La chevalerie

Au Moyen Âge, l’infanterie perdit son prestige, dans le cadre d’un système dominé par les valeurs de la chevalerie. Le fantassin perd de son prestige au détriment du soldat monté à cheval. le chevalier. La chevalerie atteint son apogée au XIIIe siècle et elle se répand dans toute l'Europe. C'est avec l'apparition de la poudre à canon que le rôle du chevalier perdit son importance. C'est l'utilisation du canon, tels que la bombarde, le fusil ou l'arquebuse, qui ont provoqué le long déclin de la chevalerie. Cependant, le titre de chevalier au Moyen-Âge a tellement été entouré de noblesse et de prestige que même aujourd'hui le titre de chevalier continue d'être utilisé dans plusieurs pays de l'Occident pour toutes sortes de raisons sociales.

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Au Xe siècle, le cavalier n'était qu'un soldat comme les autres, simplement un guerrier à cheval. Il ne faisait pas partie de la noblesse. C'est seulement au XIIe siècle que le prestige des chevaliers devient plus important dans la société. Le chevalier acquiert de plus en plus de respect et d'honneur de sa patrie. Sa technique de combat utilisant sa lance placée horizontalement et la puissance de son cheval devient caractéristique de la chevalerie. L'extraordinaire puissance de pénétration de la lance, du chevalier et du cheval crée un art de faire la guerre qui se distingue plus qu'auparavant des autres méthodes guerrières. Les coûts d'armement et de monture du chevalier font que la noblesse s'intéresse de plus en plus à la chevalerie.

Le chevalier demeure au service d'un seigneur mais exclusivement afin de combattre pour lui. Ce privilège fait de la chevalerie un groupe de prestige. À son tour, l'Église offre au chevalier un modèle de sainteté, un concept de milice du Christ qui engendrera les croisades afin de chasser les hérétiques et les infidèles. Même si la chevalerie devient très noble, le processus pour devenir chevalier n'est pas héréditaire. Devenir chevalier nécessite un long apprentissage. Elle se mérite par le respect d'une éthique chevaleresque qui repose essentiellement sur deux vertus: prouesse et largesse.

 

L'apprentissage commence dès l'âge de sept ans, les jeunes garçons sont placés chez un seigneur ami et ils apprennent comment s'occuper des armes et des chevaux. Ils suivent aussi une formation militaire de base. C'est seulement à l'âge de 12 jusqu'à 14 ans que le jeune devient écuyer rattaché à un vrai chevalier. Il travaille les techniques pour se battre sur une monture. Il apprend aussi à manier les armes comme la lance, l'épée et les autres armes utiles à la guerre. En plus de servir le seigneur, il peut maintenant le suivre à la guerre.

À partir de l'âge de 17 ans, l'apprenti chevalier peut se faire adouber, mais il était plus fréquent d'attendre à 21 ans, l'âge adulte.

 

 

L'adoubement est une cérémonie simple au XIe siècle qui consiste à une petite fête religieuse. Au XIIe siècle, elle devient plus sérieuse, elle équivaut à un nouveau baptême équivalent à un véritable sacrement de l'Église. L'épée du chevalier ainsi que ses éperons y sont bénis.

Au château de son futur vassal, le futur chevalier prend un bain purificateur  sous la supervision d'un homme d'Église. Il doit ensuite jeûner toute la journée. La nuit d'après, la cérémonie se poursuivra en prières dans une chapelle au domaine du seigneur. La nuit de prières avait pour but de laisser du temps de réflexion à l'apprenti et de le purifier. Il doit être sûr de sa décision lors de la cérémonie car le serment qu'il prête est pour la vie et inviolable sous peine de mort. Le matin, il assiste à la messe et communie. C'est dans la salle principale du château, accompagné de sa famille et d'autres invités pour l'occasion, qu'il prête serment à son seigneur vêtu de ses habits militaires. Il lui promet loyauté et fidélité à vie. Il reçoit son épée, le symbole de son rang, les éperons, pour prouver qu'il peut monter à cheval, et pour conclure la fête, la gifle (colée).  La journée continue avec des joutes et des passes d'armes. Le soir venu, il quitte le château de son seigneur et pendant une période d'environ deux ans il devait combattre en tournoi afin de propager le renom du seigneur dont il porte les armoiries et blasons.

 

Les joutes ou les tournois sont très populaire mais aussi très dangereux. Certains chevaliers perdent la vie lors de ces combats, mais ils continuent à se battre pour l'argent et l'honneur que ces tournois remportent. Il y a deux sortes de tournoi, ceux face à face et ceux en groupe. Les joutes face à face consistaient à faire tomber l'autre de son cheval. Une petite clôture sépare les deux chevaliers.

Pendant sa vie d'errance, cette période de recherche de tournois, le jeune chevalier cherche dans ses aventures et ses exploits à amasser des victoires pour le prestige et la reconnaissance auprès de riches héritières. De plus, le jeune chevalier pouvait y recevoir des cadeaux et percevoir des gains importants du chevalier vaincu. Dans les meilleurs cas, le jeune chevalier pouvait devenir propriétaire de terres lors de ses victoires.

 

 

 

Les croisades sont les expéditions militaires entreprises du XIe au XIIIe siècles par l'Europe chrétienne, sous l'impulsion de l'Église, pour porter secours aux chrétiens menacés par l'envahisseur musulmans venus d'Orient. En effet, l'Église s'efforce d'imposer aux chevaliers le modèle religieux du soldat du Christ en prêchant les croisades contre les infidèles. Cette évolution atteint son apogée avec la fondation d'ordres de chevaliers. Cette société chevaleresque renforce le corps des chevaliers en partageant les mêmes vertus de bravoure, de loyauté et de courtoisie.

Huit croisades chrétiennes menées entre, 1096 et 1270, par de courageux chevaliers ont donné à ces combattants une très prestigieuse importance sociale.

 

 

L'armure du cheval ou harnois du cheval était une pièce d'équipement du chevalier très importante. L'attribut essentiel d'un chevalier est, bien entendu, son cheval. Sa monture devait posséder également des armes défensives aussi sophistiquées que son maître afin d'affronter l'ennemi dans de dangereux combats. Le harnois et la cotte de mailles de la monture du chevalier pouvaient atteindre entre 34 et 35 kg. Même la selle du cheval comportait des parties relevées à l'avant et à l'arrière, les arçons, servant d'armure supplémentaire au chevalier.

La chevalerie en armures était évidemment une cavalerie lourde, parfaitement utilisable dans des combats sur un grand nombre de terrains. Elle était imposante, très puissante et rapide à se déplacer. Cependant, son usage systématique sur des terrains non propices a conduit à des désastres stratégiques importants lors de certains conflits comme à Azincourt en 1415 pendant la guerre de Cents Ans entre la France et l'Angleterre. De nombreux chevaliers français sont tombés lors de cette importante défaite et ce qui démontrait que l'art chevaleresque du combat était en péril.

Même si l'idéal chevaleresque survit encore au XVIe siècle avec des personnages comme le chevalier et seigneur de Bayard, l'emploi de l'arme à feu sur les champs de bataille explique encore une fois de façon indéniable la disparition de la chevalerie.

 

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