EXPÉDITION SOMMET DU CANADA 2001

(27 Avril - 8 Mai)

Introduction / 27 Avril - 8 Mai / 8 - 14 Mai (Groupe Principal) / 8 - 14 Mai (Groupe Avancé) / 15 - 19 Mai / RapSit / Carte

  Vendredi – 27 Avril

Nos épouses, petites amies et enfants nous ont accompagnés à l’aéroport pour le départ. Le remplacement d’un pneu et le dépannage d’un bruit dans le logement du train avant ont retardé ce départ d’une heure. Le vol jusqu’à Toronto a été calme et nous sommes partis à temps pour Seattle. Ce fut somme toute une longue journée et nous n’avons pas beaucoup dormi en avion. Arrivés à l’hôtel vers 23 h (heure locale), nous nous sommes couchés immédiatement.

  Samedi - 28 Avril

Après le lever, à 5 h 15, le déjeuner continental a été bien apprécié. La navette de l’aéroport nous a déposés devant le guichet de préenregistrement des bagages: payer deux dollars ou traîner deux lourds sacs dans tout l’aéroport? La décision fut facile. Les membres de l’équipe ont hâte d’arriver et évaluent nos chances d’atteindre le camp de base cet après-midi. Yakutat a été sous la pluie toute la semaine, et l’on prévoit le même temps pour encore une semaine. Le vol vers Yakutat a été calme; George, de Gulf Air Taxi, est allé chercher un camion pour transporter tout notre équipement au hangar. Après un délicieux dîner au gîte de Yakutat, l’attente a commencé. Le temps devait s’éclaircir cet après-midi, et les conditions semblaient favorables. Mais, ô malheur, le conservateur du parc a négligé de transmettre à Gulf Air Taxi nos permis d’escalade et d’attérissage, qui sont absolument nécessaires pour partir. Nous avons finalement réussi à joindre le conservateur après le souper; il nous a promis de transmettre nos permis par télécopieur le soir même, ce qui nous permettra de prendre l’avion jusqu’au camp de base tôt le lendemain matin (si les conditions météo le permettent). Nous avons donc loué une petite cabine au gîte, avec huit lits superposés. Vingt-cinq dollars chacun ont suffi pour une bonne nuit de sommeil en préparation pour le départ, prévu pour 7 h le lendemain.

RapSit envoyé au CGSN

Préparatif just avant de quitter le Camp de Base

Patrick appréciant le paysage du Camp 1

Dimanche - 29 Avril

Nous avons bien apprécié notre dernier petit déjeuner au gîte avant de partir pour Gulf Air Taxi. Le vol a été spectaculaire : nous avons pu voir clairement le trajet et localiser les plus grosses crevasses sur la piste menant au camp 1. Les deux premiers avions sont arrivés à 8 h 30, le troisième à 10 h. Le camp de base est situé à 6718292 / 0510272 (2 764 m). Nous avons enfoui nos réserves d’urgence (assez de Mr. Noodles pour cinq jours) puis l’ascenssion a commencé à 11 h. À partir de Yakutat, au niveau de la mer, l’air semble déjà raréfié au camp de base, et il suffit de marcher pour ressentir des douleurs aux jambes. La météo a été bonne pour nous aujourd’hui : temps couvert avec quelques percées de soleil, et le vent a graduellement tombé, de 25 km/h à près de 0. Lors de certaines pauses, le silence était si grand que c’en était troublant. Deux alpinistes allemands sont laissés au camp de base juste après nous; ils sont là pour trois semaines et veulent escalader le mont Logan et une autre montagne. À 15 h, nous atteignons le camp 1 et nous commençons immédiatement à creuser. Après une heure, nous avons bâti un solide mur de neige pour nous protéger du vent. Nous voyons alors l’équipe allemande suivre nos traces : ils portent tout leur équipement sur leur dos. 18 h : notre camp est bien installé et nous préparons le souper. La plupart d’entre nous ont des maux de tête (fatigue ou mal aigu des montagnes [MAM]), trois des membres de l’équipe ont eu la nausée ce soir (clairement le MAM) et deux avaient de légers étourdissement pendant l’ascenssion. Nous verrons demain matin comment chacun se sent après une bonne nuit de sommeil. Nous sommes montés de 3 100 m environ entre Yakutat et le camp 1, et nous aurons peut-être besoin d’un peu plus de temps pour nous acclimater a cet altitude.

