite pour les quatre membres de l’équipe, car pour certains, c’était la première expédition d’alpinisme.

RapSit envoyé au CGSN

Patrice ce reposant avec l'équipe de Calgary en arrière plan

Juste avant la chute de glace

Notre camp 2 avec la chute de glace et le Mont Queen en arrière plan

Mercredi - 16 Mai

Au lever, le ciel est clair, mais le RAPMET nous annonce que ça ne durera pas plus tard que midi. À cette altitude, nous avons appris à nous fier au RAPMET, et nous évaluons que nous n’avons pas assez de temps pour traverser le col, voir quel est l’état des Allemands et revenir sains et saufs au camp 4. Nous aurions besoin d`environ 8 heures. Nous appelons donc les gardiens de parc pour leur dire que nous ne pourrons pas aider les Allemands, mais que le temps clair jusqu’à midi laisse assez de temps pour qu’un hélicoptère s’en occupe. Après bien des délibérations et plusieurs appels téléphoniques par satellite, les gardiens de parc prennent la relève comme ils le doivent. Selon notre calendrier, la dernière journée dont nous disposons pour essayer d’atteindre le sommet, c’est malheureusement aujourd’hui. À ce stade, il est donc trop tard pour l’équipe principale de monter plus haut afin de tenter l’escalade du sommet. La seule chose raisonnable à faire est donc de redescendre avec quelques jours d’avance. Nous remballons donc notre matériel, et lorsque nous levons le camp 4 à 12 h, un hélicoptère nous survole. Nous saurons plus tard comment les Allemands s’en sont sortis, mais les gardiens de parc nous ont demandé de laisser une cache au camp 4 si nous le pouvions. Nous avons laissé des provisions et du combustible pour deux jours, et marqué la cache de perches-repères. La descente est simple et rapide; nous arrêtons à chaque cache pour y récupérer des provisions, du matériel et des rebuts. C’est à Eric qu’est revenu l’honneur de lancer notre sac de " déchets " dans une crevasse croisée pendant la descente. Nous rencontrons une équipe de quatre alpinistes de Calgary qui transportent la moitié d’une charge du camp 2 au camp 3. En tout, trois heures ont suffi pour descendre au camp 2. Demain, nous nous rendrons au camp de base. Nous y serons sept jours à l’avance, à cause des jours de mauvais temps prévus dans l’échéancier de descente. Si nous pouvons prendre l’avion jusqu’à Yakutat, nous verrons s’il est possible d’échanger nos billets pour retourner chez nous plus tôt.

RapSit envoyé au CGSN

Descente entre les camps 2 et 1.5

Gulf Air Taxi fidèle au rendez-vous au Camp de Base

Le Camp de Base maitenant très bien peuplé avec tout l`équipement du Arctic Institute of Canada

Jeudi - 17 Mai

Au lever, le soleil nous salue à nouveau. Comme prévu la nuit dernière, nous avons levé le camp et commencé la descente vers le camp de base. Nous sommes partis vers 11 h, et après avoir récupéré tout le matériel et les déchets des camps 1.5 et 1, nous sommes rendus au camp de base. Au camp 1, nous avons appelé Gulf Air Taxi pour les informer que nous serons au camp de base dans une heure environ, et ils nous ont informés que deux avions y seraient dans une heure et demie ou deux heures. En fait, ce fut l’inverse : les avions étaient là après une heure, et nous ne sommes arrivés qu’une heure et demie plus tard. Comme le temps semblait incertain (des nuages dans la vallée se dirigeaient vers le camp de base), nous ne voulions certes pas manquer les avions, et tous les membres de l’équipe ont donc accéléré le pas jusqu’à marcher presque à double cadence. L’augmentation sensible de la pression atmosphérique a nul doute joué un rôle positif dans ce dernier sprint.

Patrice, Patrick, Ian et Dave s’envolent en premier dans les deux avions, pendant qu’Eric et moi récupérons nos rations d’urgence de notre cache au camp de base. Nous passons l’heure suivante à parler avec d’autres équipes, notamment une équipe américaine dirigée par un guide suisse, une équipe canadienne, et l’équipe du camp de base du Arctic Institute of Canada. Eric et moi avons été bien contents de passer quelques minutes avec l’équipe du camp de base pour en apprendre plus sur ses objectifs de recherche sur le mont Logan cette année.

Et enfin, vers 17 h, Kurt est venu nous chercher et Eric et moi avons pu à nouveau admirer le vol spectaculaire au-dessus des montagnes en Cessna 185.

À notre arrivée, Patrice nous annonce que devancer les vols ne devrait pas poser de problème et que nous serons tout probablement en mesure de partir pour Seattle demain sur le vol de 17 h 30. Nous avons ensuite tous pris une bonne douche, un bon repas au gîte de Yakutat, une soirée de billard au gîte Beaver Barrier, et une bonne nuit — sèche! — dans la cabine de rondins de cèdre " Outlook ".

RapSit envoyé au CGSN

Une dernière photo d`équipe avec Kurt et George à l`aréoport de Yakutat

Vendredi - 18 Mai

Après une bonne nuit de sommeil, une visite rapide du centre-ville de Yakutat et un bon déjeuner, nous retournons chez Gulf Air Taxi pour conclure les derniers détails administratifs (paiements, emballage, etc.). La journée passe très vite et, à 16 h 30, nous sommes à l’aéroport, prêts à partir. Kurt et George, de Gulf Air Taxi, viennent nous souhaiter un bon voyage.

Le vol se passe sans anicroche : nous arrivons à Seattle à temps, nous nous rendons à l’hôtel et nous sommes tous au lit vers minuit.

RapSit envoyé au CGSN

  Samedi - 19 Mai

Nous nous rencontrons tous pour le déjeuner vers 6 h 15 près de l’entrée principale de l’hôtel. Nous partons pour l’aéroport à 7 h et après avoir traîné nos sacs dans une bonne moitié de l’aéroport, nous pouvons enfin enregistrer nos bagages. À notre grande surprise, nous apprenons que les contenants de combustible vides (pour les poêles de camping) ne sont pas permis en avion. Après quelques discussions et une vérification avec la section des matières dangereuses, nous n’avons pu que les laisser à l’aéroport. La décision a été rendue à 8 h 15, et l’avion part à 8 h 30. Nous terminons l’enregistrement de nos bagages, sautons sur la navette pour nous rendre au terminal d’Air Canada, puis nous courons jusqu’à la porte pour entrer dans l’avion où le dernier appel d’embarquement avait été fait depuis belle lurette.

Après un transfert à Toronto et un sac à dos manquant à l’appel (celui d’Eric), nous sommes arrivés à Ottawa à 18 h , où nos proches nous attendaient.

Mission accomplie!

FIN

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