Le supérieur et l'inférieur
Les patterns du supérieur et de l'inférieur se retrouvent généralement chez les être marqués d'un complexe d'infériorité. L'inférieur est un être qui, à cause d'un manque profond de confiance en lui-même, se dévalorise et se diminue de façon chronique. C'est un perfectionniste qui attend d'avoir atteint l'excellence pour se manifester. Il lui est pénible de passer à l'action. Il est souvent retiré et frustré parce qu'il ne se permet ni de se tromper ni de faire une erreur, encore moins de subir un échec.
Le point de référence de l'inférieur n'est pas lui-même mais les autres, auxquels il se compare en permanence à son désavantage. Sa frustration lui cause une douleur profonde. Conscient du fait qu'il possède certains talents et certaines capacité, il n'arrive pas à les actualiser parce qu'il est convaincu que les autres peuvent le faire beaucoup mieux que lui-même. Il se perd dans la comparaison. Il donne à l'autre une importance démesurée qui l'empêche d'être en contact avec ses propres valeurs, ses propres capacités créatrices. C'est un être inhibé et malheureux parce qu'il se sous exploite et ne vit pas à la hauteur de ce qu'il est.
L'inférieur est un être qui manque d'amour. Il est habité d'un manque profond d'amour pour lui-même qui vient de son éducation. Ayant grandi avec la conviction que pour être aimé il fallait être parfait et meilleur que tous, il a la certitude inconsciente que s'il n'arrive pas à atteindre ces deux conditions, il sera rejeté ou ne sera plus aimé. Aussi vit-il un déchirement pénible. D'une part il s'efforce d'être parfait et d'être le meilleur pour agir car il croit que c'est la seule façon pour lui d'aller chercher l'amour des autres; d'autre part ses exigences de perfection et de performance étant trop grandes, il est incapable de passer à l'action, ce qui entretient son manque de confiance en lui-même, sa frustration, sa conviction qu'il ne vaut pas la peine d'être aimé.
L'inférieur, qui a été éduqué par le jugement comparatif, a acquis une habitude automatique à se comparer et à se juger qui l'empêche d'agir et de s'affirmer dans sa différence. Ayant toujours l'autre comme point de référence, il ne sait pas qui il est vraiment. Il n'existe qu'en fonction de l'autre et non de lui-même. Comme son pattern l'amène à se comparer défavorablement, il choisit de fréquenter des être qui se supériorisent ou qui ont tendance à se placer au-dessus des autres, ce qui lui permet d'entretenir son pattern inférieur.
Le supérieur est un être qui, comme l'inférieur, a un grand manque de confiance en lui-même, ansi qui présente pour cacher ce manque une fausse attitude de supériorité. Le supérieur est un inférieur qui ne s'accepte pas, qui ne se reconnaît pas comme tel.
Ayant été infériorisé, dévalorisé ou insécurisé sur le plan éducationnel, il cherche, pour se protéger contre la souffrance de son impuissance et de ses peurs, à monter de lui une image contraire de ce qu'il est. Il devient alors vantard, hâbleur, voire menteur, pour donner l'impression qu'il est capable de tout.
Comme l'inférieur, il a peur de ne pas être aimé s'il n'est pas au dessus des autres; aussi se place-t-il dans cette position de supériorité, du moins par la parole lorsqu'il ne peut le faire par l'action. C'est celui de qui ont dit qu'il est "un grand parleur et petit faiseur". Le supérieur est un individus qui cherche constamment à prouver aux autres qu'il est bon, intelligent, capable, débrouillard. Cet acharnement à vouloir absolument prouver quelque chose n'est que l'expression d'un besoin de se prouver à lui-même qu'il vaut la peine d'être reconnu et d'être aimé. Son insécurité et son manque de confiance en lui sont tellement grands qu'il les sur compense par des paroles et des gestes qui tentent de prouver qu'il est capable de tout. Au fond, le supérieur est un inférieur qui s'ignore ou qui ne s'accepte pas.