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Vue du "King Trench" à partir du Camp 1

Lundi - 30 Avril

Il a été décidé qu’aujourd’hui serait un jour de repos, car certains ont encore de légers maux de tête, et il y a quelques coups de soleil. La nuit a été plutôt fraîche mais sans nuages. La journée a été passée à aérer et faire sécher nos sacs de couchage et à préparer l’équipement non essentiel qui sera transporté et laissé demain au camp 1.5. Nous avons aussi érigé un mur autour de nos latrines, ce qui bloquera le vent... et les regards. L’équipe d’Allemands nous a dit qu’ils partiraient monter mais ils ont fini par rester. Trois Américains ont passé et cette équipe a continué à skier jusqu’à un emplacement plus élevé.

Ian, Pat et Patrice se sont sentis mal aujourd’hui et n’ont pas pu manger. MAM, c’est sûr. Nous verrons comment ils vont demain.

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Magoo recevant notre raport météo matinal avec le téléphone satellite

Eric l`homme des neiges!

Mardi - 1 Mai

La journée a bien commencé car il faisait –12 oC (c’est doux) à notre réveil, lorsque nous avons appelé pour avoir le RAPMET. Une tempête de neige s’annonce pour demain, mais les conditions semblent belles aujourd’hui. Nous décidons donc de changer un peu les plans, c’est-à-dire de lever le camp et de transporter tout le matériel au camp 2 aujourd’hui. Nous pourrons nous reposer demain en attendant que la tempête passe.

Peu après le départ (vers 10 h), les nuages apparaissent rapidement, le vent se lève et la neige commence à tomber. Comme nous sommes déjà à 1 km du camp 1, nous décidons de continuer aussi longtemps que nous le pouvons. Eric a alors utilisé son compas en combinaison avec le GPS de David afin de confirmer périodiquement notre emplacement, car la visibilité est nulle. Quelques kilomètres plus loin, les vents deviennent si forts que nous en perdons l’équilibre, et nous nous arrêtons plus ou moins à l’endroit prévu pour la cache 1.5. En tout, nous avons gagné 200 m et 2,5 km avant d’arrêter. À ce point, le vent hurle et nous assaille de balles gelées. Nous nous mettons donc à couper des blocs de neige pour ériger un mur qui protégera nos tentes contre le vent. L’érection du mur et la mise en place des tentes nous occupent entre 13 h 30 et 15 h 30. Nous avons tous l’air de bonshommes de neige et Patrice a des signes d’engelure dans la figure. Nous pouvons nous réchauffer dans les tentes, mais dès que quelqu’un ouvre une des portes à glissière, c’est la tempête à l’intérieur.

Quelques heures après notre arrivée, l’équipe d’Allemagne nous rejoint au camp 1.5. Nous sommes tous heureux de les voir.

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Patrick et ...

Magoo appréciant la belle température ...

Mercredi - 2 Mai

La nuit dernière et aujourd’hui ont été identiques : des bourrasques de 50 à 70 km/h nous ont enneigés. Le RAPMET de ce matin prévoyait une plus grande intensité cette nuit. La tempête surprise d’hier n’était qu’un avant-goût car un " système organisé " s’en vient. Nous avons donc été confinés aux tentes toute la journée. Il y avait trop de vent pour faire la cuisine, même dans les vestibules, et nous n’avons mangé que des aliments froids. Peu après dîner, Eric et moi allons dans la tente de Pat et Patrice pour jouer au euchre pour quelques heures. C’est serré mais ça passe le temps. À 14 h 30, la tente de David en a assez et un des mâts casse. Nous ne pouvons pas le réparer dans ces conditions. La plus grosse tente, en forme de dôme, a pris le plus gros de la tempête. Cette tente s’est maintenant effondrée et Dave et Ian doivent chacun déménager dans une tente pour deux. On fixe des cordes dans les deux autres tentes pour les renforcer mais cela rend aussi les mouvements encore plus ardus. Une très longue nuit s’annonce. L’équipe d’Allemagne est toujours installée près de notre mur de neige; ils ont dû remarquer qu’une tente nous manque car ils s’efforcent de renforcer leur propre tente en dôme à l’aide de piquets et de corde d’alpinisme.

