Quel est ce manège
Qui par nos voix se réanime?
Par quel sortilège
Nous jouons-nous de cet abîme?
Au coeur du silence
Deux chrysalides endormies
Ivres de fragrances
S'agitent au vent qui frémit.
Je joue dans tes mots
Comme jadis dans tes cheveux
Au bord de ces eaux
Où se perdirent nos aveux.
Et je te refais
Pendant que le temps se délie
Et je suis défait
Par le vide qui le remplit.
Quand je crois t'atteindre
Au détour de ces signes flous
Avant de t'éteindre
Tu embrases l'heure du loup.
Mais le soir est clair
Je te l'ai dit sans filigrane
Ces mots sont ma chair
Tu es toujours ma courtisane.
(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)