Une main tendue
Au creux de laquelle
Brûle l'or fondu
Des amours cruelles
Une main tremblante
Où nulle morsure
Où nulle intrigante
N'a fait d'ébréchure
Ici même offerte
À ta bouche ouverte
Aux plus grands périls
Ou à ton asile,
Elle va sonder
L'île énigmatique
Où vinrent s'échouer
Nos coeurs pathétiques.
Quel monde insolite
Alla habiter
Ce gris monolithe
Et y décupler
Les malentendus?
À cette
seconde
Tout est révolu
Une vaste fronde
A sonné
la fin
Des jours clandestins
Tout est sur
la table:
L'encre ineffaçable,
L'âge de
raison,
Et, par-dessus
tout,
Le temps des
moissons
De nos amours
fous.
Les yeux plongés
vifs
Dans le miroir
pur
De nos corps
craintifs
Prennent la mesure
Du temps souverain
Et jaugent sans
peur
Le coeur riverain
Gonflé
de stupeur
De chaque côté
Du fleuve gelé
L'heure est capitale
Et l'issue fatale:
De ce choc ultime
Le verbe hurlera
Son désir
sublime
Ou s'étouffera.
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(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)