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Patrice s`étirant les jambes quelques peux pendant le calme temporaire

Jeudi - 3 Mai

La nuit dernière a été dure. Empiler trois personnes dans une tente pour deux, ça enlève une bonne partie du confort et du sommeil. La météo n’avait pas de bonnes nouvelles non plus : un système de basse pression s’abat actuellement sur tout l’Alaska, et l’on prévoit neige et grands vents pour deux jours encore. Hier, nous n’avons même pas pu allumer un poêle à cause du vent : l’idée de manger uniquement des provisions froides pendant deux jours n’est pas réjouissante. L’encombrement dans les tentes pousse nombre d’entre nous à s’aventurer dehors : nous avons donc commencé à pelleter la neige loin des tentes et ériger notre mur de neige encore plus haut. Le vent est moins violent qu’hier et nous avons réussi à monter la tente de Dave de nouveau après réparation. Le vent souffle toujours mais le soleil pointe le nez à travers les nuages et les gens sont bien contents de sortir des tentes surpeuplées. La tempête sévira peut-être demain, mais aujourd’hui, nous pouvons déguster un repas chaud, coucher dans nos tentes, et le moral est donc excellent. Je devrais aussi signaler qu’Eric, Pat et Patrice ont bâti la latrine la plus luxueuse jamais vues sur le mont Logan : nous sommes maintenant bien protégés du vent pendant que nous faisons nos besoins. Tous les membres de l’équipe vont bien; certains dont moi-même se sont plaints de vertige et d’essoufflement ce matin, mais c’est probablement l’effet combiné du vent et du peu d’alimentation d’hier. Mes joues montrent aussi un sourire brûlé par le vent et le soleil, et la peau commence à craquer. Le visage de la plupart d’entre nous témoigne d’ailleurs des conditions climatiques extrêmes que nous avons subies.

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Le project d`aujourd`hui ... un mur déflecteur en forme de V

Vue du "King Trench" vers le Camp 2

Vendredi - 4 Mai

Nous avons tous bien mieux dormi la nuit dernière. Le vent hurlait (entre 50 et 60 km/h) et Ian et Dave ont dû sortir deux fois pour dégager leur tente à la pelle. Mais nous étions de retour dans nos propres tentes et nous avons eu assez de place pour coucher. Les prévisions pour aujourd’hui annoncent des vents de 70 km/h, et nous les avons prises au sérieux car nous ne voulons pas être surpris par une autre tempête. Les vents se sont calmés ce matin et le soleil a percé les nuages. Nous voulions progresser mais nous n’avons pas oublié les prévisions. Nous avons plutôt dégagé la neige autour de nos tentes et nous avons retrouvé tout le matériel enfoui, car nous voulons être prêts à partir si la haute pression prévue pour demain se rend jusqu’ici. Les Allemands n’ont pas bougé non plus, et, dans les conditions actuelles, ils dépendent pas mal de nous : ils n’ont pas de scie à neige et le vent a emporté leur meilleure pelle il y a deux jours. En d’autres termes, s’ils se déplacent, il seront incapables de bâtir un mur de neige convenable pour protéger leur tente. Un des Allemands est parti à la recherche de la pelle à 11 h, lorsque le soleil brillait encore. L’activité de la journée a été de bâtir une barrière en forme de V 20 pieds devant notre mur de neige, dans l’espoir que cela fasse dévier un peu les vents et la neige avant qu’ils ne frappent notre mur de neige et la tente de Dave. Nous avons commencé le travail alors que les trois membres de l’équipe américaine étaient déjà en marche; nous les avons avertis des prévisions météo mais ils ont préféré monter. Une heure et demie après, nous terminons la barrière, sous le vent, et nous les voyons redescendre. Ils ont décidé de retourner à la sécurité de leur camp situé un peu plus bas que le nôtre. L’échec de leurs efforts nous attriste, mais nous sommes contents de notre décision d`être resté. Le chasseur de pelle (Andrea) n’est toujours pas de retour à 14 h 30, et son collègue est inquiet. La visibilité est malheureusement très basse, à cause des rafales de neige, et nous ne pouvons pas faire grand-chose. Nous espérons que son GPS lui permettra de retrouver son chemin.

