Chaque aventurier se perd un jour frileux
Dans la marge de ses chroniques
Héroïques
Tout roturier s'éprend d'un ange bleu
Quand on l'a trop bercé d'illusions
De révolutions
Au royaume des cyniques.
Tu ris de te voir rire surannée
Ce qui arrive t'arrive
Comme à une endive
Gavée de succédanés
Au pays du mčas-tu-vu tčépater
Reine d'oligarchies blindées
La vérité c'est qu'il n'y en a plus
Tu n'en peux plus de la repousser
Ô la tristesse de ta beauté
Qui s'épingle elle-même dans ton cubicule
Tête de mule
Je sais jčai pleuré
Mais je ne joue plus
Je mue.
C'est le huissier que tu as envoyé
Il a tout saisi
Il ne m'a rien dit
Il a poussé sous le tapis
Lčencombrant noyé
C'est le sosie de ton silence
Raréfaction de l'intelligence
Borborygmes de la brute
Affolée du vide qui se réverbère
Là où tu t'empêtres et te butes
Le pied de nez prêt à tout tu nčen as cure
Ne jaugeant que lčéphémère
Nargue, nargue les traces et l'usure
Romps, romps avec la douleur mère
Pyrrhonienne jusqučà lčombilic
Sourire de fric.
Le coeur en banqueroute
Doit maintenant sa vie
Éjectée de ta comédie
Et les volets fredonnent, écoute,
Des arcanes si belles, si frêles
Aux vents du crépuscule éternel.
(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)