La victime

 

   La victime est un être qui, dans ses relations affectives, rejette ceux qui lui posent des limites et les rend responsable de tout ce qu'il vit et de tout ce qui lui arrive de désagréable et de douloureux. Les patterns de bourreau et de victime prennent tous les deux leur source dans le manque d'amour.

 

Pour éviter de souffrir la victime complément du bourreau, met toute la responsabilité de son vécu, de son impuissance, de ses déceptions, de ses frustrations, de ses erreurs, de ses choix, de ses décisions sur les autres. C'est encore pour éviter de souffrir qu'elle se plaint et se fait toute petite pour ensuite reprocher, blâmer, accuser, culpabiliser et critiquer.

Elle a une forme de pouvoir bien différent du bourreau, mais non moins efficace en ce sens qu'elle réussit, par ses plaintes et par ses critiques, à se trouver appuis qui entretiennent avec elle le rejet de celui qui ne cherche qu'à être aimé.

L'attitude de la victime et du bourreau sont des attitudes de pouvoir sur l'autre qui entretiennent l'asservissement. De son côté, le bourreau utilise un pouvoir de domination, de répression, d'intimidation alors que la victime détient le pouvoir de culpabiliser, de rejeter, de comploter. Dans un conflit relationnel, la tendance des personnes extérieures au conflit est généralement de favoriser la victime, de l'appuyer, voir la plaindre et de l'aider, et c'est cela qui fait sa force. Elle utilise inconsciemment son rôle de victime pour attirer la sympathie et pour culpabiliser son bourreau, ce qui lui donne, en dépit des apparences, un pouvoir plus subtil et très efficace sur celui qui l'intimide. Inutile de nous étendre sur le nombre de "pauvre" victime de nos sociétés. Les journaux en recensent constamment.

La victime a intégré inconsciemment le concept selon lequel être aimé signifie être approuvé et toujours satisfaite. Lorsque quelqu'un lui pose une limite, lui exprime un malaise ou lui retourne la responsabilité de son vécu et de ses problèmes, elle est incapable de l'accepter parce qu'elle interprète ces interventions comme un rejet ou un manque d'amour. Aussi tentera-elle de se défendre par les doléances et les blâmes, qui entretiennent sont pattern de victime et qui entretiennent sa dépendance envers le bourreau et envers son entourage. En effet se plaindre de quelqu'un et le critiquer. C'est démontrer en quelque sorte qu'on lui est attaché et lui accorder une grande importance. Il y a dans cette attitude de la victime un asservissement évident du bourreau. La victime est aussi dépendante de son entourage, duquel elle recherche un appui, un encouragement, une approbation, voir un aide. Son irresponsabilité lui enlève toute forme d'autonomie. C'est souvent le cas des employés qui se servent de leur syndicat pour se plaindre des problèmes relationnels avec le patron. L'on retrouve souvent d'ailleurs dans les relations employeur-employé le pattern bourreau-victime.

Il s'agit d'échanges basés sur le système "gagnant-perdant" qui n'ont rien à voir avec les relations puisqu'il est l'expression de mécanismes de défense qui se manifestent par l'attaque et la défense. Le patron a la force du pouvoir, l'employé celle de la coalition. Dans ce système, les personnes n'existent plus. Seule est présente la cause désincarnée et les faits. Il existe plus de véritables relations humaines parce que ce ne sont pas le pouvoir et la coalition qui rapprochent les êtres humains mais le vécu.

 

En travaillant sur les faits et les problèmes, l'on passe à côté des personnes, ce qui donne comme résultat que même les gagnants sont perdants.

 

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