L’Allemand est arrivé pendant que je terminais la phrase précédente. Nous sommes tous heureux de le revoir, mais le plus heureux est son coéquipier. Il n’a pas retrouvé la pelle, mais il a réussi à récupérer une certaine quantité de nourriture de leur cache au camp 1. La victoire de la journée fut l’œuvre d’Eric : il a réussi à trouver ce qui n’allait pas avec notre baromètre. Les résultats qu’il nous donne maintenant ne seront plus ridiculisés par le météorologue... Les conditions météo s’améliorent graduellement depuis 17 h et c’est clairement le front de haute pression prévu. Une question reste toutefois sans réponse : et les vents de 70 km/h prédits, alors? Les avons-nous manqué, ou sont-ils pour cette nuit? Nous avons pris notre souper à 18 h 30, et les vents sont encore plus calmes au coucher, à 20 h. Comme nous espérons le meilleur, nous dégagerons tout notre matériel pour être prêts à partir si la météo est bonne demain.

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Derniers préparatifs avant notre départ

Nous avons créé un monstre!!!

Samedi - 5 Mai

La nuit dernière a été fraîche, mais elle fut aussi la plus calme jusqu’à maintenant. Réveillés à 4 h 30 par l’appel de ralliement d’Eric, nous voyons que le temps à l’extérieur et au-dessus de nos têtes est parfaitement calme et sans nuage. Il fait –23 oC, mais ça, c’est un détail. Nous commençons le déjeuner et les autres activités menées en parallèle pour nous permettre de partir. Cela prend plus de temps que prévu et nous appelons le météorologue pour le RAPMET de 7 h. Nuages, rafales et vents de 30 à 40 km/h. Bon, il fait beau actuellement? Nous partons. À 8 h 20, tout est finalement prêt et nous pouvons partir. Il fait froid, mais le ciel est bleu et nous quittons enfin le camp 1.5. Nous transportons une pleine charge jusqu’à la base d’une pente de 30 degrés. À ce point, les traîneaux nous ralentissent et nous décidons de transporter la moitié de la charge jusqu’au sommet de la pente (à 1 km de marche, dénivellation de 350 m). À mi-chemin, nous devons nous arrêter et ajouter des vêtements pour nous protéger des vents de plus en plus forts et de la neige qu’ils nous jettent dessus. Nous progressons lentement, et il nous faut deux heures pour nous rendre en haut de cette pente. La plupart d’entre nous ont froid, et l’idée de retourner chercher nos traîneaux et de monter encore deux heures à pied dans de telles conditions nous laisse prévoir des joues, des nez et des doigts gelés. En outre, le peu de visibilité ne nous permet pas de choisir un emplacement sûr pour le campement. La décision n’est pas facile à prendre, mais nous abandonnons le progrès effectué aujourd’hui et nous décidons de retourner à la sécurité relative du camp 1.5. Au retour, les Allemands nous disent que nous pouvons remettre nos tentes à leur emplacement d’origine (car ils ont déplacé leur tente à l’endroit le plus désirable). Ils nous disent aussi que l’équipe américaine a commencé l’escalade mais qu’elle a abandonné lorsqu’elle nous a vus redescendre. Comme nous semblons disposer de périodes très courtes pour progresser, Eric et moi décidons d’adapter un peu la stratégie utilisée. Demain, nous transporterons la moitié de la charge en haut de la pente. Nous aurons ainsi progressé un peu et nous pourrons nous épargner du temps et des efforts lorsque nous irons enfin nous établir au camp 2.

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Magnifique vue de la face nord du Mont King du Camp 1.5

Dimanche - 6 Mai

Les prévisions de ce matin ne sont pas les plus prometteuses. Malgré tout, le temps semblait trop calme et trop semblable à celui d’hier pour rester immobiles. À 10 h, nous commençons la montée avec la moitié de notre charge, c’est-à-dire le matériel non essentiel et tous les aliments et le carburant moins quatre jours de provisions. C’était lourd, certainement plus que la moitié de toute la charge (en tout, 130 livres par personne en moyenne). Le temps a été clément jusqu’à notre arrivée au bord de la pente, où des rafales de neige et des vents de 40 km/h nous attendaient. Nous nous sommes vite habillés en conséquence et nous avons préparé nos traîneaux et nos sacs pour entreposage dans la cache. Nous l’avons atteint vers 11 h 45, et à 12 h 20, nous repartions vers le camp. Cette cache nous épargnera l’effort de transporter une pleine charge sur 1,5 km et une dénivellation de 350 m environ, ce qui nous permettra peut-être de couper deux heures sur le trajet vers le camp 2 par rapport au transport d’une pleine charge. Nous n’avons plus qu’à attendre des temps plus cléments. Nous avons croisé les Allemands, en ski, au retour : ils ne sont jamais revenus, et nous espérons qu’ils ont atteint le camp 2. Les trois Américains nous ont rendu visite ce matin pour nous laisser une pelle à l’intention des Allemands; ils redescendent le glacier aujourd’hui pour tenter d’escalader King Peak par le versant Sud. Nous espérons que cette pelle leur permettra de construire un mur adéquat pour les protéger des vents prévus pour cette nuit et demain. Le temps était doux à notre arrivée au camp : nous en avons profité pour sécher nos sacs de couchage bien givrés et aérer nos vêtements. Un point à noter : nous avons aujourd’hui croisé trois crevasses alors qu’il n’y en avait que deux hier. Ce sont de petites crevasses (moins de deux pieds), mais à moins d’en avoir manqué à notre première escalade, c’est là un signe clair que le glacier sous nos pieds est en mouvement.

