ANTHOLOGIE DE LA FUITE


Pourquoi faut-il toujours que tu t'embastilles
Alors que je voudrais tant que tu t'envrilles
Je te parle et tu t'embaillonnes
Je te veux et tu t'encoconneS
Je te nomme et tu t'encapuchonnes
Je te touche et tu t'enchardonnes
Je te dis: Reste! et tu t'emboutonnes
Dans mes songes tu t'empapillonnes
Et l'instant d'après tu t'encloisonnes

Dans ma nuit tu t'enrayonnes
Alors que savamment tu t'embétonnes
Tu t'encaissonnes
T'emprisonnes
T'emboulonnes

Et t'enchaperonnes

Mais reste-t'il une trace de moi qui t'envermillonne?

 


 



 
 
Pourquoi faut-il tant que tu t'embarbèles

Et que tu t'embusques

Alors qu'encore tout de toi m'emmielle
Et que ton corps avide m'emmusque?

Malgré tes signaux qui s'embrument
Ton rêve contre mes doigts s'encarmine
Malgré tes traits qui inexorablement s'enfument

Chacun de tes cris éperdus m'enracine.


 
 



 
 
 

Encore une fois tu t'embraques
Tu t'encaques, tu t'enlaques et tu t'ensaques
Et pourtant tu es bien celle qui s'empaganise
S'ensabbatise et s'emmagnétise
Et même lorsque tu t'enfouis
T'engloutis et t'ensevelis
Tes bras te trahissent et s'encharmillent
Et nos étreintes s'enchevillent


 


Dans chaque trou où tu t'entourbes
Il y a une plaie ouverte où tu t'enchâsses
Dans chaque marais où tu t'embourbes
Il y a des feux follets qui t'enlilassent.

 


Bien sûr que mon coeur s'encrame
Bien sûr que tout s'enflamme
Que s'embrasent les abatis où tu t'embroussailles
Que se consument les ceps où tu t'enfutailles
Car je ne vois que ta bouche qui s'ensafrane
Dans ces brasiers loin desquels tu t'engouffres
Et dans ces déserts où tu t'ensavanes
Nos désirs qui unanimement s'ensoufrent.
Sans relâche
Tu t'embâches
Loin de tout
Sans un cri
Tu t'enrosis
Entre nous
Sans trace
Tu t'encadenasses
Loin de tout
Sans faille
Tu t'emmailles
Entre nous.

 
 

Ces plis secrets qui t'encachètent
Sont les mêmes qui m'envoûtent
Ces cachots où tu t'entêtes
Ont ce salpêtre qui t'enveloute
Et dans ces fondrières où tu t'empalustres
Brille ta silhouette qui s'enlustre
Peu importe où tu t'enlises
Tout t'enlyrise.
Et pourtant tu sais les mirages qui m'emmiroitent
Plus tu t'enténèbres et plus je te convoite
Plus tu t'encasemates et plus tu m'ensorcelles
Cherchons une trêve qui nous enselle
Qui t'enlove et qui m'emmoule
Qui t'enverve et m'ensoûle
Sans que tu t'embobines
Et t'envoles
Mais qui t'enlutine
Et t'encaracole
Puisons à ce qui nous embrode et nous empasquine
À ce qui nous enrime et nous encâline
Avant que tu t'encages
Et t'enronces
Que tu t'ennuages
Et t'engonces
Pour ne plus que tu t'encagoules et t'enclapisses
Que tu t'encapsules et t'encrépisses.
 

 


 
Si j'ai cru savoir ce qui t'entiche et t'enhardit
Ce qui t'enfièvre et t'enludit
Tout ce que je tente désormais t'emmarbre
Je t'emperle et tu t'encoquilles
Je t'enlace et tu t'emmures dans l'arbre
Je m'encousine et tu t'ensables comme l'anguille
Ces jeux qui m'enjôlent t'emmorguent
Point d'orgue.


 
 



Belle de nuit qui t'enkystes
Loin du galant qui t'ensatine
Ne t'empierre pas sur mes pistes
Ne ris pas de ce qui nous enlumine
C'est bien assez que l'absence t'endémise
C'en est trop que la nuit t'embistre
Et que je m'emballe quand tu t'enchemises
Ne t'endrape plus de ce froid sinistre.

Tu t'embéguinises, intriguée
Tu t'empourpres, étonnée
Tu t'encardinalises, attisée
Tu t'emballes
Je m'ensoleille
Tu t'enfièvres
Je t'enserre
Tu t'endiables
Je t'entrame
Tu m'entresses
Je m'embouque
Tu t'enfiles
Je m'emmanche
Tu t'embranches
Je m'emmâte
Tu t'enrythmes
Et tu t'endiamantes
Et je m'emmargine.

 




 

Il se fait tard
Tu t'enchamarres
Le vent est grave
Tu t'enclaves
Je ne peux finir ton livre
Tu m'enivres
Je me retourne
Tu t'enfournes
Pour une bouchée de pain
Je t'enfreins
À ma dernière offre
Tu t'encoffres
Et ta bouche de nacre
Qui s'endiapre
Un instant tu t'engrènes
Mais aussitôt tu t'engaines
La pénombre t'endamasse
Et la honte t'encuirasse
Il ne te reste plus qu'à
T'enrayer
T'encasquer
T'encoder
T'endiguer
T'engourdir
T'entartrer
T'engluer
T'encaisser
T'envaser
T'enfoncer
T'encastrer
T'enganguer
T'engouffrer
T'enterrer-
Et puis t'enfuir

 

 
 

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(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)