Les armes de siège

C'est sans aucun doute l'évolution du château au Moyen-Âge qui a mené à l'invention d'armes de siège de plus en plus puissantes et sophistiquées. Le style de construction des forteresses, l'épaisseur des murs, la présence de hourds et de meurtrières ont obligé cette évolution de l'armement de siège. Les armes de siège diffèrent des autres armes. Ces machines de guerre sont rarement fabriquées à l'avance. En effet, elles sont très lourdes et ralentissent énormément la progression d'une armée. C'est pourquoi elles sont généralement construites sur place, puis abandonnées ou sabotées lorsque le siège est terminé.

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Le mangonneau était une grosse machine de guerre qui exigeait la présence d'une douzaine d'hommes et d'un chef de manœuvres qui en dirigeait la construction et le fonctionnement. Cette arme de siège propulsait ses projectiles par un système de contrepoids. Il fonctionnait comme une énorme fronde. Le levier était abaissé à l'aide d'un treuil actionné par deux roues, six personnes étaient nécessaires car le contrepoids pesait plusieurs tonnes. Quand le levier était abaissé on accrochait la poche de la fronde et on y disposait un gros boulet ou même plusieurs pierres. Le mangonneau avait une bonne portée de tir et un potentiel destructeur important en pouvant projeter des boulets ou des blocs de pierre, jusqu'à 100 kg à une distance d'environ 150 mètres. De plus, il était possible d'ajuster avec précision la distance des tirs avec un jeu de poulies. Cependant, il était très haut par rapport à sa surface de base et assez instable. Pour cette raison, il n'était pas possible de l'équiper de roues et il ne pouvait donc pas être déplacé. Sa cadence de tir était d'environ 1 à 2 coups à l'heure selon le poids du projectile. (XIIe-XIVe siècle)
 

Le trébuchet fonctionnait un peu sur le même principe que le mangonneau, mais avec un bras de levier et un contrepoids plus important. C'était une arme de siège fixe, mais qui était capable de causer des dégâts suffisants pour détruire les murailles des plus grosses fortifications et ainsi permettre l'assaut. Le levier était tendu à l'aide d'un treuil; on plaçait ensuite la fronde dans une glissière. Un boulet de pierre était disposé dans la poche. Lorsque d'un coup de maillet on libérait le levier, le contrepoids s'abaissait brusquement. Le levier s'élevait alors comme un bras gigantesque qui propulsait la fronde et projetait le boulet vers les remparts. Les énormes pierres ainsi lancées frappaient les murailles et finissaient par ouvrir d'importantes brèches. Il fallait entre soixante et cent hommes pour le construire et le faire fonctionner. Les boulets pouvaient varier entre 100 et 150 kg et être projetés à environ 200 mètres, à une cadence moyenne de 2 à l'heure. Le trébuchet était une véritable arme de dissuasion, de nombreuses places fortes ont capitulé à sa simple vue. (XIIIe jusqu'au XVIe siècles).

 

La pierrière était une arme de siège permettant de projeter principalement des pierres à l'ennemi. Certaines pouvaient être montées sur roues, comme celle représentée sur le dessin. Les roues permettaient ainsi de positionner l'engin de guerre selon les besoins stratégiques. La pierrière était basse, ce qui lui donnait une assez bonne maniabilité. Son fonctionnement est du même principe que celui de l'arbalète. Un arc monté sur la structure de bois donnait la puissance à un bras dont l'extrémité en forme de cuillère contenait les projectiles. La corde de l'arc, tendue par manivelle, permettait de lancer des pierres de quelques kilos. Le bras était lâché brutalement grâce à son crochet de retenue qui était alors libéré. Cette machine de guerre a été conçue vers le XIVe et XVe siècles. Ses constructeurs devaient avoir une bonne habileté surtout pour l'ajustement de la souplesse de l'arc. Malheureusement, les dégâts et la puissance de cette arme étaient trop faibles pour lui permettre de détruire même des fortifications moyennes. Cependant, sa portée de tir pouvait atteindre 250 mètres.
 