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Un Magoo très enthousiaste en train de préparer le 7e rapsit consécutif au Camp 1.5. Prenez notes des cordes croisées (derière Magoo) requisent pour renforcir la structure de la tente.

Lundi - 7 Mai

Le RAPMET annonce enfin de bonnes nouvelles. Les vents et les rafales d’aujourd’hui devraient se calmer cette nuit, et nous aurons deux bonnes journées pour avancer. Ce serait bien, dans ce cas, de profiter de ces deux belles journées pour transporter tout notre équipement d’un camp à l’autre (du camp 2 au camp 3 puis au camp 4). Nous surveillons donc attentivement les conditions climatiques pour tout signe d’amélioration. Nous aurons encore de bonnes chances d’atteindre le sommet si nous nous rendons au camp 2 ce soir. Nous avons passé de longues heures à étudier l’itinéraire. Nous devrons autant que possible sacrifier les jours de transport de demi-charges pour de pleines charges. Nous sommes maintenant bien acclimatés à l’altitude de 3 200 m, et le MAM ne devrait plus être un problème, du moins pour les deux prochains camps. Il nous faut absolument des jours de temps clair pour nous permettre de voir les crevasses et les couloirs d’avalanche qui nous entourent, car il est très dangereux de parcourir un terrain inconnu à basse visibilité. La plupart d’entre nous montrent des signes d’engelures ou de coups de soleil sur le visage : des plaques de peau sombre qui se décolle. Patrice et Ian ont tous deux des cloques crevées aux orteils à la suite d’engelures, et Patrice a une belle collection de cloques aux bouts des doigts. Nous avons fait un peu d’entretien aujourd’hui. Eric a réparé son poêle, et j’ai réparé un peu mon manteau décousu par endroits. Malheureusement, nos poêles ont ce matin brûlé des trous dans le vestibule de nos deux tentes Snowfield; j’ai recousu le trou dans la tente d’Eric et les deux Pat ont réparés leur tente avec du ruban adhésif. Le temps ne nous sourit pas, et comme il neige toujours à 17 h, nous décidons de rester jusqu’au lendemain.

RapSit envoyé au CGSN

Enfin on quitte le Camp 1.5 pour de bon

Un regard en arrière sur le Camp 1.5

Mardi - 8 Mai

Nous nous sommes réveillés à 5 h pour apprendre que le RAPMET est moins que prometteur. Les conditions semblaient toutefois assez bonnes, et nous avions tous hâte d’essayer de nous rendre au camp 2 avec notre matériel. Nous sommes partis à 8 h et les nuages commencent à se dissiper au-dessus de nos têtes. La progression sur la pente est rapide et nous atteignons notre cache à 9 h 20. Nous arrangeons rapidement notre matériel pour distribuer " confortablement " la charge entre les sacs à dos et les traîneaux. La charge est lourde, nous avançons lentement et prenons périodiquement des pauses. Cependant, le temps nous est clément et c’est au soleil que nous progressons vers le camp 2 (4 195 m) que nous atteignons vers 13 h 30. Il nous faut ensuite établir qui d’entre nous est en état d’atteindre le camp 3. Le mauvais temps nous a tenu immobiles trop longtemps, et si une partie de l’équipe peut se rendre au camp 3, cela augmentera considérablement nos chances d’atteindre le sommet. Pour certains d’entre nous, en tout cas. Eric et Patrick s’y mettent, et ils nous quittent dès que leur matériel est prêt.

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