Titre

Majestueux, la tête haute, votre chat prend des airs de sphinx. Peut-être songe-t-il à l'époque heureuse où il était vénéré comme un dieu...

Au temps des pharaons, la vallée fertile du Nil était le grenier du monde. Le chat, protecteur du grain devient alors très précieux. Ainsi, la déesse Bastet, à tête de chat, devint associée à la fécondité et aux récoltes.

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Voulez-vous m'emmener? Allez-y

 

 

LettreIl y maintenant 54 millions d'années, l'ancêtre du chat moderne, le Miacus, errait dans les forêts préhistoriques, s'attaquant aux petits animaux. La domestication du chat remonte à des millénaires, plus précisément à l'époque de l'Égypte ancienne, quelque 1 600 ans avant J-C. Les chats du désert libyen auraient suivi les campements des esclaves requis pour bâtir les monuments et, les animaux attirés par la nourriture, se seraient ainsi familiarisés avec l'homme.


Belle comme une déesse!

Henri Turin, L'art d'être chat


lettreLes Égyptiens aimaient s'entourer de chats, en plus d'en faire leur animal favori, ils les utilisaient pour la chasse. Les chats vivaient dans les demeures privées et dans les temples de Bubastis, consacrée à la déesse Bastet. Les Égyptiens respectaient le chat, tant pour ses talents de chasseur, sa beauté et son caractère mystérieux. N'était-il pas surtout le gardien de leurs champs de blé?

lettreLe chat était considéré alors comme un membre de la famille, se prélassant dans une vie douillette. On lui offrait même de petits colliers d'or et de fines boucles d'oreilles. De toutes les façons possibles les Égyptiens mêlaient le chat à leur existence, par exemple en sculptant des figurines, en fabriquant des meubles ou encore en taillant des bijoux à leur effigie.


lettreL.orsque l'animal venait à mourir, on le faisait momifier puis on le plaçait dans un sarcophage en bois et l'ensevelissait dans une nécropole ou dans le caveau familial. Les maîtres éplorés prenaient le deuil en se couvrant le visage de cendres et en se rasant les sourcils. Certains Égyptiens, éprouvant un amour profond pour leur chat, se faisaient même enterrer avec eux pour les suivre dans l'au-delà!

lettreEn Égypte, le bien-être du chat est chose sérieuse. En cas d'incendie, on sauve d'abord le chat de la maison... Quiconque provoque la mort d'un chat est passible de peine capitale. On raconte même qu'un soldat de Jules César fut lynché par la population pour avoir tué accidentellement un chat. Au détriment des Égyptiens, les Perses et les Romains vont tirer avantage du respect qu'ils portent au chat. Capturant un grand nombre de chats, les soldats ennemis les emmènent dans la bataille et, menaçant de les tuer, forcent ainsi les Égyptiens à se rendre sans combattre.

Momie

 

Bastet


lettreNul ne sait exactement pourquoi le chat vient à jouer un rôle aussi important dans la religion égyptienne. La déesse Bastet nous est familière grâce aux nombreuses statuettes qui la représentent. Mi-femme, mi-chat, les Égyptiens considéraient Bastet comme une divinité androgyne, à la fois solaire et lunaire. Leur imagination avait été frappée par le chat qui aimait se chauffer au soleil, voyait dans la nuit et dont les pupilles se modifiaient à l'image des phases de la lune.

 

lettreCette association reflète également l'idée solidement ancrée dans l'imaginaire de l'homme: femme et chat symbolisant la plénitude, la fécondité, la beauté et… le mystère! Bastet a même influencé les femmes égyptiennes dans leur style de coiffure et de maquillage. Elles se devaient d'être "belles comme des chattes" et allongeaient leurs yeux en amandes au moyen de kohol.

À la mode, moi?

 

ManuscritLégende Égyptienne

Bastet et Cobra

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri Turin, L'art d'être chat


Le grand Nil demeurait noir et les chacals restaient silencieux. C'est qu'un serpent cobra avait avalé le soleil, Râ le magnifique. L'Égype entière était sombrée dans les ténèbres!

C'est alors que Bastet, déesse à tête de chatte, fut envoyée sur la terre. N'écoutant que son courage, elle planta ses crocs dans la nuque du cobra qui dut rendre et l'âme et le disque brillant. Le Nil sortit enfin de la nuit qui avait failli être éternelle. Et Bastet, ayant planté ses crocs tout près du soleil, avalât de son éclat. Elle le transmit à ses descendants. C'est ainsi que la pupille des chats se rétracte pour faire de leurs yeux un cercle lumineux comme celui de Râ.

 

lettreEt que dire des fêtes de Bastet! Des milliers de pèlerins voyageaient chaque printemps pour se rendre au temple de Bubastis. Selon certains écrits, ces réjouissances semblent avoir été hautes en couleurs! On dit que le vin coulait à flot et que les femmes retroussaient leurs vêtements et mimaient le rut des chattes pour provoquer les hommes! Tout un programme… de quoi faire pâlir nos Mardis Gras! Quant au cérémonial des fêtes de Bastet, les écrits demeurent silencieux. Sarcophage d'un chat de phaaron

lettreCertaines découvertes récentes lors de fouilles du site de Saqqarah ont permis d'avancer de nouvelles hypothèses. En effet, certaines momies de chats recélaient seulement un ou plusieurs membres ce qui laisse supposer que les dépouilles donnaient lieu à un commerce de la part des prêtres! Aussi, l'élongation des cous des chats momifiés dont les vertèbres cervicales étaient brisées porte à croire que les chats des temples étaient parfois tués lors de sacrifices rituels en l'honneur de Bastet.

 

Cléopâtre

Susan Herbert, Shakespeare Cats



lettreLe culte de Bastet qui débuta vers 2000 avant notre ère demeura vivant jusqu'à la fin du IVe siècle de l'ère chrétienne.

lettreQuelque 100 ans avant J.-C., la vénération du chat amorce son déclin et les marchands Phéniciens, qui depuis des lunes faisaient la contrebande de chats, peuvent enfin les exporter en quantité. C'est ainsi que le chat arrive en Grèce, puis s'acclimate en Italie pour enfin poursuivre sa route vers la Gaule avec les légions romaines. Les beaux jours du chat sont terminés!