 

La baliste était une énorme arbalète montée sur une plate-forme de bois. Le système consistait à frapper un javelot au moyen d'une poutre de bois tendue à l'aide d'une corde et au moyen d'une manivelle. Le lourd javelot qui lui servait de projectile occasionnait des dégâts sérieux. Cette arme était cependant moins mobile que la grande arbalète et elle était plus lourde.

 

 

 

La grande arbalète pouvait être appelée scorpion. Cette machine de guerre était montée sur un affût mobile qui permettait de la pointer vers l'objectif avec beaucoup de précision. La corde était reliée aux lames d'acier d'un grand arc et un treuil à manivelle en assurait la tension. On disposait alors un épieu long de plusieurs mètres sur l'axe.

En se détendant la corde envoyait violemment ce projectile à plus de 50 mètres. Ce redoutable engin était aussi utilisé contre les autres machines de guerre.

 

 

 

Le bélier léger était fabriqué avec un simple tronc d'arbre, taillé en pointe, munit de barre transversale pour le transport. Il était porté par quelques hommes qui n'avaient pas d'autres protections que leurs armures et servait surtout à défoncer les portes de moindre épaisseur.
Le dessin de droite montre un bélier conçu comme arme de siège et beaucoup plus sophistiqué. Il était fait d'une lourde poutre de bois taillée en pointe, parfois renforcée d'une tête de métal. Cette poutre était attachée par des cordes à un système d'échafaudage, une structure en bois qui servait de squelette à l'ensemble. Ainsi les attaquants n'avaient pas à porter le bélier mais uniquement à le balancer. Cet échafaudage était surmonté d'un toit de bois ou de peaux tendues et soigneusement arrosées, capable de protéger l'attaquant des projectiles légers du défenseur. L'ensemble était monté sur roues, ce qui permettait de le déplacer jusqu'à la porte à défoncer.

 

 

 

Le tonnelon était une arme de siège constituée d'un ou deux bras qui s'élevaient en hauteur. À l'extrémité de ce bras était installé un gros tonneau dans lequel les archers se plaçaient pour pouvoir tirer au-dessus des remparts. Quelques fois le bras articulé permettait d'être déplacé plus vers l'avant de l'engin de guerre à l'aide de corde.

 

 

 

 

Le beffroi était une véritable tour. Cette tour de bois pouvait atteindre la même hauteur que celle des remparts, souvent près de 6 mètres. Cette arme de siège pouvait servir de moyen pour pénétrer par le haut des remparts et aussi de protection pour les tireurs des attaquants.
Son armature était fabriquée en bois, elle était le plus souvent protégée par des peaux de bêtes humidifiées. Elle pouvait être construite avec des murs en bois protégeant les assaillants des tirs latéraux en arrêtant beaucoup plus aisément les projectiles. Des archers et arbalétriers pouvaient ainsi se rapprocher efficacement des défenseurs. Montée sur des roues ou des patins de bois, les assaillants la poussaient jusqu'au pied des remparts, puis ils pouvaient grimper à l'échelle qui se trouvait dans la tour pour monter à l'assaut des remparts. Certaines possédaient à leur sommet une plate-forme sur laquelle pouvait prendre place une dizaine d'e combattants. Un pont-levis permettait de passer directement de cette plate-forme au rempart.
Le principal inconvénient de cette arme de siège était son poids et son instabilité. Elle ne pouvait être déplacée que très lentement et sur un terrain plat, et cela nécessitait un grand nombre d'hommes ou encore l'aide de chevaux. Le beffroi devait être construit près du lieu assiégé.

 

Le mantelet était une arme de siège qui permettait aux archers de se rapprocher au maximum des fortifications protégées par les tirs des archers ou des arbalétriers défenseurs. Il était fabriqué avec des planches de bois assemblées et évidées puis rendue facilement mobile par deux roues.

Cette paroi, dite également bouclier, était percée aux trois quarts de sa hauteur d'une ouverture, permettant aux hommes de placer leurs armes en position de tir.

 

 

 

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